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    Manifestations en Algérie

    «La révolution populaire en Algérie peut dégénérer», selon un ex-ministre algérien

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    Kamal Louadj
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    Dans un entretien à Sputnik, Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor et expert en finance a mis en garde contre le risque «de dérapage de la révolution populaire en Algérie» si des réponses positives ne sont pas rapidement apportées aux revendications du peuple, mettant l’accent sur le rôle de l’armée dans le processus de dénouement.

    Si «la révolution populaire» qui frappe l'Algérie depuis le 22 février dernier ne connait pas rapidement une issue positive, «elle peut dégénérer», a déclaré à Sputnik Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor et expert international en finance. Il estime que le haut commandement de l'Armée nationale populaire (ANP) algérienne, en la personne du général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, chef d'État-major, était tenu d'apporter des réponses rapides et convaincantes aux aspirations populaires.

    «D'après moi, la situation est dangereuse», a déclaré l'ancien ministre du Trésor. «Nous avons à faire à une révolution pacifique, mais enfin, il ne faut pas tomber dans les travers d'une vision romantique de l'évolution et de l'aboutissement de cette révolution. Elle peut dégénérer. Il peut y avoir des dérapages. Tout dépend maintenant des décisions que prendra le chef d'État-major de l'armée algérienne», a-t-il expliqué.

    C'est M.Gaïd Salah qui avait appelé le Parlement algérien à appliquer sans tarder l'article 102 de la Constitution, obtenant ainsi le départ du Président Abdelaziz Bouteflika. Puis, ce fut au tour du président du Conseil constitutionnel de déposer sa démission. Le chef de l'ANP a également demandé à la justice d'accélérer la prise en charge du dossier de la lutte contre la corruption, aboutissant à la mise sous mandat de dépôt d'hommes d'affaires influents et de hauts cadres du ministère algérien de l'Industrie. Mais les Algériens revendiquent également le départ du chef de l'État par intérim, Abdelkader Bensalah, du gouvernement de Noureddine Bedoui et la mise en place d'une phase de transition.

    Ainsi, M.Benouari considère que «si le chef d'État-major de l'ANP écoute la rue, va jusqu'au bout, cela ira bien». «Sinon, il y a aura une colère de la part de la rue qui peut déboucher sur des violences, ce qu'aucun Algérien ne souhaite aujourd'hui, à commencer par Gaïd Salah lui-même», a-t-il précisé, soutenant qu'«il est contraint par la rue à faire des concessions, mais pas des concessions brutales, d'un seul coup. Il accompagne le mouvement. Il accompagne les exigences de la rue».

    Par ailleurs, Ali Benouri estime que le chef d'État-major de l'ANP «va sans doute obtenir le départ du Premier ministre et du chef de l'État par intérim». «À ce moment-là, on quittera l'article 102 et il sera libre [le chef de l'armée, ndlr] de confier les rênes du pouvoir à une direction, probablement collégiale. Il lui appartient, à lui, de choisir parmi les hommes les plus sages et les plus honnêtes du pays», a-t-il conclu.

    Dans un discours diffusé ce 24 avril, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah a affirmé lors de sa visite à la première région militaire à Blida, à l'ouest d'Alger, «que l'Armée nationale populaire demeurera engagée à préserver les nombreux acquis et réalisations de la nation, ainsi que l'accompagnement du peuple et de ses institutions à travers la mise en œuvre des solutions possibles, tout en approuvant toute proposition constructive et initiative utile allant dans le sens du dénouement de la crise et menant le pays vers la paix».

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    Tags:
    risques à la sécurité du pays, révolution, Armée nationale populaire algérienne (ANP), Ali Benouari, Algérie
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