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    Washington s'apprête à « punir » Damas

    Washington s'apprête à « punir » Damas

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    Une intervention au sol en Syrie n'est pas prévue. Le Washington Post communique, en se référant à la Maison Blanche, que les Etats-Unis ont décidé de « punir légèrement » Bachar al-Assad par une « campagne ponctuelle de tirs de missiles » qui ne durera que deux jours. En revanche, Londres se prépare plus sérieuselent : les Britanniques ont mis au point un plan d'action de leurs forces armées. Les observateurs estiment qu'une opération militaire contre Damas se transformera en une guerre civile prolongée.

    Il semble que la déclaration du président Obama selon laquelle le conflit syrien ne saurait être réglé par la force avait un sens caché. Selon le Washington Post, les Etats-Unis ne souhaitent pas influer sur le déroulement des hostilités en Syrie ni tenter de renverser par la force Bachar al-Assad. La Maison Blanche a cependant décidé qu'il fallait obligatoirement punir le régime syrien pour l'utilisation de l'arme chimique. Cette punition sera une « frappe limitée » contre des positions  syriennes et des infrastructures gouvernementales. Les missiles seront tirés depuis des navires, déjà déployés non loin des côtes syriennes, et des bombardiers stratégiques.

    Diaporama : Août 2013 : la Syrie menacée d’invasion

    Sur ces entrefaites, les forces armées britanniques ont mis au point un plan d'action en Syrie, rapporte Reuters, se référant au porte-parole de David Cameron. Le premier ministre britannique a interrompu ses vacances pour présider une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité nationale. Précédemment, Londres et Paris avaient déclaré qu'ils étaient prêts à intervenir dans le conflit syrien sans attendre une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Il est clair pour tout le monde que les pays de l'OTAN n'auront pas le consentement du Conseil de sécurité pour une intervention militaire : la Russie et la Chine n'admettront pas l'adoption d'un tel document.

    L'Occident s'est mis à parler d'une intervention éventuelle en Syrie après avoir reçu de nouvelles informations sur l'utilisation des armes chimiques près de Damas. Les capitales occidentales se sont empressées de déclarer que ces attaques était le fait des partisans de Bacher al-Assad. Cette déclaration ne tient pas debout : seul un fou, ce que n'est pas le président syrien, pourrait mener une attaque chimique dans sa propre capitale et en présence des inspecteurs de l'ONU. Il semble donc que l'arme chimique ne soit qu'un prétexte, tout comme à l'époque de la guerre d'Irak. Le président de l'Institut du Proche-Orient, Evgueni Satanovski, note à ce propos que la cible véritable de Washington et de ses alliés otanais n'est pas la Syrie, mais l'Iran :

    « Il est évident qu'il a été décié de frapper l'Iran étant donné l'approche de la « ligne rouge » dans le programme nucléaire iranien. D'après certains experts, l'Iran devrait accéder à la bombe en été 2014 au plus tard. En suivant les règles de la science militaire, les Etats-Unis veulent d'abord défaire son principal allié et son unique débouché vers la Méditerranée : la Syrie. Si cette décision est prise, il sera impossible de faire marche arrière.

    Cependant, il ne faut pas oublier une autre « ligne rouge ». Pour les autorités iraniennes, cette ligne est le début des actions militaires de la coalition occidentale contre Damas. Le cas échéant, Téhéran se réserve le droit à une réponse adéquate.

    De plus, il y un autre paramètre à prendre en compte. Une guerre contre la Syrie et, d'autant plus, contre l'Iran, serait un plaisir cher payé pour Washington et ses alliés, estime l'expert de l'Institut d'orientalisme appliqué Saïd Gafourov :

    « L'armée syrienne est plus faible que les forces alliées de l'OTAN. Cependant pour mener une guerre il faut déployer des forces importantes, apparemment sur le territoire de Turquie. Les militaires turcs ne le veulent pas. Je pense que le prix sera trop cher et que l'OTAN ne s'y hasardera pas. Sinon, une guérilla s'éternisera et le sang coulera à flot. Cela parce que la majorité de la population est actuellement du côté d'al-Assad, les Syriens n'aiment pas que quelqu'un s'ingère dans leurs affaires intérieures.

    Il paraît cependant que l'OTAN a déjà tout décidé. Selon Reuters, les puissances occidentales ont informé l'opposition syrienne que la frappe contre la Syrie aura lieu dans l'espace de quelques jours. La Syrie sera le sujet majeur d'une réunion extraordinaire du Conseil de l'Atlantique du Nord à Bruxelles qui doit avoir lieu le 29 août. La Russie exhorte les Etats-Unis et leurs partenaires à ne pas exercer la pression sur Damas et à créer des conditions normales pour le travail des experts de l'ONU. Mais tout porte à croire qu'en Europe et outre-Atlantique personne ne veut rien entendre. Cela a une explication : des « fessées exemplaires » données, ces 20 dernières années, par les dirigeants de l'OTAN aux régimes indésirables restaient impunies. Il paraît que la triple alliance de Washington, Londres et Paris est sure que cette fois aussi rien ne la menace. 

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