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    Les futurs timoniers de l’Europe sur la ligne de départ

    Les futurs timoniers de l’Europe sur la ligne de départ

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    « Qui sera le nouveau roi de l’Europe ? », titre pompeusement le journal Die Welt qui commente la proposition des partis socialistes d’Europe de présenter la candidature du député allemand Martin Schulz qui dirige actuellement le Parlement Européen au poste de futur président de la Commission Européenne. L’élection du nouveau « timonier » de l’Europe unie aura lieu après l’expiration du mandat de José Manuel Barroso en novembre 2014 et compte tenu des résultats des élections au Parlement Européen en mai.

    Selon les médias européens, les représentants du groupe parlementaire socialiste, réunis le 6 novembre à Bruxelles, ont proposé la candidature de Martin Schulz par une majorité de 19 sur 32 voix. Le portail Internet « Euronews » cite une première déclaration du prétendant au siège de Premier ministre du « gouvernement européen » : « Les citoyens perdent confiance, et je vais me battre pour la rétablir. Je prouverai que l’Europe, la partie la plus heureuse du monde, est en mesure de répartir les richesses d’une façon plus juste et honnête.» Quant au ton catégorique du passage cité, les experts notent l’inclinaison de ce politique socialiste à des jugements catégoriques déjà avant son élection au poste de président du Parlement Européen. Ce trait de caractère aidera-t-il M. Schulz dans la course électorale ou bien, au contraire, va-t-il le desservir ?

    Pour le moment les analystes s’abstiennent de faire des pronostics concrets. D’autant que la candidature de M. Schulz sera officielle le 1er mars, au congrès du Parti des socialistes européens à Rome.

    Par ailleurs, les commentateurs soulignent que M. Schulz est le premier, mais pas l’unique candidat à ce poste dans l’UE. Les « Verts » européens ont décidé de proposer à la fois deux candidatures, dont une sera retenue par un vote en ligne. Le favori de la « Gauche européenne » est le leader de la gauche grecque Syriza Alexis Tsipras. L’approbation officielle de sa candidature est prévue à la mi-décembre. Les représentants du Parti populaire européen n’ont pas encore désigné leur candidat. Il est donc prématuré de faire des pronostics, considère Sergueï Outkine, expert au Centre de l’analyse de situation de l’Académie russe des sciences.

    « La candidature de M. Schulz ne me paraît pas optimale, - dit M. Outkine. – Il s’est avéré tout simplement la figure la plus connue et dans un certain sens – de compromis parmi les socialistes. Mais pour un public plus large il apparaît plutôt comme une personne prête à s’emballer, se permettant une rhétorique dure là où on aurait pu l’éviter. Mais en somme, c’est lire dans le marc de café. On peut discuter des candidatures, mais après d’autres surgiront, auxquelles personne n’avait pensé. »

    Joachim Fritz-Vannahme en charge du programme « Avenir de l’Europe » au Fonds allemand Bertelsmann attire l’attention sur le caractère démocratique de nouvelles approches.

    « La désignation de Martin Schulz comme principal candidat de la famille des socialistes européens au Parlement est un progrès dans la situation présente, - a dit M. Fritz-Vannahme à La Voix de la Russie. – Car quelle était la pratique jusque-là ? Les candidatures étaient tout simplement concertées par les chefs d’Etats et de gouvernements réunis à huis clos. Et si maintenant le parlement y est engagé, cela envoie un signal net à l’électorat – vous savez pour qui vous votez. »

    Certes tout n’est pas si simple, reconnaît l’expert allemand. Au Parlement Européen de la nouvelle législature on pourrait élire de 30 à 40 % d’eurosceptiques. Mais l’essentiel, à son avis, est que le Traité de Lisbonne a commencé à fonctionner réellement. Ce point de vue n’est pas contesté par ses collègues. T


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