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Edward Snowden, révélateur de la médiocrité européenne

Edward Snowden, révélateur de la médiocrité européenne

@ Photo : EPA
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Edouard Snowden aura eu une semaine plus qu’incertaine mais aussi pleine de rebondissements. Après s’être vu refusé l’asile par la majorité des 21 pays après desquels il avait fait la demande, avoir passé déjà près de 15 jours dans la zone de transit de l’aéroport international de Sheremetievo, s’être fait demandé en mariage par la ravissante espionne russe Anna sur Twitter, l’ex-agent américain a réussi à déclencher une crise politique majeure entre l’Occident et l’Amérique Latine.

Une crise déclenchée par la décision de divers pays européens (France, Espagne, Portugal et Italie) de fermer la semaine dernière leurs espaces aériens à l’avion du président Evo Morales, soupçonnant la présence à bord de l’ex-consultant américain, Edward Snowden.

Suite à cet acte inamical et injustifié, une coalition d’états d’Amérique Latine (Bolivie, Equateur, Surinam, Argentine, Uruguay et Venezuela) fait désormais front diplomatique pour obtenir des excuses des pays européens dont les ambassades ont été malmenées ces derniers jours. Le président Morales a même menacé de fermer l’ambassade américaine à La Paz, ce qui, après l’expulsion de l’ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie en 2008, puis de la principale agence antidrogue américaine (DEA) en 2009 et enfin de la fermeture du Mac Donald’s en 2013, contribuerait à faire de la Bolivie un état qui affirme sa souveraineté politique et culturelle au plus haut niveau.

Conséquence ou non de ce tumulte géopolitique et diplomatique, Le Venezuela et le Nicaragua viennent d’annoncer qu’ils étaient déjà prêts à accorder l’asile diplomatique à Edward Snowden. Apres l’Equateur qui accueille, rappelons-le, Julien Assange dans son ambassade depuis maintenant prés d’un an, l’Amérique Latine se présente définitivement en pôle de résistance à un Occident de plus en plus totalitaire et une Europe de plus en plus asservie. Tout comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal, la France s’est comportée non pas comme un état souverain mais bien comme un simple domestique envers son maître. Le Socialistan a d’abord refusé le survol de son espace aérien par le président Morales. Puis le président Français a un peu plus tard affirmé qu’il avait au contraire « donné l’autorisation de survol de la France » pendant que le Quai d’Orsay justifiait quant à lui cette situation confuse par « les regrets de la France suite au contretemps occasionné par les retards dans la confirmation de l’autorisation du survol du territoire par l’avion du président ».

Un président transformé en simple aiguilleur du ciel et incapable de faire respecter ces ordres, voila une image bien consternante de notre pays qui a par ailleurs le 4 juillet rejeté la demande d’Asile de Snowden, malgré les demandes du Front National, du Front de Gauche et des Verts à le lui accorder. Le ministère de l'intérieur a justifié cette décision en affirmant que: « Les Etats-Unis sont un pays ami, une démocratie avec une justice indépendante.[...] Il faut laisser les Etats-Unis traiter cette question » et rappelé que « Si Edouard Snowden entrait sur le territoire français, la police serait tenue de l'interpeller ».

Prix Nobel de la paix en 2012, humiliée alors qu’elle vient d’apprendre qu’elle était espionnée comme un vulgaire délinquant sous surveillance, l’UE n’aura donc même pas eu le courage de respecter le droit international en laissant un avion présidentiel d’un état souverain traverser son espace aérien. Mais les domestiques de Bruxelles ont il est vrai un agenda déjà défini et bien plus vital à leurs yeux : l’asservissement terminal de l’Europe au sein du marché transatlantique. N

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