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Sensibiliser la population pour augmenter le taux de participation féminine au processus électoral 2020: la présidente de Women in Action for Peace, également secrétaire générale adjointe de l’Association des Femmes Parlementaires Burundaises, décrit à Sputnik la situation actuelle et propose des mesures pour la changer.

À quelques semaines des élections présidentielles, législatives et municipales 2020 au Burundi, l’Onu plaide pour une plus grande participation des femmes. Jacqueline Baranyizigiye, présidente de Women in Action for Peace au Burundi (WAP), secrétaire générale adjointe de l’Association des Femmes Parlementaires Burundaises et secrétaire de la Commission Permanente de la justice et droits de la personne humaine à l’Assemblée Nationale, explique quels objectifs se dressent devant elle et les autres femmes qui cherchent à parvenir à l’égalité.

Représentation des femmes à 50%

Ces femmes leaders cherchent à obtenir la parité et à aller encore plus loin en mobilisant les femmes partout dans le pays, au niveau collinaire comme dans les villes.

«Dans la constitution du Burundi, qui est la loi mère, il est déjà fixé que les femmes représenteront 30% des élus au minimum, mais nous savons très bien que pour le moment les femmes se préparent pour rehausser ce taux de 30%. Nous souhaiterions que les femmes soient présentes à 50%, pourquoi pas à plus de 60%. Les postes que les femmes burundaises occupent sont des postes électifs mais nous souhaitons que les femmes soient présentes à tous les postes de prise de décisions».

Le manque de moyens financiers

Jacqueline Baranyizigiye constate qu’il existe plusieurs raisons expliquant que le taux de participation des femmes aux élections n’est toujours pas satisfaisant, mais que la principale est la quasi-absence de moyens financiers.

«Pour le moment, les femmes burundaises ne sont pas très bien préparées car ce qui freine les femmes à la participation électorale c’est le manque de moyens financiers. Mais l’État a déjà alloué une somme de 10 millions de BIF à chaque colline, pour subventionner les coopératives SANGWE, qui devrait permettre également aux femmes de participer d’une façon satisfaisante aux élections de 2020».

«La banque des femmes»

Les autorités burundaises promettent la création «des conditions favorables», notamment l’ouverture de la«banque des femmes», qui sera au service des Burundaises qui voudront investir dans leur affaire ou dans leur propre carrière politique. D’après Jacqueline Baranyizigiye, le projet de cette banque a été approuvé et signé par le Président du Burundi, Pierre Nkurunziza .Tout cela devrait permettre à des jeunes femmes d’adhérer à un parti politique et de plus participer à des activités électorales pour 2020.

Éducation des jeunes filles

Le manque d’information en matière de santé sexuelle et reproductive est nuisible à la situation générale, quand tous les ans un grand effectif de jeunes Burundaises abandonnent leur scolarité pour cause de grossesse précoce et non-désirée. Par la suite, elles ne participent aucunement au processus électoral. La secrétaire générale adjointe de l’Association des Femmes Parlementaires Burundaises insiste sur le fait que c’est aux femmes politiques de changer ce paradigme.

«En tant que femmes leaders, des femmes qui représentent d’autres femmes et des femmes élues par la population, nous approchons beaucoup de femmes en ville et en dehors, pour les sensibiliser, pour qu’elles puissent élire et se faire élire. Aussi, nous avons bien encadré les filles pour les sensibiliser en ce qui concerne les grossesses précoces et les grossesses non-désirées, parce qu’il y a toujours beaucoup de filles qui abandonnent leurs études pour cette raison. Nous organisons des visites auprès des hautes autorités avec WAP au Burundi, dont je suis présidente, pour faire un plaidoyer et du lobbying auprès des femmes car nous désirons que plus de femmes occupent des postes de prise de décisions».

Les élections présidentielles, législatives et municipales au Burundi auront lieu le 20 mai 2020.

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