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    Bouclier antimissile européen : la renonciation à la quatrième étape n’est pas définitive

    Bouclier antimissile européen : la renonciation à la quatrième étape n’est pas définitive

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    On estime en Russie que la renonciation à procéder à la quatrième étape du déploiement du bouclier antimissile européen n’est qu’un arrêt forcé et non pas une renonciation définitive aux projets américains en Europe. Dès que les Etats-Unis se portent mieux financièrement et mettent au point leur système d’interception, ils reprendront le déploiement.

    Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré aujourd’hui dans une interview au journal Kommersant que pour Moscou la décision prise par Washington, en ce qui concerne la quatrième étape du déploiement du bouclier antimissile européen, n’était pas une concession et ne témoignait pas d’aucun changement de position radical.

    La majorité des experts russes partagent cette opinion. En renonçant à procéder à la quatrième étape Washington n’entend pas à renoncer au déploiement du bouclier antimissile européen, fait remarquer le directeur de l’Institut russe des Etats-Unis et du Canada, Pavel Zolotarev.

    « Cette renonciation ne veut nullement dire que les Etats-Unis ont renoncé à déployer un radar antimissile en Pologne. Il ne faut donc pas surestimer la décision prise par Washington. Les Etats-Unis éprouvent aujourd’hui des difficultés économiques. Et puis, le principe même de l’approche adaptative implique que les intercepteurs y seront déployés après qu’une menace iranienne se concrétise. Il n’y a pas de changement de position radical ».

    Moscou estime que la réduction du budget du Pentagone a fait les Américains revoir leurs projets quant au déploiement du bouclier antimissile en Europe.

    Sergueï Riabkov et la secrétaire d'État adjointe chargée du désarmement Rose Gottemoeller devront se rencontrer aujourd’hui et demain à Genève. Ils parleront certainement du bouclier antimissile européen. Mais il ne faut pas s’attendre à une percée dans le domaine du désarmement, est convaincu le directeur du Centre russe des études politiques et sociales Vladimir Evseïev.

    « Aujourd’hui les Russes ont une opinion suivante : si la Russie et les Etats-Unis ont signé nouveau traité de réduction des armes nucléaires en 2010 à Prague, ce traité est à être appliqué. Sept ans écouleront depuis sa signature jusqu’à son application. Pourquoi alors nous devrons aujourd’hui conclure un nouveau traité ? »

    Moscou est prêt à poursuivre le dialogue avec les Etats-Unis dans le domaine du désarmement. Mais la Russie continuera à insister d’avoir des garanties de ce qu’aucun élément du bouclier antimissile européen ne visera pas ses forces nucléaires stratégiques.

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