Ecoutez Radio Sputnik
    Mike Pence

    Donald Trump choisit Mike Pence comme colistier

    © Flickr/ Gage Skidmore
    URL courte
    par Gauthier Bouchet
    0 62

    Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, Donald Trump, a officiellement annoncé le 15 juillet, son colistier. C’est Mike Pence, gouverneur de l’Indiana et ancien soutien de Ted Cruz, qui complétera le ticket.

    Si elle ne surprend pas complètement, au vu de précédentes « rumeurs », la nomination du gouverneur Pence comme candidat à la vice-présidence aux côtés de Trump n’était pas complètement actée. Celui-ci devait en effet, au préalable, se départir d’au moins deux concurrents sérieux.

    Jusque-là, l’on avait plutôt eu tendance à croire que Donald Trump porterait son choix définitif sur le gouverneur du New Jersey, Chris Christie. Ce politicien aguerri avait déjà fait acte de candidature en 2012. Retentant sa chance cette année, il avait finalement abandonné la course le 10 février dernier, à la suite de médiocres résultats lors de la primaire du New Hampshire. Ayant rallié Trump deux semaines plus tard, il apparaissait depuis régulièrement en tant qu’orateur de ses meetings, et faisait figure de colistier potentiel le plus sérieux, le plus charismatique, aussi.

    Chris Christie et Donald Trump
    © REUTERS / Brian Snyder/Files
    Chris Christie et Donald Trump

    Deuxième colistier putatif, Newt Gingrich incarne un profil tout à fait différent, mais aussi crédible. Si Christie aurait pu représenter le dynamisme de la jeunesse — 53 ans et un premier mandat acquis en 2010 seulement — Gingrich avait pour lui les décennies d’expérience politique à la Chambre des représentants où il entra en 1979, d’abord comme simple élu de Géorgie, puis minority whip, enfin, en tant que président. Il est clairement l’une des principales notabilités du Parti républicain. Le parti de l’Éléphant sait d’autant plus quoi lui devoir après qu’il ait contribué, en 1994, à la « révolution républicaine », par laquelle la Chambre des représentants put enfin changer de majorité, après quarante ans de présidence démocrate.

    Finalement vainqueur, Pence contribuera à rassurer quelque peu la part la plus conservatrice de l’électorat républicain. Jusqu’au printemps, Mike Pence soutenait Ted Cruz, sénateur du Texas. Il parlera donc aux partisans de ce dernier. Artisan du Tea Party depuis 2008, très conservateur sur les questions de mœurs (avortement, homosexualité…) dans le cadre de son gouvernorat de l’Indiana, il donne à ce titre quelques gages aux républicains les plus rétifs à Trump. Le vainqueur de la primaire républicaine doit en effet parvenir à rallier le tiers de voix ayant nourri au printemps dernier, de part et d’autre, des candidats anti-Trump très divers, notamment sur la question de leur propres conservatismes.

    Les candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz
    © AP Photo / Paul Sancya
    Les candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz

    Il convient de rappeler, à ce titre, les candidatures rivales de Marco Rubio, plutôt libéral-libertaire, et Ted Cruz, très conservateur, profils opposés, mais unis, outre le combat anti-Trump, par leur néo-conservatisme. Celui-ci s’était franchement affirmé, depuis l’été 2015, par leur dénonciation commune de l’ « IranGate », ce rapprochement stratégique auprès de la République islamique assumé par l’administration Obama.

    Jusque-là, Trump n’avait jusqu’ici pas réalisé l’union de son camp, au sein duquel certains souhaiter pousser un tiers-candidat contre lui. Désormais, Pence peut la concrétiser, certes, au prix de critiques redoublées du Parti démocrate.

    La camp Clinton tance Trump sur son choix

    Immédiatement après la nomination par Trump de Pence sur son ticket présidentiel, la nouvelle a naturellement suscité de vives réactions, côté démocrate. Il est à signaler, d’ailleurs, que Hillary Clinton n’a pas pour le moment choisi son colistier. Mais il est vrai que Trump s’oblige à une annonce précoce de son colistier, compte tenu de la convention républicain de Cleveland, le 18 juillet, alors que son équivalent démocrate se tiendra la semaine suivante, à Philadelphie.

    Trump et Clinton, deux candidats à risque pour les Américains
    © REUTERS / David Becker/Nancy Wiechec/Files
    Trump et Clinton, deux candidats à risque pour les Américains

    Si les attaques du camp Clinton sur Pence capitalisent surtout sur ses positionnements récents vis-à-vis de l’avortement et des homosexuels, ils pourraient également, dans les semaines à venir, se porter sur les divergences entre Fence et Trump. Les deux hommes cultivent en effet certaines antinomies politiques qui sont certes source d’une complémentarité, pour rallier largement le camp républicain, mais qui risqueraient d’entraîner certaines critiques. Ainsi, Pence, franc partisan d’un libre-échange, a-t-il défendu le projet de traité TAFTA, condamné comme un « viol de l’économie américaine » par Trump.

    Le vote de Pence en faveur de la seconde guerre du Golfe, en 2003, pourrait également refaire surface dans les critiques de l’équipe Clinton, aux côtés de ses appels à la modération après les propos récurrents de Trump sur l’Islam, l’an dernier. Il n’en reste pas moins que les républicains ont « tiré » les premiers, concentrant sur eux l’attention médiatique.

     

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

    Lire aussi:

    La candidature pour remplacer Trump dévoilée
    Mike Pence explique aux Arabes à qui «appartient» Jérusalem
    Retour sur la campagne victorieuse de Donald Trump, un an après son triomphe
    Tags:
    Traité de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP), Ted Cruz, Marco Rubio, Mike Pence, Chris Christie, Hillary Clinton, Donald Trump, Texas, Philadelphie, Cleveland, New Hampshire, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik