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    Ahmed Gaid Salah, le chef de l'armée algérienne

    Pourquoi l’armée algérienne est-elle visée par une campagne de dénigrement?

    CC BY-SA 4.0 / Lamraoui.lamin / Ahmed Gaid Salah With the army
    Afrique
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    Kamal Louadj
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    Un ex-colonel des services algériens a déclaré à Sputnik que la campagne qui visait l’armée et son chef sur l’affaire de corruption était contrôlée par «l’ancienne équipe qui a gouverné le pays» et des meneurs «qui gravitent autour de l’ancien système du DRS», l’ex-service de renseignement. Pour lui, «la presse est loin d’être indépendante».

    Depuis quelques semaines, l’Armée nationale populaire algérienne (ANP) et son chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, essuient des critiques de la part des manifestants et de certains partis politiques sur la gestion du dossier de lutte anti-corruption. Ces derniers reprochent à l’ANP d’avoir mené des arrestations «arbitraires et sélectives» sur fond de règlement de compte avec l’ancien pouvoir déchu. Les manifestants ont également reproché à l’ANP d’être derrière la répression des étudiants la semaine dernière à Alger.

    Dans un entretien accordé à Sputnik, Abdelhamid Larbi Chérif, ex-colonel des services de renseignement algériens et expert sécuritaire et stratégique, a commenté cette campagne, ses tenants et ses aboutissants.

    «Les slogans scandés par certains manifestants ont été introduits par des groupes de pression à la solde de l’ancienne équipe qui a gouverné le pays», a-t-il déclaré. «Ces puissances de l’argent sale sont en train de dépenser des sommes faramineuses pour porter atteinte à l’image de l’armée algérienne, a-t-il ajouté. Dans le même sens, l’ancien haut gradé a souligné que «les manifestants qui scandent ces slogans n’habitent pas la ville d’Alger». «Ils viennent d’autres wilayas. Chaque vendredi, ils se rendent à la capitale, encadrés par des meneurs appartenant à des parties qui gravitent autour de l’ancien système du DRS [département du Renseignement et de la Sécurité, ndlr] contrôlé par le général Toufik», a-t-il précisé.

    S’exprimant sur l’opération mains propres menée par la justice algérienne et à laquelle le chef d’état-major de l’ANP a appelé le mois derniers, M.Larbi Chérif a soutenu que «ces arrestations ne sont ni arbitraires ni sélectives». «Toutes les interpellations ayant visé les hommes d’affaires ou les anciens hauts responsables du pays l’ont été sur la base de dossiers lourds et soigneusement ficelés par les services qui ont mené les enquêtes», a-t-il déclaré, soulignant que «la justice algérienne s’est autosaisie de ces affaires dans le cadre de la loi, après que l’Armée nationale populaire l’a libérée de l’emprise de l’ancien système et lui a garanti les conditions d’un exercice normal de sa mission».

    Selon l’expert du renseignement, «la campagne de dénigrement contre l’ANP et son chef d’état-major s’est intensifiée depuis que le complot fomenté par Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag a été déjoué et que ces derniers, ainsi que Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti des Travailleurs, ont été arrêtés et mis sous mandat de dépôt». «Complot dont le général-major à la retraite Khaled Nezzar, ancien chef d’état-major de l’ANP et ex-ministre de la Défense nationale, avait confirmé l’existence dans sa déposition auprès du tribunal militaire de Blida», a-t-il indiqué.

    Abdelhamid Larbi Chérif a ajouté que ce qui compliquait la situation était l’énorme écho médiatique et politique dont jouissait cette campagne anti-ANP. «Certes, c’est étonnant, mais tout s’explique», a-t-il affirmé. «La réalité est que la presse algérienne est loin d’être indépendante», a-t-il lancé, précisant que «la quasi-totalité des titres de la presse écrite sont contrôlés par les réseaux de l’ancien DRS et dont une bonne partie a été achetée par des intérêts liés à la France, à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et à la Turquie.»

    En conclusion, il a répondu aux accusations de répression contre les manifestants, répression «commandée par l’ANP», en particulier celle ayant touché les étudiants la semaine dernière à Alger. L’ex-colonel des services algériens a souligné que «la police n’a pas réprimé». «En fait, il y a un groupe de personnes qui s’est infiltré au milieu des étudiants pour détourner les manifestations et tenter de provoquer des affrontements entre ces derniers et les forces de l’ordre», a-t-il expliqué, indiquant que «malgré ça, la police antiémeute a réagi avec sagesse et retenue et a procédé à l’arrestation de quelques-uns des meneurs, mais pas de tous».

    Les dossiers de deux anciens Premiers ministres algériens, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ont été transmis au procureur général auprès de la Cour suprême, a annoncé Ennahar-TV dimanche 26 mai. La chaîne de télévision algérienne a en outre précisé sur son site que les cas de neuf anciens et actuels ministres ont également été envoyés à la justice. Parmi les personnes concernées figurent Amara Benyounès, Abdelakader Zaalane, Amar Ghoul, Karim Djoudi et Abdessalam Bouchouareb, respectivement ministre du Commerce, du Transport, des Travaux publics, des Finances et de l'Industrie.

    Les 22 et 23 avril, le tout puissant homme d'affaires algérien Issad Rebrab, PDG du groupe agroalimentaire Cevital, les frères Kouninef et Ali Haddad réputés proches de Saïd Bouteflika, ainsi que huit cadres du ministère algérien de l'Industrie ont été placés sous mandat de dépôt par le procureur de la République du tribunal de Sidi M'Hamed, à Alger.

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    Ali Benouari, Abdelhamid Larbi Chérif, lutte contre la corruption, Département du renseignement et de la sécurité algérien (DRS), arrestation, campagne médiatique, corruption, Ahmed Gaid Salah, Armée nationale populaire algérienne (ANP)
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