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    Barack Obama joue son va-tout

    Barack Obama joue son va-tout

    Archive. © Photo: AP/Rob Griffith
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    Les Américains ne se souviennent plus de la victoire triomphale remportée à la présidentielle 2008 par le sénateur d’Illinois Barack Obama. L’euphorie a fait depuis place à la désillusion mais les revers subis par Obama en plus de 5 ans de son mandat ne s’arrêtent pas là.

    La crise financière aux États-Unis a mis en berne la cote de popularité d’Obama après sa victoire retentissante aux présidentielles. En effet, ses conséquences se sont avérée plus gaves qu’on pouvait imaginer, si bien qu’Obama avait progressivement perdu de larges pans d’opinion qui le soutenaient, estime Léonid Savine, rédacteur en chef de la revue Geopolitika :

    « Ses partisans commencent à le critiquer. Cela signifie qu’il est classé au nombre des canards boiteux comme disent les Américains à propos de leurs leaders. Certes, ce n’est pas encore une catastrophe mais les revers sérieux subis par Obama en politique extérieure attestent son incapacité à faire face aux problèmes. On peut citer au nombre de ses faux pas en politiques intérieure les événements à Ferguson, l’échec de la réforme de la santé publique et la signature de la Loi sur l’amnistie partielle de 5 à 8 millions d’immigrés en situation irrégulière très mal prise par les Américains de souche. »

    Barack Obama ne peut se prévaloir non plus des succès en politique extérieure. La crise en Ukraine, l’échec de la stratégie au Proche-Orient depuis les négociations sur le règlement israélo-palestinien jusqu’à l’absence de résultats dans la lutte contre l’EI, sont autant de signes que Washington avait provoqué une tension géopolitique globale. En fait, la plupart des États qui se respectent évitent de facto de souffler sur les braises d’une nouvelle « guerre froide » mais il est évident que Washington affiche non seulement un mépris pour les normes écrites du droit international mais ne respecte même plus les règles implicites.

    Obama pourrait être un jour tenté de présenter le rétablissement des relations avec Cuba comme la grande réalisation de son second mandat mais c’est peu probable parce que les Américains avaient depuis longtemps inscrit sa présidence au passif. Le commentaire d’Ivan Safrantchouk, chargé de cours à la chaire des processus politiques mondiaux de l’Institut des relations internationales :

    « Obama a pu remporter sa première et sa deuxième présidentielle à force d’une rhétorique qui laissait supposer qu’il appliquerait une politique extérieure pacifique équilibrée. Il était censé finir les guerres déclenchées par l’administration de Bush le Jeune et éviter sûrement les nouveaux conflits. Mais Obama fait juste le contraire et va d’une crise internationale à l’autre. Le bras de fer qu’il avait initié cette année avec la Russie en constitue une preuve flagrante. »

    Selon les experts, Barack Obama se focalisera pendant le reste de son mandat sur la politique extérieure car c’est l’unique espace de manoeuvres qui lui reste. Cela s’explique par le fait qu’il a buté sur l’obstacle pratiquement insurmontable des républicains qui ont désormais la majorité dans les deux chambres du Congrès.

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