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    STALINE: MYTHE OU REALITE?

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    A l’occasion du 130e anniversaire de naissance de Joseph Staline, l’Agence RIAN a publié un article de son observateur politique Nikolai Troîtsky.

    A l’occasion du 130e anniversaire de naissance de Joseph Staline, l’Agence RIAN a publié un article de son observateur politique Nikolai Troîtsky.
    Un régime despotique farouche à l’orientale, appelée « culte de personnalité », (mais c’est un euphémisme), écrit Nilolai Troistski, ce n’est qu’une légende maintenant. Le despote lui-même, le leader et « l’organisateur des victoires », pour certains, c’est un mythe. Les uns se battent contre lui, d’autres le chérissent.
    C’est Joseph Staline lui-même qui a commencé à créer une légende sur sa vie. Il ne se présentait pas à ses sujets, ceux-ci entendaient rarement sa voix. Dans la conscience du peuple, il est devenu un personnage divin. Une bonne divinité pour certains, méchante – pour d’autres. L’adoration totale du « père des peuples », c’est aussi un mythe. Le peuple était scindé en deux parties plus ou moins égales : la cassure passait par les familles.
    C’était le cas de ma famille, poursuit Nicolai Troitsky. Ma mère a haï le dictateur depuis son adolescence. Pourtant, elle est partie bénévolement au front en 1942, car on pouvait être contre Staline, mais non contre sa Patrie. Sa soeur, ma tante, l’adorait : au moment d’apprendre sa mort, elle sanglotait. Pourtant, son père et ses trois frères étaient envoyés au Goulag – sans aucune raison.
    En ce moment, la société est également scindée. Plus les gens sont âgés, plus ils évaluent positivement l’activité de Staline : entre 37 et 54% des personnes interrogées. Parmi les jeunes, c’est l’indifférence qui règne – si ce nom n’était pas répété aussi souvent à la télé, ils ne l’auraient pas connu.
    Le « leaders des peuples », Staline, n’avait pas de son propre idéologie, croit Nocolai Troistsky. Il ne voulait pas refaire l’humanité et créer un nouveau monde, il ne faisait que renforcer son propre pouvoir, comme le faisaient des dizaines de déspotes et tyrans avant lui. C’est pour cela qu’il était proche et compréhensible à la population de son pays. Il n’est pas oublié jusqu’à présent.

    Les adorateurs actuels approuvent et soutiennent non ce personnage réel – Joseph Djougachvili, mais mais bien un mythe sur lui. Ce qu’ils apprécient le plus, c’est cette partie du mythe : sous Staline, il y avait de l’ordre dans le pays.

    COMMENTAIRE

    C’était un résumé de l’article de Nicolai Troitsky, observateur politique de l’Agence RIAN. Nous avons demandé à l’historien militaire Marc Solonine de commenter les causes de la longue vie du culte de Staline.
    Pendant des décennies, on inculcait aux gens, depuis la maternelle, ces imythes sur « le camarade Staline » : il a permis de gagner la guerre, d’organiser la grosse industrialisation du pays, qui, soi-disant, a transformé un pays sous-développé en quelque chose de meilleur dans le monde. Donc, c’est normal que les gens y croient. Beaucoup de gens pensent jusqu’à présent que sans Staline, nous n’aurions pas gagné la guerre, nous n’aurions pas appris à construire les voitures et les avions. L’autre rason est bien plus importante. Nous habitons dans un pays des survivants. Parmi nous, il n’y a pas d’enfants et de petits-enfants de ceux qui ont été exterminés. Cela modifie pour beaucoup la vision sur cette époque. Ceux qui ont survécu gardent des souvenirs clairs sur leur jeunesse. A dix-sept ans, la vie semble gaie. D’ailleurs, la tyrannie stalinienne n’était pas fortuite. Elle était basée sur les traditions de plusieurs siècles de despotisme oriental. Lorsque, d’un côté, il y a un pouvoir illimité, d’autre — une docilité et une patience sans bornes de la population.
    C’était le commentaire de l’historien militaire Marc Solonine. Le politologue russe en vue Gueorgui Satarov répond à la question : pourquoi l’attitude envers Staline en Russie reste-t-elle si ambigue ?
    Si vous voulez, c’est une erreur méthodologique — lorsqu’on essaie de faire une distinction entre le criminel, le maniaque et l’homme d’état. Chez Staline, ces qualités font un tout inséparable. J’affirme que les acquis- ce sont aussi des crimes – les résultats de la victoire dans la guerre et dans l’industrialisation étaient obtenus grâce aux énormes pertes de vies humaines. Lui et ses héritiers, faisaient construire un état non viable, inefficace. Cela allait de pair avec un milieu social où dominait une psychologie paternaliste, que les pouvoirs apprécient toujours, d’ailleurs, la psychologie des esclaves.
    C’était l’avis du politologue russe Gueorgui Satarov. Il y a 130 ans, est né Joseph Staline-Djougachvili. Plus de 50 ans après sa mort, des débats acharnés autour de son rôle dans l’histoire du pays continuent.

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