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    Leslie Nielsen

    Les USA, la loi de Stromberg et le syndrome Leslie Nielsen

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    Nicolas Bonnal
    par Nicolas Bonnal
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    Le texte qu'on va lire se refuse toute valeur scientifique. Il est en effet un peu tard pour s'exprimer sur le ton plein de retenue d'un expert. Il sera donc héroïco-comique et pédagogique. Ceux qui veulent en savoir plus déchargeront les ouvrages historiques américains cités plus bas.

    «Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait?»

    Vladimir Poutine


    Zerohedge a rendu publique une petite étude sympathique: la lutte du gouvernement américain contre la Terreur a coûté cinq mille milliards de dollars et elle a multiplié, y compris en France, par cinquante le nombre de morts par attentats. Comment peut-on arriver à de tels résultats? Par quelles aberrations, par quelles contre-performances de nos élites hostiles?

    On se souvient tous du Naked gun, de Leslie Nielsen, de son rôle impeccable de flic gaffeur qui déclenche des catastrophes un peu partout et aggrave le sort des victimes et otages qu'il est censé protéger, quand il ne martyrise pas la femme du président républicain (car ce flic est bien sûr démocrate, comme les anciens présidents Wilson, Johnson, Truman et Obama). Nice work, Frank, se contente d'opiner son supérieur le capitaine.

    On peut dire que ce film a fait rire tout le monde parce que dans sa caricature et son outrance il ne fait que dire la vérité: Truman, Obama, Clinton sont Leslie Nielsen.
    200 guerres dans le monde, des millions de morts, des dizaines de millions de réfugiés (voyez le film d'Oliver Stone sur la politique américaine). Et le même bilan étatique des administrations US est à l'œuvre, y compris à l'intérieur; car ce n'est pas pour rien que l'on assiste à une rébellion américaine avec Trump tout de même! Un demi-million de jeunes noirs morts violemment en cinquante ans, 25% de sans-emploi réels et non dopés (voyez le site Shadowstats.com de John Williams, voyez Trump ou l'économiste Paul Craig Roberts), trois millions de détenu dans les pénitenciers privatisés, six millions d'individus contrôlés chaque semaine. Un beau bilan pour des gouvernements décidés à ne pas laisser la criminalité s'emparer d'un pays. Sauf que la criminalité s'étend partout en Amérique, et qu'on en est à plus de mille morts rien qu'à Chicago depuis le début de l'année. Quatrième pays le plus violent du monde (14000 morts par an), les USA sont pourtant les premiers par leur population carcérale. Pour ne pas comprendre ce qui s'y passe en Amérique il faut beaucoup regarder CNN, LCI et tout le bataclan des médias aux ordres. C'est qu'on ne sait jamais dans quelle réalité on se trouve vraiment là-bas au pays de l'hyper-impuissance.

    On comprend en tout cas pourquoi les élites américaines et leurs journalistes aiment donner des leçons.

    Oublions Leslie Nielsen et venons-en à l'historien américain Joseph Stromberg et à sa loi de Stromberg. On l'énonce: il n'y pas de situation dans le monde qui ne puisse être aggravée par une intervention du gouvernement américain.

    J'ai déjà cité l'étude de Stromberg sur les Philippines. En 1898, une bombe explose dans le port de la Havane dans un bateau de l'US Navy. On accuse l'Espagne sans preuves (et puis quoi encore?), on lui fait des milliers de morts et on lui confisque ses dernières colonies, Cuba et les Philippines. Puis on fait la guerre aux Philippines (c'est moins loin de la Chine qu'Hawaï), on tue 200 000 rebelles, et on gardera cette colonie tout en faisant la morale aux japonais! Puis Cuba devient castriste on lui fait un beau blocus, en attendant de risquer une guerre nucléaire et de faire des procès à sa population pour qu'elle rende les propriétés américaines.

    Qui dit mieux?

    Prenez la première guerre mondiale ensuite, faite pour créer un monde plus sûr pour la démocratie (quel mot!): on ne bouge pas, on finance les massacres et les dépenses alliées grâce à la Fed créée juste un an avant la Guerre (qui nous démontrera le lien?). Puis on bouge pour aider les alliés qui risquent vaincus de ne rien rembourser. Wilson ment à l'Allemagne en octobre 1918 (lisez sa correspondance avec Max de Bade) et elle signe haineuse une paix carthaginoise que le sénat US ne ratifie pas (on le lui reproche encore alors qu'il avait été pour une fois bien inspiré). L'Allemagne deviendra fasciste comme l'Italie, la Russie est rendue communiste grâce au passage de Trotski à New York (lisez… son Journal!) et aux banquiers de Wall Street qui rêvent d'une Russie à la carte. Est-ce cela ce monde plus sûr pour la démocratie dont rêvent les messies en carton-pâte de Washington?

