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    La présidente lituanienne craint les révélations

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    La chute de l’URSS a eu lieu il y a plus de 20 ans. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, qui traversent une crise économique, mènent une guerre d’informations contre la Russie. Dans un contexte d’économie faiblissante et de manque total de main-d’œuvre, la Lituanie s’apprête à accueillir à Vilnius le sommet de l’Union européenne, qu’elle préside ce semestre. Pourquoi ce petit pays se dispute-t-il avec la Russie ? Des analystes lituaniens ont répondu à La Voix de la Russie.

    Dalia Grybauskaitė, la présidente lituanienne, a accusé la Russie d’essayer de saborder le sommet de l’UE et de discréditer la Lituanie en tant qu’un des principaux initiateurs du programme Partenariat oriental, selon lequel l’Ukraine s’apprête à s’associer à l’UE. Selon Dalia Grybauskaitė, des recherches de matériaux compromettant des hommes politiques lituaniens dans les archives de l’URSS visent à saborder le sommet. Elle est révoltée par la divulgation d’un document certifiant que son père travaillait pour le NKVD (le ministère soviétique de l’Intérieur dans les années 1934-1946). Il est pourtant difficile de comprendre comment cette information pourrait faire échouer le sommet. Cependant, certains pensent que les craintes de Dalia Grybauskaitė ne sont pas injustifiées. Pour Anatoli Ivanov, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Litovski kourier(« Courrier lituanien »), son passé pourrait lui jouer un mauvais tour.

    « Zigmas Vaišvila, ancien député de la Saeima (le parlement lituanien) et ancien premier directeur du Département de la sécurité d’Etat, qui a signé l’Acte de Rétablissement de l’État lituanien, avance une hypothèse selon laquelle notre présidente pourrait avoir collaboré avec les services spéciaux soviétiques. De là viendrait sa rapide évolution de carrière à l’époque soviétique et sa position incompréhensible lors de la prise d’indépendance. »

    La toile de fond politique en Lituanie vire à l’absurde. Alors que Dalia Grybauskaitė cherche partout des espions russes, en parlant d’une pression sans précédent, elle est en fait considérée comme un agent du Kremlin. Selon ce même Zigmas Vaišvila, tout ce que fait Dalia Grybauskaitė va dans le sens des intérêts russes. Ainsi, sa guerre avec Gazprom, dont les prix n’arrangent pas la Lituanie, et la limitation de diffusion des chaines russes doivent être vues comme des actes d’une politique prorusse.

    Cependant, la Lituanie, comme ses voisines l’Estonie et la Lettonie, est beaucoup plus liée à la Russie que n’essaient de le faire croise ses dirigeants. Une petite partie des exportations de ces pays vont en Russie, de laquelle ils reçoivent du gaz et quelques touristes.

    Pendant ce temps, la société est plus électrisée et les citoyens, selon les Lituaniens, sont plus agressifs et intolérants les uns envers les autres. Anatoli Ivanov a l’impression que l’essence est déjà versée et qu’il ne reste plus qu’à y mettre le feu. Les personnes sont vraiment mécontentes lors de crises difficiles.

    « Aucun résultat spécifique n’a été atteint. Qui plus est, même les patriotes considèrent l’émigration comme une issue et la considèrent avec plus d’horreur que la déportation soviétique. Nous pouvons rouler en voiture en Lituanie une heure et demie et ne rencontrer personne. C’est un État vide avec toutes les conséquences qui en découlent : un manque d’industries, une agriculture défigurée et maltraitée et une faible qualité de vie. Voilà les sources de toute cette agressivité. »

    Selon les experts, une nouvelle escalade d’hostilités est inévitable. Elle a emporté la Lettonie, qui a relancé pour la première depuis 2009 une commission pour calculer les dommages de l’« occupation » soviétique. Sa tâche a été décrite avec éloquence par Janis Bordans, le ministre letton de la Justice, et ultranationaliste : il faut convaincre la communauté russe de Lettonie de la réalité de l’« occupation » soviétique.

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