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    Brique de cocaïne

    Maroc: l’armée et la gendarmerie royales seraient éclaboussées par une affaire de trafic de cocaïne

    © AFP 2019 Arnulfo Franco
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    Une grande quantité de cocaïne saisie par les forces de l’ordre marocaines est suspectée d’avoir été volée par des officiers de l’armée et des gendarmes, a rapporté la presse locale.

    Des officiers de l’armée et des gendarmes marocains sont accusés d’avoir volé une importante quantité de cocaïne, saisie dernièrement par les forces de l’ordre sur différentes plages du pays, a rapporté le quotidien arabophone local Assabah.

    En effet, le dimanche 11 août, pas moins de trois tonnes de cocaïne, échouées sur la plage de Sidi Rahal, dans la province de Berrechid, dans le nord-ouest du Maroc, ont été récupérées par la gendarmerie, qui a tout de suite ouvert une enquête sous la supervision du Parquet. Une semaine avant, 37 paquets de cocaïne avaient été également saisis sur une plage située entre les villes de Salé et de Mehdia, près de la capitale, Rabat.

    Assabah affirme qu’à ce jour nul ne connaît «l’origine et le sort de cette grande quantité de cocaïne», précisant, dans le même sillage, que des officiers de l’armée marocaine sont accusés d’avoir volé une grande quantité de ce produit prohibé.

    Le Maroc, cible des cartels sud-américains

    Depuis quelques années, notamment depuis 2014, les saisies de cargaisons de cocaïne se multiplient au royaume chérifien, laissant penser que le pays est devenu une cible des cartels sud-américains qui veulent en faire un hub de transit de cette drogue vers l’Europe. Une offensive que les services marocains de lutte contre les trafics de stupéfiants s’emploient à éradiquer dans le pays.

    Dans son rapport annuel de 2018, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) a indiqué qu’«alors que l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale étaient auparavant les principales zones de transit pour le trafic de cocaïne, la sous-région de l’Afrique du Nord a représenté 69% de l’ensemble de la cocaïne saisie dans le continent […]. C’est le Maroc qui a déclaré les plus grosses saisies de la région.»

    L’ampleur du trafic de cocaïne par voie maritime a été dévoilée en décembre 2018, suite à une importante prise effectuée par le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), à El Jadida, dans le nord-ouest du Maroc, au sud de Casablanca. L’enquête du BCIJ a révélé que la cargaison avait été larguée au large de cette ville côtière par un navire sud-américain. Elle a été par la suite récupérée par des petits bateaux locaux. 17 personnes, interpellées au fil des investigations, ont révélé les ramifications de réseaux criminels transnationaux de trafic de cocaïne entre le Maroc, l’Amérique latine et l’Europe.

    «Ce mode de transbordement maritime est l’un des moyens préférés des trafiquants pour acheminer leurs stupéfiants», a déclaré Abderrahim Habib, chef du service central de lutte contre le trafic de drogue à la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), cité par Jeune Afrique. «Le Maroc, avec son positionnement stratégique et une façade atlantique assez vaste, est naturellement très exposé», a-t-il ajouté.

    Depuis 2014, la DGSN a mis la main sur plus de 6,8 tonnes de cocaïne acheminée par voie maritime. En 2018, 363 personnes ont été interpellées dans le cadre de la lutte contre le trafic de cocaïne.

    ​La voie aérienne

    En décembre 2018, un réseau criminel transnational de trafic de cocaïne a été démantelé, selon la déclaration des services de sécurité marocains. Une tentative de construction de piste d’atterrissage au Maroc par des trafiquants internationaux a été révélée. Ce projet était destiné à être utilisée dans les opérations d’acheminement de la cocaïne d’Amérique latine vers l’Europe et à servir de point de transit sur le territoire marocain.

    Tags:
    Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) marocaine, Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), cocaïne, trafic de drogue, contrebande, trafic, Maroc
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