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    Maurice Kamto

    Kamto doit «être jugé en public»: l'opposant camerounais refuse une audience à huis clos

    © Sputnik . Anicet Simo
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    Anicet Simo
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    Le principal opposant camerounais, Maurice Kamto, arrêté fin janvier et écroué à la prison de Yaoundé, a refusé de prendre part mardi 2 avril à une audience à huis clos sur sa demande de libération. L'audience en appel formulée par les avocats de Maurice Kamto s'est tenue en l'absence de la défense, qui exige un procès public.

    «Les avocats ont quitté l'audience pour ne pas assister en spectateur à cette mascarade de justice. Le procureur a donc parlé seul devant son juge, il a demandé le rejet de notre appel. Ils ont tenu l'audience à deux, et maintenant on attend le verdict», a déclaré à la presse, Me Emmanuel Simh, l'un des avocats de la défense, mardi 2 avril, devant l'esplanade de la cour d'appel de Yaoundé.

    L'avocat précise à ce sujet «Nous maintenons que tout comme nos clients ont été interpellés en public, ils doivent aussi être jugés en public».

    Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), principal opposant à Paul Biya, et ses coaccusés emprisonnés depuis fin janvier dernier, étaient venus assister à une audience d'habeas corpus. Leurs avocats ont fait appel suite à la décision donnée le 7 mars dernier par le tribunal de grande instance du Mfoundi, qui a rejeté la demande d'habeas corpus formulée par le collectif d'avocats de la défense. Ils ont été interpellés dans le cadre des marches blanches du 26 janvier dernier et inculpés par le tribunal militaire pour des faits «d'hostilité contre la patrie, rébellion, attroupement, trouble à l'ordre public, d'incitation à l'insurrection».

    Maurice Kamto était devant le tribunal pour demander sa libération sous caution. Mais il s'est retiré de l'audience lorsque le juge a insisté pour que celle-ci se déroule à huis clos. En l'absence du président du MRC et ses avocats, l'avocat général a formulé ses réquisitions, demandant la confirmation du rejet en instance de la demande de libération immédiate introduite par l'opposant. Le juge a pour sa part fixé au 9 avril la date à laquelle il rendra son verdict.

    Le principal opposant du Président Paul Biya après la présidentielle d'octobre 2018, à laquelle il est arrivé deuxième, a été arrêté, ainsi qu'environ 150 personnes, à la suite d'une manifestation pacifique organisée dans plusieurs villes du Cameroun le 26 janvier dernier.
    Mi-février, l'opposant et plusieurs de ses militants et partisans ont été présentés devant le tribunal militaire de Yaoundé, où une information judiciaire pour «hostilité contre la patrie» et «insurrection», entre autres chefs d'inculpation, a été ouverte à leur encontre.

    Ses avocats avaient introduit en première instance une demande de libération en dénonçant notamment «le traitement inhumain subi par M. Kamto et les autres leaders» de la coalition qui s'était formée autour de lui lors de la présidentielle. En mars dernier, sa demande avait été rejetée. Les avocats avaient alors interjeté appel de la décision.
    Pendant ce temps, au sein du MRC, les responsables du parti annoncent de nouvelles manifestations le 13 avril prochain, pour demander entre autres la libération des militants emprisonnés.

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    Tags:
    incitation à l'insurrection, trouble à l'ordre public, attroupement, révolte, jugement, procès, libération, Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto
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