    La Deuxième Guerre Mondiale est encore mieux; l'administration Roosevelt empêche avant Munich un accord (découvrez les textes de Frederic Sanborn) entre européens — Russes, Français, Tchèques et même britanniques — pour couper l'herbe à Hitler. Il aurait été écrasé par cette coalition, mais cette coalition gênait Roosevelt (Sanborn toujours) qui voulait prendre son temps pour intervenir et contrôler son Europe (moins machiavélien l'historien des eighties Paul Kennedy soulignait lui plutôt l'incompétence de Roosevelt, mais le résultat est le même, oui le résultat est toujours le même). De même le président démocrate réélu pour maintenir tout le monde hors de la guerre pousse le Japon à cette guerre en refusant toute discussion, puis on massacre le quart de la planète en lâchant les bombes les plus sales de l'histoire du monde. A la fin de cette guerre, l'URSS jusque-là si considérée si démocratique et est promue nouvel empire du mal après l'Allemagne nazie qu'on l'a pourtant aidée à vaincre. Mais de qui se moque-ton? De même on aide la Chine contre le Japon puis la Chine devient maoïste, puis on veut lui faire la guerre. Mais quel clown, mais quel Leslie Nielsen dirige Washington? Et la technique ahurie est toujours la même un siècle après! Syrie, Libye, Yémen, Russie, Corée, circulez !

    Et pour l'interminable et cinématographique guerre du Vietnam, vous voulez encore un dessin? Ici encore on provoque l'ennemi avec un incident d'ailleurs créé par le propre père de Jim Morrison. Trois millions de morts et de de bombes plus loin, on fiche le camp. Mais on revient vingt ans après avec Gap pour exploiter une population trahie comme nous par ses élites, à qui on demande d'aider à l'effort de guerre US contre la Chine.

    C'est le sénateur McCarthy qui expliquait comment le général Marshall (il n'osait pas sans doute nommer les vrais responsables) avaient armé et financé les deux futurs grands communistes pour ensuite lancer les marines dans les croisades coréennes… mais qui était idiot en vérité? McCarthy ou la diplomatie aberrante US? La Corée du Nord, menace mondiale (sans rire) en 2016, la faute à qui? A quelle intervention inepte encore? C'est aussi Truman, nous a révélé l'historien Ralph Raico, qui pour se faire élire dénonça un inexistant péril soviétique en 1948. Le général Lucius Clay y alla de sa missive. Et nous sommes toujours russophobes…

    Le dollar et l'irresponsabilité morale créeront toujours un ennemi. Inventez un danger, fabriquez-le (communistes, moudjahidin, vietminh), demandez à le régler en l'aggravant, et faites-vous réélire dans un fauteuil! Un attentat de Ben Laden pour Bush jr, un assassinat de Ben Laden pour Obama, et le tour est joué. Faites-vous réélire dans un fauteuil de justicier. Et regardez, l'Europe occidentale y reprend goût à son tour. C'est John Hobson qui expliquait il y a 120 ans que l'impérialisme est toujours moraliste, humanitaire, bourré de bonne conscience.


    On retournera pour conclure la devise de Spiderman: un grand pouvoir signifie une grande responsabilité. La grande impuissance signifie elle grande irresponsabilité.

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    Bibliographie (en américain)


    Collectif:

    America's pyrrhic victories (sur Mises.org)
    Perpetual war of perpetual peace (idem)

    Ralph Raico, A libertarian rebuttal (idem)
    Shaffer Butler, the wizards of Ozymandia (idem)
    John Hobson, Imperialism: a study (Marxists.org)
    Paul Kennedy, the rise and fall of great powers.
    Oliver Stone, The Untold History (DVD)

     

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    Zerohedge, US Navy, Joseph Stromberg, Leslie Nielsen, Lyndon Johnson, George Bush, Donald Trump, Harry Truman, Bill Clinton, Oussama ben Laden, Paul Craig Roberts, Barack Obama, Hawaï, Cuba, Libye, Yémen, Syrie, France, Allemagne, États-Unis, Russie
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