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    LE CENTRE DE LA GUERRE DU GAZ S’EST DEPLACE A KIEV

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    La confrontation du président d’Ukraine avec le cabinet de Youlia Timochenko monte en cadence. Le gouvernement et la compagnie publique « Naftogaz » perdent le contrôle du système gazier national. Victor Youtschenko a promulgué un décret prescrivant de mettre les règles du fonctionnement du marché gazier ukrainien en rapport avec les règles européennes. Il essaie ainsi d’appliquer la déclaration de Bruxelles du mois de mars concernant la réforme du système gazier d’Ukraine.
    Le cabinet de Youlia Timochenko n’est pas pressé de mettre en oeuvre la consigne du président : la réforme risque de priver « Nafrogaz » d’une partie de son influence. Une de ses filiales « Ukrtransgaz » pourra disposer à sa guise des revenus du transport et du stockage du pétrole. En outre, des personnes tierces auront le droit d’accès au réseau des gazoducs et des entrepôts de gaz à des conditions commerciales « transparentes ». Selon les experts ukrainiens, cela affaiblira considérablement les positions de « Naftogaz » ( et, par conséquent, du cabinet des ministres) – ce que cherchent visiblement à obtenir certains représentants du pouvoir. Et encore : tant que Kiev m’aura pas commencé à réformer son réseau, il ne recevra pas un cent des 1,7 milliards de dollars, promis par la Commission européenne.
    Les spécialistes sont convaincus que le décret ne sera pas appliqué maintenant. Face à l’anarchie qui règne aujourd’hui en Ukraine, la réforme du réseau gazier est impossible, estime le directeur général du Fonds russe de sécurité énergétique Constantin Simonov. Personne ne commencera la réforme dans les conditions de la campagne électorale et du chaos politique total. Je pense que l’UE ne donnera pas l’argent à l’Ukraine. Cette politique est bien réfléchie par Barroso, auquel sa réélection pour un deuxième mandat à la présidence de la Commission européenne pose des problèmes gaves. Il voudra se faire passer pour un combattant contre la menace russe, posera des conditions fermes à l’Ukraine, ne donnera pas l’argent et dira à qui veut bien l’entendre combien est affreuse la dépendance gazière de l’Europe vis-à-vis de la Russie.
    Rappelons que la Déclaration bruxelloise sur la modernisation du réseau gazier de l’Ukraine a fait vivement réagir Moscou. Le premier ministre Poutine a averti en mars qu’en cas de son application la Russie réviserait ses rapports avec les investisseurs européens dans son énergétique et diminuera les achats du matériel de transport de gaz à l’UE. GAZPROM n’a pas encore fait de commentaires officiels. Mais une source dans le consortium a expliqué au journal « Kommersant » que le décret permet à « Naftogaz » de rappeler les garanties du transit de 12O milliards de m cubes du gaz russe par an et de remplir la canalisation par le gaz d’autres partenaires. La réponse de GAZPROM est prête – on promet de se souvenir du principe « prends ou paye », qui suppose l’achat obligatoire d’au moins 8O% des volumes déclarés du gaz, sinon des pénalités s’ensuivront. Cela veut dire que le consortium engagera contre l’Ukraine des poursuites judiciaires. En outre, pensent les experts, si « Naftogaz » informe Moscou de la force majeure, résultant de l’application du décret de Victor Youtschenko, la Russie y verra une démarche et une provocation politique visant à l’escalade de la guerre du gaz.

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