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Le Qatar vient de rejoindre la position des autres monarchies du Golfe Persique en soutenant le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi.

Une formulation concernant ce fait est contenue dans le communiqué final du sommet des pays-membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Cet événement a coïncidé avec l'inclusion de Yusuf Qaradawi, qui bénéficiait pendant une très longue période du soutien de Doha, dans la liste des personnes recherchées par Interpol.

Le cours politique du Qatar serait-il en train de changer ? Se rapprocherait-il de la politique des autres membres du CCG ?

Selon l’analyste politique Amr Abdel Samie, Doha serait en train de jouer un spectacle.

« Le Qatar est un élément d'instabilité régionale »,explique-t-il. « Et ses actions dans le Moyen-Orient sont dirigées contre les intérêts de la Russie, mais avant tout contre les pays de toute la région. Ce n’est pas un hasard qu’il y a un certain temps, les pays comme le Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont rappelé leurs ambassadeurs de Doha. A cette époque, les Qataris ont commencé à s’immiscer ouvertement dans les affaires de ces pays et même dans les affaires de l’Egypte. Désormais, les pays du Golfe Persique se sont rapprochés les uns avec les autres dans une certaine mesure, au nom de l’existence et de la préservation de la CCG. Et les pays-membres s’efforcent de calmer le Qatar et le forcer à arrêter ses campagnes économiques et ses campagnes d'information contre l'Egypte. Il faut savoir ce que le Qatar envisage de faire avec le financement du terrorisme, l’organisation des Frères musulmans et les extrémistes qui vivent sur son territoire. Les autorités égyptiennes voudraient également savoir si le Qatar va ramener ceux qui ont été condamnés aux tribunaux égyptiens. Du coup, c’est en fonction des mesures pratiques du Qatar que l’Egypte formulera sa position finale ».

Sergueï Filatov, le fondateur et chroniqueur du magazine Mejdounarodnaïa jizn (Affaires internationales) soutient une position différente.

« Les dirigeants des pays du CCG ont su trouver une langue commune concernant l’une des questions les plus importantes. Si l’on parle concrètement du Qatar, le nouvel émir, à la différence de son prédécesseur, opterait pour une ligne politique plus calme, sans avoir des ambitions à devenir un leader de la région. Ces reproches étaient fondés sur les conflits en Libye et en Syrie. Des combats s’y déroulent toujours, mais l’attention internationale s’est déplacée désormais du coté de l’EI. C’est évident qu’il s’agit d’un projet américain, et on sait que les opérations de la coalition, dirigée par les Etats-Unis, et chargée de lutter contre les rebelles de cette organisation, n’est qu’une mise en scène. Quant aux pays de la région, ils voient dans ce qui se passe une menace à leur propre sécurité. Les pays membres du CCG préfèrent donc oublier les divergences et se concentrer sur les problèmes communs ».

Le changement de politique de Doha coïncide avec l’inclusion de Yusuf Qaradawi dans la liste des personnes recherchées par l’Interpol. Or, ce théologien bénéficiait pendant très longtemps du soutien de Doha. La double pression de la part de la communauté internationale et des voisins a-t-elle fait son travail ?

Comme le rappelle Sergueï Filatov, le Qatar jouait le rôle de maillon intermédiaire entre les Etats-Unis et les islamistes. Mais selon l’expert, les Frères musulmans ne vont pas disparaître pour autant.

« Les Américains n’ont jamais renoncé à leurs agents. Et actuellement, ce qu’ils feront sans doute en premier, c’est de geler le projet des « Frères musulmans ». Mais ce projet pourra être ressuscité au moment opportun. Et ce n’est pas sûr que l’idée viendra du Qatar. Les Etats-Unis jouent toujours sur plusieurs terrains en même temps. Et dans tous les cas, ils parviennent à leurs buts ultimes ».

En ce qui concerne le Qatar, il entre clairement dans une période de choix. Ce pays peut soit jouer un rôle global, dans lequel Doha sera toujours un otage de Washington. Soit le Qatar va se concentrer sur ses intérêts nationaux qui coïncident largement avec ceux des autres monarchies du Golfe persique. Pour l’instant, le second scénario semble prédominer sur le premier. /N

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