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    Kemi Seba, militant anti-franc CFA, expulsé de Côte d'Ivoire

    © AFP 2019 Issouf Sanogo
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    L'activiste et militant anticolonialiste Kemi Seba a été expulsé mardi 26 mars de Côte d'Ivoire. Avec son équipe, il devait organiser le 31 mars, à Abidjan, la phase ivoirienne de sa campagne contre la Françafrique. Dernièrement, Kemi Seba avait violemment critiqué le Président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, pour sa défense du franc CFA.

    Après le Sénégal, la Guinée et le Togo, c'est au tour de la Côte d'Ivoire de déclarer l'activiste Kemi Seba persona non grata sur son territoire. Le pays a expulsé dans la soirée du mardi 26 mars l'un des pourfendeurs invétérés du franc CFA. Expulsé vers le Bénin, son pays d'origine, «pour éviter des troubles à l'ordre public», selon les autorités ivoiriennes, le polémiste Kémi Séba, est arrivé mardi soir à Cotonou à bord d'un vol commercial Air Côte d'Ivoire et a été entendu par les autorités béninoises.

    «Je viens d'être libéré des locaux de la Direction de Surveillance du Territoire, à Cotonou, après mon expulsion de Côte d'Ivoire par les autorités Ouatarristes et une réunion épique avec le ministre de l'Intérieur béninois, Sacca Lafia», a-t-il annoncé le 27 mars au soir sur sa page Facebook.

    Kemi Seba, qui était arrivé le 23 mars à Abidjan, devait animer dimanche 31 mars un meeting de son association «Urgence Panafricaine» à Yopougon, un quartier populaire du nord d'Abidjan.

    «Il nous avait été rapporté des risques potentiels de troubles par rapport à une manifestation qu'il comptait organiser sur le territoire d'Abidjan», a justifié Sidi Tiémoko Touré, porte-parole du gouvernement ivoirien, lors d'un point de presse mercredi 27 mars. «C'est pour cela qu'on lui a simplement demandé de retourner chez lui pour éviter des troubles à l'ordre public. C'est juste une mesure de prévention», a-t-il poursuivi.

    Sidi Tiémoko Touré a conclu son propos, comme pour minimiser cette décision qui a fait un tollé sur les réseaux sociaux, en affirmant que «tous les jours nos différents services font retourner des individus pour différentes raisons. On leur demande de retourner dans leur pays.»

    Kemi Seba milite notamment pour la sortie des pays africains du franc CFA, qu'il considère comme un instrument du néo-colonialisme; il envisageait de s'adresser aux Ivoiriens lors d'une manifestation, dans un pays dirigé par Allassane Ouattara, l'un des défenseurs de cette monnaie. On se souvient encore de la déclaration du Président ivoirien, reçu mi-février à l'Élysée par son homologue Emmanuel Macron. Alassane Ouattara n'avait pas tari d'éloges pour cette monnaie. «Le franc CFA est notre monnaie, c'est la monnaie des pays qui l'ont librement choisie, depuis l'indépendance dans les années 60 […] Elle est solide, elle est appréciée, elle est bien gérée» avait-il déclaré, avant de poursuivre:

    «Nous sommes très, très heureux d'avoir cette monnaie qui est stabilisante.»

    Suite à cette déclaration, le dirigeant ivoirien avait subi les foudres de Kemi Seba, qui l'avait du reste accusé d'être «un esclave volontaire».
    Kémi Séba, plusieurs fois condamné en France pour incitation à la haine raciale, a été expulsé en septembre 2018 du Sénégal vers la France pour avoir brûlé publiquement un billet de 5.000 francs CFA (7,6 euros).

     

    Tags:
    troubles à l'ordre public, expulsions, franc CFA Afrique de l'Ouest (XOF), Kemi Seba, Sacca Lafia, Togo, Bénin, Sénégal, Côte d'Ivoire
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