Ecoutez Radio Sputnik
    Affiches électorales déchirées, dont il reste la rose, logo du parti socialiste.

    Requiem pour le Parti Socialiste Français

    © Flickr/ Photolyse
    URL courte
    par Laurent de Angelis
    6553145

    La droite en avait rêvé, François Hollande l’a fait ! la fin de son règne calamiteux va se conclure, tel un dégât collatéral supplémentaire occasionné par un projectile perdu, par la désintégration probable du parti socialiste français.

    La victoire aux “primaires” de Benoît Hamon, va sans doute s’avérer un bien mauvais tour joué à une formation politique qui n’en avait vraiment pas besoin.

    Mr Hamon est, rappelons le, le chef de file des prétendus “frondeurs” au parlement contre le gouvernement. Frondeurs d’opérette en vérité: car, nous l’avons vu maintes fois au cours de cette législature, après des fanfaronnades devant les caméras contre des projets de loi qui ne leur plaisaient pas, style “on va voir ce que l’on va voir” les “frondeurs” le jour venu du vote des textes devant l’assemblée, votent finalement invariablement pour (ou s’abstiennent, ce qui revient exactement au même) les projets de loi du gouvernement.

    Décidément tout est néfaste pour le parti socialiste dans cette élection. A moi et tous ceux qui sont radicalement contre ce système des primaires, les socialistes ont peut être rendu un inestimable service: après ce triste épisode, ce mode de désignation se trouve tellement déconsidéré aux yeux des français que l’on peut se demander si ce ne seront pas les dernières du genre.

    Car,

    Tout s’est mal passé dans cet “évènementiel” fabriqué par le parti socialiste:

    —  Un taux de participation final absolument dérisoire par rapport au corps électoral français,

    —  La défaite de Manuel Valls, dramatique par ce qu’elle sous entend,

    —  La “Victoire” (à la Pyrrhus ?) d’un candidat qui incarne une gauche utopiste totalement coupée des réalités.

    Un taux de participation final absolument dérisoire par rapport au corps électoral français, qui ôte toute légitimité au candidat vainqueur.

    Cher lecteur qui êtes bien informé, vous savez que le corps électoral français compte près de 45 millions d’électeurs, 44,6 millions plus précisément. C’est le total des citoyens en âge de voter.

    Les organisateurs revendiquent 2 millions environ de votants. Pas même la moitié de la primaire de droite, qui n’était pourtant pas brillante non plus. 2 Millions pour 45 millions = 1 électeur sur 22 qui a jugé bon de se déplacer !!! Admettons que la France soit partagée en 2 moitiés gauche / droite, nous avions un potentiel théorique de l’ordre de 20 millions. 1 sur 10 par rapport à la cible… au théâtre, on appelle cela “faire un four”.

    Et ce, malgré un battage médiatique de chaque instant depuis des mois, jusqu’à la nausée… Le Score final est en réalité si insignifiant à l’échelle de la population française, que le vainqueur ne peut en tirer aucune légitimité populaire, ni au plan national, ni même au sein de sa propre famille politique. Rajoutons à cela quelques échos peu rassurants à propos de personnes ayant réussi à voter plusieurs fois, ce qui n’arrange rien…

    Le naufrage de Manuel Valls

    Pour le premier ministre sortant, et par ricochet pour François Hollande dont il était censé être le dauphin, il n’est pas exagéré de qualifier la situation de dramatique.

    Car voilà un deuxième personnage de l’exécutif de la république, qui était à peu près quotidiennement sur les médias du maintream depuis 3 ans qu’il  conduit la politique de la nation avec le gouvernement qu’il dirige. On ne peut pas dire qu’il souffre d’un déficit de notoriété auprès du public : ce serait même plutôt l’overdose !… Or, il a finalement recueilli environ 840.000 votes, soit … 1 électeur français sur 53, soit moins de 2%  du corps électoral, qui a jugé bon d’aller déposer un bulletin pour lui! 

    Si les français avaient été enchantés par l’action de Mr Valls aux manettes de l’appareil d’état, on peut tout de même supposer qu’ils lui auraient par millions apporté leur soutien à cette occasion…  de mémoire de Vème république, et même de république tout court, je ne crois pas qu’un dirigeant sortant ait subi désaveu plus cuisant. Une humiliante défaite, pas tant par rapport à son adversaire, mais au regard de la France toute entière.  

    Pour le PS, une victoire à la Pyrrhus avec le triomphe des idéologues

    Au final, tout est néfaste pour le PS dans cet enchaînement d’évènements récents. Manuel Valls aurait pu tenter d’incarner la voie de la gauche réaliste et gestionnaire. Au lieu de cela, les votants ont consacré à travers Benoît Hamon une gauche idéologique, nourrie par toutes les utopies les plus dangereuses des idéologues du XIXème siècle, Jules Guesde, Proudhon, et Marx bien sûr… des idéologues donc, comme à l’époque ou le Parti Socialiste s’appelait encore la SFIO, “Section Française de l’Internationale Ouvrière”.

    Totalement coupés du réel, généralement confinés dans des occupations professionnelles bien à l’abri de toute compétition économique qui est le lot de l’immense majorité des citoyens, ils se réfugient dans l’incantation, les solutions inapplicables et les théories fumeuses. Ce parti là, snobé d’ailleurs par les autres partis de la gauche européenne qui ont depuis longtemps acté une ligne sociale-libérale réformiste, risque d’exploser à brève échéance.

    En effet, quoi de commun entre un Emmanuel Macron incarnant cette ligne sociale démocrate, à l’instar de l’Allemagne, de la Suède voire de la Grande Bretagne, et ces militants nostalgiques de la lutte des classes et du grand soir, qui en sont à la première moitié du XXème siècle et à la deuxième internationale, mais comme égarés par hasard au XXIème siècle ?    

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.  

     

    Lire aussi:

    Pour Hamon, Valls a «trahi» les électeurs de la primaire
    Aujourd’hui l’alliance Macron-Valls, demain un tandem Hamon-Mélenchon?
    Défaite du PS : faut-il sonner l’hallali ?
    Tags:
    primaire de la gauche en France (2017), Benoît Hamon, Manuel Valls, France
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik