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    L’URSS: Empire du mal ou utopie idéale?

    L’URSS: Empire du mal ou utopie idéale?

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    Il y a 20 ans, l’URSS disparaissait. Les républiques qui en faisaient partie ont déclaré leur indépendance. Il y a toujours des débats pour juger la nature de l'URSS.

    Jusqu’à aujourd’hui,  les autorités de certains ex-pays soviétiques cherchent les raisons des problèmes actuels dans le passé, accusant l’URSS  d’avoir été «l’empire du mal» et la «prison des peuples».  D’autres, par contre, affirment que les autorités  de l’URSS ont tout leur possible, placé  l’économie, la santé publique, l’éducation de la plupart des républiques  à un niveau très élevé. Qui est dans le vrai?

    Le cliché de Ronald Reagan

    Le président  américain de  l’époque Ronald Reagan est à l’origine du cliché, «L’URSS est l’empire du mal».  Dans son intervention «La liberté religieuse et la guerre froide» en 1983,  il a présenté le communisme comme l’incarnation même du mal, après avoir qualifié l’URSS d’État totalitaire.  Les propos de Reagan était avant tout politiques.

    «L’empire du mal est une formule  de Reagan de l’époque de guerre froide.  Il comprenait bien que pour atteindre l’URSS, il fallait  l’opposer à l’Occident.  Il a atteint son but. Mais lorsqu’on évalue actuellement le pays, on n’a pas assez de raisons pour le traiter d’empire du mal.  C’était un pays de contradictions, il y avait  des qualités et des défauts.  Il y a eu les crimes staliniens, les  goulags, l’héroïsme  des millions de soviétiques pendant la Seconde guerre mondiale.  Il y a eu une reconstruction difficile du pays après la guerre», commente le vice-directeur du Centre  des technologies politiques Alexeï Makarkine.

    L’URSS : une utopie dans l’impasse

    «Mon père a été envoyé en Sibérie, dans un goulag, comme «ennemi du peuple». Par la suite, il était réhabilité. Il m’a dit que L’URSS était une idée magnifique, mais que ses réalisateurs étaient nuls. Selon cette autre vision l’URSS est une utopie irréalisable en principe», raconte  l’homme politique biélorusse Stanislav Chouchkevitch.

    Pendant la construction de l’Etat soviétique, il y a eu beaucoup d’idées utopiques. Tout d’abord, on créait le pays comme base de départ pour le développement de la révolution mondiale. Il semblait alors que les prolétaires de tous les pays allaient s’unir et que le globe terrestre tout entier allait devenir un seul Etat juste.  Aujourd’hui, on comprend bien que c’était une utopie. Pour mettre en pratique cette utopie, on n’a ménagé ni les ressources matérielles et ni les ressources humaines.

    Certaines utopies se sont tout de même réalisées.  Il y a un siècle, on aurait eu du mal à imaginer que dans les républiques sous-développées d’Asie centrale, où la plupart de la population était analphabète, on construirait des écoles, des hôpitaux, des usines ; que dans ces républiques, apparaitraient des chercheurs, des écrivains, des compositeurs de renommée mondiale ; et que cela ne  prendrait que peu de temps.

    L’URSS  était  un État complexe qui avait  son système social et économique, son idéologie.

    «Cet État avait de grandes qualités. Il a réalisé la modernisation, l’industrialisation, il a gagné la Seconde guerre mondiale, redressé l’éducation et la science. Mais le modèle s’est avéré être une impasse.  Il fallait le changer.  Il fallait  sortir de l’impasse sans renier tout ce qu’il y avait de bon  en URSS et inculquer tout ce qu’il y avait de viable dans la pratique mondiale», estime le politologue Victor Kouvaldine.

    Il est difficile et ambigu de choisir si l’URSS était l’empire du mal ou une utopie.

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