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Kim Jong-un a-t-il vraiment fait dévorer son oncle par des chiens ?

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L’article du journal de Hong-Kong sur la manière dont le mentor du leader nord-coréen a été exécuté suscite la perplexité des experts.

Si les exécutions en Corée du Nord sont régulières, celle-ci dépasse les limites de l’imaginable. En décembre, le quotidien hongkongais Wenweipo a rapporté que Jang Song-taek, l’oncle de Kim Jong-un âgé de 67 ans, aurait été dévoré par une horde de 120 chiens affamés. Presque un mois plus tard, vendredi dernier, la même information a été reprise par le quotidien anglophone singapourien Straits Times. L’information a été ensuite rapidement relayée par les médias occidentaux.

Un article paru en décembre comme source

S’appuyant sur les informations du Wenweipo, l’article de Straits Times précise qu’à la différence des exécutions précédentes des prisonniers politiques par des pelotons militaires avec des mitrailleuses, Jang Song-thaek aurait été déshabillé et mis nu dans une cage avec cinq de ses proches collaborateurs. Ensuite, 120 chiens, qui n’ont pas été nourris depuis trois jours, auraient été lâchés sur les prisonniers jusqu’à ce que les condamnés soient entièrement dévorés. Selon le journal singapourien, la scène s’est déroulée en présence du leader de la RPDC et 300 de ses collaborateurs. Cette exécution, dénommée quan jue (exécution par des chiens), aurait duré une heure.

Les articles se basent tous sur une seule et même source : l’information parue dans le Wenweipo. Or, le quotidien hongkongais ne se réfère à aucune source dans son texte. L’information officielle des autorités nord-coréennes publiée le 13 décembre dernier ne donne aucune précision sur la manière dont l’oncle de Kim Jong-un a été exécuté.

Une version des faits mise en doute

Si le quan jue semble être un moyen d’exécution répandu en Corée du Nord (sur cette vidéo du Telegraph, on voit une marionnette à l’effigie de l’ancien président de la Corée du Sud, Lee Myung-bak, dévoré par une horde de chiens), rien ne prouve que l’exécution de Jang Song-taek ait eu lieu de cette manière. D’abord, parce qu’il s’agit de l’oncle de Kim Jong-un, et d’un haut fonctionnaire du gouvernement du pays. Ensuite, parce que l’article du Weiwenpo, un journal présenté par les médias occidentaux comme « pro-chinois », n’a pas été repris par d’autres médias en Chine populaire. Et selon Chad O’Carroll, fondateur du site NK News, spécialisé dans les informations sur la RPDC, les médias sud-coréens ont également ignoré l’information. « Le fait qu’on n’en ait plus parlé pendant près d’un mois dans les médias asiatiques est assez révélateur », considère-t-il.

En outre la récente enquête sur l’indice de fiabilité des médias hongkongais, réalisée par l’Université chinoise de Hongkong confirmerait le doute sur la version de l’exécution de Jang donnée par le Wenweipo. D'après cet indice, le journal se classe à la 19e position sur 22.

Les experts interrogés par NK News donnent des avis différents sur cette exécution. Si certains considèrent la version avec les chiens comme plausible, compte tenu des témoignages horribles rapportés par les anciens prisonniers des camps de rééducation par le travail, d’autres critiquent les journalistes peu scrupuleux qui ne vérifient pas leurs sources et fournissent une version des faits « qui fait monter l’audimat ». « Après tout comment peut-on calculer le nombre des chiens à un moment pareil », s’interroge sur son compte Twitter le satiriste libanais Karl Sharro.

L’ancien « numéro 2 » de la RPDC devenu « ennemi public numéro 1 »

Jang Song-taek, qui avant son limogeage, dirigeait le Parti des travailleurs de la RPDC, a été exécuté le 12 décembre suite à une décision du tribunal militaire. Il était accusé d’avoir fomenté un complot contre Kim Jong-un visant à renverser le pouvoir. Jang aurait notamment vendu des ressources minières nationales à vil prix et aurait cédé pour 50 ans « à un Etat étranger » des terrains dans la zone économique spéciale de Rason (Rajin-Sonbong), aux confins de la Russie et la Chine. La longue liste des délits incriminés à l’oncle de Kim Jong-un compte aussi le détournement de fonds et l’enrichissement personnel. T

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