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Les forces de l'ordre ont tiré le 21 juin des gaz lacrymogènes à Tataouine en Tunisie pour disperser des manifestants réclamant des emplois et la libération d'un militant qui leur lançaient des pierres et bloquaient des routes avec des pneus enflammés.

Depuis des semaines, un mouvement protestation est en cours dans le gouvernorat de Tataouine (sud), où des manifestants ont érigé des tentes dans plusieurs régions et bloqué la route aux camions appartenant à des sociétés d'exploitation de gaz et de pétrole situées sur le site d'El Kamour, à 160 kilomètres plus loin, en plein désert.

Les manifestants réclament l'application d'un accord, conclu après des mois de sit-in ainsi que des heurts en 2017, prévoyant d'employer dans ces sociétés des milliers de chômeurs de cette région marginalisée.

C'est l'arrestation le 20 juin au soir d'un militant «recherché par la justice» qui a déclenché les heurts de dimanche, a déclaré le gouverneur de Tataouine, Adel Werghi, à une radio locale.

Il s'agit de Tarek Haddad, porte-parole de la coordination des sit-in.

Les manifestants ont bloqué des routes avec des pneus en feu et lancé des pierres contre les forces de l'ordre qui ont riposté avec du gaz lacrymogène dans la ville de Tataouine (500 km au sud de Tunis), selon un correspondant de l'AFP sur place.

La situation demeurait très tendue dans la ville en soirée avec des accrochages intermittents.

Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, un groupe de personnes a «tenté d'attaquer les commissariats de police avec des cocktails Molotov, ce qui a poussé les forces de l'ordre à défendre leurs postes en usant de tous les moyens légaux». Dix de ces personnes ont été arrêtées, a-t-il ajouté.

«Depuis plus d'un mois, des routes sont fermées et les tentes de sit-in sont installées au milieu des rues. Cela est illégal», a dit le gouverneur Werghi.

L'accord de 2017, favorisé par une médiation de la puissante centrale syndicale UGTT, prévoit également que l'État investisse 80 millions de dinars (quelque 27 millions d'euros) chaque année dans la région de Tataouine. Ce qui n'a pas été fait.

La branche de l'UGTT à Tataouine a elle appelé dans un communiqué à «une grève générale» lundi dans la région et dit son «refus du recours à la force excessive et injustifiée» contre les manifestants. Samedi, le syndicat a estimé que «le gouvernement a de nouveau failli à ses promesses et perdu la confiance» des habitants.

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gaz lacrymogènes, manifestation, chômeur, émeutes, Tunisie
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