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    "UN REGARD SANS FRONTIERES": L’heure des souvenirs (2)

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    A l’occasion de l’avènement de l’année croisée France-Russie les souvenirs s’imposent. J’ai déjà évoqué le début de la coopération franco-russe en matière de cinéma.

    A l’occasion de l’avènement de l’année croisée France-Russie les souvenirs s’imposent. J’ai déjà évoqué le début de la coopération franco-russe en matière de cinéma. Aujourd’hui je poursuis et je vous propose de replonger à la fin des années 80-début des années 90 – époque des grands changements en Russie, l’ère de tous les espoirs. Avec l’affaiblissement du dictat idéologique et la baisse des coûts due à la crise économique, la Russie accueille alors plusieurs productions étrangères. Des cinéastes occidentaux se rendent dans le pays pour profiter de l’opportunité de tourner dans les décors originaux, de la Place Rouge au palais de Pavlovsk. Et ils n’ont pas tort ! En même temps, des sommes importantes sont débloquées en Occident pour les coproductions. C’est ainsi qu’au début des années 90 la France participe à la réalisation de nombreux films russes à commencer par Taxi–blues (1990) et Luna parc (1992) de Pavel Lounguine, Urga (1991) et Soleil trompeur (1994) de Nikita Mikhalkov.
    Dans ce dernier, comme dans Moscou Parade (1992) d’Ivan Dyhovichny, la Russie ouvre au monde les horreurs du passé stalinien. Dans d’autres, comme Salades russe (1993) de Yuri Mamine ou Riaba, ma poule (1994) d’Andrei Konchalovski, elle révèle son présent surréaliste des années 90 et le chaos de la transition. On comprend bien pourquoi certains réalisateurs, comme Igor Minaev ou Vitali Kanevski, ont opté à l’époque pour travailler en France. D’autres, comme Aleksei Guerman, Kira Mouratova, Nikita Mikhalkov, Valery Todorovski, ont profité du Fonds d’aide aux coproductions avec les pays d’Europe centrale et orientale, et d’autres organismes français, pour continuer leur travail en Russie. C’est ainsi qu’après le succès du film Soleil trompeur (Oscar du Meilleur Film Etranger de 1995), Nikita Mikhalkov réalise avec l’aide de la France l’un des plus coûteux projets de l’époque Le Barbier de Sibérie qui inaugurera le programme «hors – compétition» du Festival de Cannes de 1999.
    L’un des plus beaux exemples de coproduction franco-russe, dirigé par un Français reste jusqu’à nos jours le film de Régis Wargnier Est-Quest (avec Oleg Menshikov, Sandrine Bonnaire et Catherine Deneuve). Racontant le triste sort des russes blancs rapatriés sous Staline, ce film est sorti dans les salles le 1er septembre 1999 avec pour effet l’inoubliable impression et un grand nombre d’entrées, tant en Russie qu’en France. Pour dire vrai, ce n’est pas le cas pour les coproductions franco-russes postérieures. Si entre 1999 et 2008 plus de trente films russes ont été distribués en France, seul Mongol de Serguei Bodrov a été vraiment remarqué en rassemblant dans les salles environ 270 000 spectateurs. La plupart, comme Baboussia de Lydia Bodrova restent des films pour les amateurs de la Russie. « Car trop tristes », disent souvent mes interlocuteurs français. A propos, sur le site de TV5, qui a demandé à ses visiteurs s’ils aimeraient voir un film russe, 15% des répondants ont dit “non” et 22% sont restés sans opinion. C’est beaucoup, mais pas catastrophique. Il suffit qu’un film de grande qualité, même triste, sorte sur les écrans pour que les chiffres basculent. A quand l’événement?

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