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Le professeur René Raoult, père du professeur Didier Raoult, a marqué de son empreinte la lutte contre la malnutrition infantile dès l’indépendance de l’Algérie. Il a fait partie de l’équipe qui a mis au point la Superamine, une farine de sevrage fabriquée à partir de céréales dont le concept a été repris par plusieurs pays africains.

Didier Raoult, professeur de microbiologie français, devenu une célébrité mondiale depuis le début de la pandémie de Covid-19, a toujours affiché les liens qui le relient à l’Afrique. Particulièrement au Sénégal et à l’Algérie. Cette passion pour le continent africain, le directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée infection à Marseille affirme l’avoir héritée de son père, le professeur René Raoult.

Médecin militaire, celui-ci a été l’initiateur, en 1953, de l’Organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition africaines (Orana) de Dakar, un laboratoire formé d’éléments du corps de santé colonial. Travaillant ensuite en tant qu’expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il a été envoyé en Algérie en 1963 dans le cadre d’une mission en collaboration avec l’Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). C’est dans ce pays du Maghreb, qui venait d’acquérir son indépendance une année auparavant, qu’il a engagé des actions pour lutter contre la malnutrition infantile.

«Oui, j’ai aussi un lien très fort avec l’Algérie. Mon père […] s’est attelé à la question de la nutrition là-bas et il a en particulier participé à la création d’une poudre nutritive distribuée dans tout le pays, la Superamine, basée sur des produits locaux et non pas importés. Cela a permis à l’Algérie d’accéder à une indépendance totale pour nourrir ses enfants», a précisé Didier Raoult dans une interview accordée en novembre dernier au magazine Jeune Afrique.

Sauver des enfants

Dans un pays qui sortait de 132 ans de colonisation clôturés par sept années de guerre, la Superamine était un produit révolutionnaire. Cette préparation alimentaire se composait d’un mélange de farines de blé dur, de pois chiche, de lentilles auquel est ajouté du lait écrémé, du saccharose et des vitamines (A, D3 et B2). Des matières premières qui, à l’époque, étaient déjà produites localement.

En 1969, les autorités algériennes ont donné leur accord pour passer à la production industrielle de la Superamine. La poudre nutritive fut fabriquée dans les minoteries de Blida et Sétif (50 et 300 kilomètres de la capitale) et vendue, grâce aux subventions publiques, à un prix dérisoire, accessible à toutes les bourses, notamment les plus modestes.

Le docteur Redouane Mahmoudi, nutritionniste et naturopathe à Alger, indique à Sputnik que la Superamine a été d’un apport certain dans les programmes de lutte contre la malnutrition des enfants en période de sevrage.

«La Superamine a permis de sauver des enfants qui souffraient de carences vitaminées et protéiniques. C’est un produit qui a fait ses preuves. Un de ses principaux avantages, c’est sa teneur en acides aminés, des éléments essentiels pour permettre à l’organisme d’assimiler les protéines», souligne docteur Redouane Mahmoudi.

Exemple africain

Le nutritionniste regrette que cette farine, qui demeure un excellent complément alimentaire, ait été retirée du marché. En effet, en Algérie, la Superamine a disparu des étals en 1984, l’urgence sanitaire de la malnutrition infantile ayant été vaincue.

Mais l’innovation du professeur René Raoult et de son équipe a très vite intéressé d’autres pays africains. C’est le cas du Maroc, qui a lancé en 1970 1'Actamine, du Niger avec la Bitamin, du Rwanda avec le Sosoma, du Tchad avec le Vitafort et du Togo avec le Viten. Des milliers d’enfants à travers le continent africain ont ainsi pu échapper à la malnutrition.

Film promotionnel de l’usine Sosoma au Rwanda.

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Tags:
farine, dénutrition, enfants, Didier Raoult
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