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    Le nouveau gouvernement inconnu de la Libye (Presse)

    Le nouveau gouvernement inconnu de la Libye (Presse)

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    La composition du nouveau gouvernement libyen a trompé les attentes des diplomates et des médias occidentaux, écrit jeudi 24 novembre le quotidien Moskovskie Novosti. Les noms des nouveaux ministres du pays annoncés dans la soirée du 22 novembre ne sont pas largement connus non seulement à l’étranger, mais également en Libye.

    Le diplomate peu connu Achour Ben Khayal a été nommé au poste de ministre des Affaires étrangères. Son principal mérite est qu’il est né dans la ville de Derna à l’est de la Libye, qui était l’un des principaux bastions des rebelles combattant Kadhafi.

    Le poste de ministre des Finances a été confié à Hassan Zoglem qui a travaillé dans l’industrie pétrolière de la Libye. Abdelrahmane Ben Yazza, un responsable de la compagnie pétrolière italienne ENI qui a coopéré avec le régime de Kadhafi, a été nommé au poste de ministre du Pétrole.

    Abdel Rahim al-Kib a été désigné au poste de premier ministre. Il a un obtenu un doctorat d'ingénierie électrique aux Etats-Unis et a une réputation de technocrate. Le gouvernement d’Abdel Rahim al-Kib remplace le Conseil national de transition (CNT) libyen qui coordonnait les actions des rebelles pendant la guerre civile. Ce gouvernement restera au pouvoir jusqu’aux premières élections en Libye postrévolutionnaire qui devraient se tenir en été 2012.

    Selon Alexeï Malachenko, expert du centre Carnegie de Moscou, Moustapha Abdeljalil, président du CNT, et ses collègues qui ont tourné le dos à Kadhafi pendant la révolution, ont senti que leur pouvoir était menacé après l’achèvement du conflit armé avec le dictateur libyen. "Leur popularité a commencé à diminuer, et ils ne pouvaient pas ne pas remarquer que les chefs des factions armées libyens observaient de près les changements actuels au sein du gouvernement, a déclaré l’expert. Par exemple, Abdelhakim Belhaj qui n’a pas encore choisi son camp."

    On prédisait à Abdelhakim Belhaj, l’un des leaders des mouvements islamistes radicaux qui combattaient contre Kadhafi, le poste de ministre de la Défense. Cependant, ce poste a été confié à Oussama al-Jouili, un des commandants de la ville de Zenten, où la semaine dernière a été capturé le dernier fils de Kadhafi en fuite, Seïf al-Islam.

    Comme l’a déclaré le politologue et professeur à l’université du Texas, Mansour El Kikhia, dans une interview accordée à Al Jazeera, Oussama al-Jouili a probablement obtenu le poste de ministre en échange de la livraison à Tripoli de Seïf al-Islam capturé par ses hommes.

    Evgueni Satanovski, président de l’Institut du Proche-Orient, estime que la montée de la tension dans la lutte politique actuelle pourrait conduire à une nouvelle guerre civile. Elle sera différente de la précédente, car si entre février et octobre les rebelles avaient un seul ennemi, Mouammar Kadhafi, désormais la Libye se diviserait en plusieurs mouvements qui luttent pour le pouvoir absolu.

    Abdallah Naker, chef du conseil des thowar (révolutionnaires) de Tripoli, a ouvertement déclaré que les combattants libyens pourraient commencer à se tirer les uns sur les autres. En début de semaine il a accordé une interview à l’agence britannique Reuters dans laquelle il a déclaré que ses hommes (selon lui plusieurs milliers de personnes) étaient prêts à organiser un coup d’Etat militaire. Cela se produirait si le gouvernement ne répondait pas à la volonté du peuple, a expliqué Abdallah Naker. 

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