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    WASHINGTON N'APPRECIE PAS UNE EUROPE FORTE

    WASHINGTON N'APPRECIE PAS UNE EUROPE FORTE

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    Les Etats-Unis commencent à jouer sur l'affaiblissement de l'Union Européenne, concluent les experts après l'analyse des événements récents.

    Evidemment, les Américains ne veulent pas voir l'UE se démembrer. Un tel scénario aurait aiguisé les contradictions entre les pays ouest-européens et sapé l'OTAN. En revanche, les Etats-Unis ne demandent pas mieux que de morceler les ressources économiques de l'UE à un degré inoffensif pour eux. A cet effet, Washington a mobilisé les membres de l'UE qui leur sont loyaux -  la Grande-Bretagne et les pays d'Europe Centrale et de l'Est.

    Les Américains, que n'aiment-ils pas dans le comportement de l'UE de nos jours ? D'abord, le système libéral des Etats-Unis digère mal tous les types de socialisme. Alors que l'intégration européenne repose précisément sur  des valeurs social-démocratiques, traditionnellement fortes dans le Vieux Monde. Les Etats-Unis toléraient le socialisme européen tant qu'il présentait une solution de remplacement à l'URSS. Mais à présent les prétentions de l'UE à donner l'image d'un capitalisme au « visage socialiste » suscite un mécontentement vague, mais grandissant à Washington.

    Ensuite, l'Amérique n'apprécie pas l'aspiration de l'Europe à établir un système économique et financier toujours plus indépendant, c'est-à-dire séparé des Etats-Unis. Cette aspiration s'est, en particulier, manifestée dans le plan d'aide à la Grèce, discuté ces jours-ci par les pays de la zone euro à Bruxelles.

    Les Américains n'ont pas trouvé à leur goût cette volonté de l'Europe de se limiter à l'euro pour aider la Grèce, et ils ont tout fait pour refreiner cette activité européenne par les mains de leurs satellites au sein de l'UE. Les Britanniques et les Est-Européens ont torpillé l'idée de créer un Fonds monétaire européen. Et ce sont encore les Britanniques qui ont insisté sur un plus important engagement du Fonds Monétaire International (un tiers) dans l'aide financière à la Grèce.

    Pour le moment un compromis a été trouvé. Et pourtant le conflit des intérêts entre le Vieux et le Nouveau Mondes est là.

    Ce conflit a ses dessous économiques et politiques, explique le chef de la chaire à l'Académie diplomatique du MAE Boris Chmelev.

    Politiquement l'UE joue un rôle beaucoup moins marquant que les Etats-Unis. Et les suggestions que l'UE puisse devenir dans un avenir prévisible un nouveau centre de force, déterminant les grandes tendances de l'essor mondial ne trouvent pas de confirmation dans la politique réelle de l'UE. Toutefois, l'UE veut évoluer dans ce sens.

    Ainsi, on évoque en Europe la possibilité de créer ses propres forces armées, capables de s'acquitter des missions de paix dans diverses parties du monde. Ceci met en éveil les Etats-Unis, étant donné que le défi est ainsi lancé à l'OTAN et les positions de Washington en Europe se trouvent compromises. De plus, le centre de l'activité économique, et par conséquent politique, se déplace en Asie. De nouveaux grands acteurs de l'économie mondiale s'y forment, et c'est là, sans doute, que les principales décisions politiques seront prises. Dans ce contexte, il importe pour l'Amérique d'avoir des arrières sures en Europe.

     

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