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    Une coalition anti-Bruxelles en gestation en Europe de l’Est ?

    Une coalition anti-Bruxelles en gestation en Europe de l’Est ?

    © Collage : La Voix de la Russie
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    Les festivités qui ont eu lieu cette semaine en Hongrie à l’occasion du Jour de l’indépendance, ont été pour la première fois marquées par des slogans contre la politique de l’Union européenne et le « capital étranger ». Vu la popularité de l’actuel gouvernement de Viktor Orban et les progrès économiques incontestables accomplis par celui-ci, les tensions entre Budapest et Bruxelles ne vont faire que s’accentuer en entraînant dans leur sillage les autres Etats d’Europe centrale et de l’Est, est convaincu notre observateur Petr Iskanderov.

    Face à la vague d’euroscepticisme, les dirigeants des ces pays ont cependant réussi à ne pas revenir en arrière, vers l’Union soviétique, mais à s’engager dans une sorte de « troisième voie » en essayant d’emprunter aux Etats d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine ainsi qu’à la Turquie, c’est-à-dire aux pays non-européens, certains aspects de leur politique, y compris sociale et économique.

    Un rassemblement d’un million et demi de partisans du premier-ministre hongrois Viktor Orban le 23 octobre dernier, au cœur de Budapest, constitue justement une des démonstrations du soutien par la population de la politique de ce gouvernement.

    La position sur la participation de la Hongrie au projet Nabucco est une autre preuve que la situation est évaluée de façon objective par le gouvernement Orban. Ainsi, selon le directeur du Fonds russe de développement énergétique Sergueï Pikine, « en fait, le projet Nabucco est bien loin de sa phase finale. Il est même pour le moment prématuré de considérer ce projet comme un projet réel. Je pense donc que la Hongrie essaie de faire en sorte de ménager ses forces pour se concentrer plutôt sur des problèmes plus urgents, plus importants. »

    La Bulgarie et la Roumanie, dont les adhésions à l’espace Schengen sont régulièrement ajournées par l’Union européenne, peuvent devenir membre de cette sorte de « coalition anti-Bruxelles ». L’UE explique que le plus grand problème qui empêche ces pays d’adhérer enfin à la zone de libre-circulation, ce sont les Roms. Mais en ce qui concerne le traitement de cette ethnie dans les pays de l’UE, il s’agit d’une bonne illustration de la politique de doubles standards, précise le directeur du département de la politique et du fonctionnement de l’Union européenne de l’Institut d'État des relations internationales de Moscou, Oleg Barabanov.

    « Le problème est que le mode de vie libre, parfois semi-nomade qu’ont les Roms, est en contradiction avec les règles de police qui sont trop strictes. Quant à toutes les propositions de régler ce problème faites par les défenseurs des droits, les forces de l’ordre de l’Union européenne font habituellement la sourde oreille. On a affaire ici à une sorte de politique de doubles standards. Quant à la société dans les pays de l’Union européenne, elle est imprégnée d’esprit xénophobe. »

    La Bulgarie croit elle aussi déceler des motifs politiques dans le report par l’Union européenne de son adhésion à l’espace Schengen. Selon le président bulgare Rossen Plevneliev, Sofia aussi bien que Bucarest sont « techniquement prêts » à travailler dans la direction indiquée par l’UE. « Il s’agit non seulement de la politique de tel ou tel pays, mais de la politique de l’Union européenne », a souligné le chef de l’Etat bulgare en déplorant l’inexistence de la « solidarité européenne ».    N

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