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    Syrie : la Russie joue avec les blancs

    Syrie : la Russie joue avec les blancs

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    On peut jouer aux échecs à deux, à trois, ou même à quatre (c’est le cas pour le chaturanga, le jeu de tablier inventé au 5e siècle au Nord de l’Inde). Mais plus les joueurs sont nombreux, plus la partie devient compliquée. Cette règle est également valable pour la politique, et notamment, pour la situation en Syrie.

    On peut définir deux acteurs principaux dans le jeu autour de Damas : Moscou et Washington. Quant aux autres puissances mondiales, elles ont des rôles secondaires dans ce jeu. L’avantage de la Russie dans cette partie, c’est qu’elle joue avec les pièces blanches. Moshe Slav, le président de la Fédération des échecs d'Israël a partagé sa vision du problème dans une interview exclusive accordée au projet « Grand jeu : échecs et politique » sur La Voix de la Russie.

    « Plus il y aura de personnes impliquées dans la situation politique en Syrie, plus il sera difficile d’en sortir. Je pense qu’à ce jour, il y a deux joueurs principaux dans ce pays : la Russie et l’Amérique. Il est certain que la Russie a une influence très forte en Syrie. C’est pourquoi, sans son consentement, à mon avis, rien ne s’y produira. Moscou comprend ce qui se passe à l'intérieur de la Syrie, qu’il y a beaucoup de civils tués dans le conflit et cherche un moyen d’arrêter les massacres. Mais il faut savoir sous l’influence de qui va tomber l'opposition, qui contrôle le nouveau gouvernement. C’est pour cela que l'Amérique et la Russie se battent aujourd'hui. Les deux côtés sont conscients du fait que la carrière du président Assad est terminée. Et la communauté internationale attend que Moscou et Washington trouvent une issue à ce problème.

    La Russie ne perdra pas son Influence en Syrie. Il est possible qu’elle ne sera plus aussi importante qu’avant, car Moscou a commis une petite erreur en aidant régulièrement le régime d’Assad. Moscou a donc perdu beaucoup de points d’influence en Syrie, et ce sont les Américains qui essaient de combler ce vide.

    Quant à Israël, il essaie de ne pas s’immiscer dans ce jeu. Il s’agit d’une partie entre deux grands rivaux pour le partage de l’influence dans le monde arabe, et même les Chinois ne peuvent pas y intervenir. Les Etats-Unis et la Russie sont seuls sur l'échiquier. La Russie joue avec les blancs, et c’est à elle de faire le premier pas, ce qui est à son avantage. Je pense qu'avant la fin de cette année, nous connaîtrons l’issue de la partie. Très probablement, la passation du pouvoir aura lieu au cours des deux ou trois prochains mois ». /L

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