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    Photographie soviétique : mélange d’art et de propagande

    Photographie soviétique : mélange d’art et de propagande

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    L’exposition « Chantier national de l’URSS » consacrée au style de la vie et à l’esprit de l’époque soviétique se tiendra du 14 au 25 avril à Moscou.

    Elle couvre la période des années 1920-1960. Une énorme distance sépare les photos des années 20 de celles des décennies postérieures. Le début de cette période magnifeste l’épanouissement de la photographie d'art russe et le triomphe de la création libre, tandis que les années 30 sont riches en propagande. L'Union soviétique exigeait des photographes de soutenir les processus de l’industrialisation et de la collectivisation de l'agriculture. Leurs reportages photos devaient refléter l’image grandiose du chantier socialiste. « La collection de la fondation Sepherot Fondation de Lichtenstein présente à Moscou les résultats de leur travail », a indiqué la porte-parole de la fondation Anastassia Degtiariova dans une interview accordée à La Voix de la Russie.

    « Un phénomène unique d’art est né malgré toutes les limites. Les photographes bornés par le contexte de propagande ont créé de vraies œuvres d’art. A l’époque soviétique, le reportage photo n’était pas qualifié d’art, il a été reconnu beaucoup plus tard, d’abord en Europe et aux Etats-Unis », estime Mme Degtiariova.

    L’organisateur de l’exposition a acheté cette collection chez un collectionneur américain, ce qui prouve cette tendance. Celui-ci, ambassadeur en URSS dans les années 70, a rassemblé des exemplaires exceptionnels, dont les oeuvres du maître renommé Alexandre Rodtchenko.

    Selon le directeur de l’exposition Valéri Stigneev, « les photographes avant-gardistes avec Rodtchenko en tête ont créé le groupe « Octobre ». Ce fait est mentionné dans tous les ouvrages sérieux sur l’histoire de la photographie ».

    « Les photos du groupe Octobre devaient refléter le cours de la construction et montrer les ouvriers au travail », ajoute le directeur.  

    Le réalisme socialiste, plus rigoureux et documentaliste, existait bient sûr à côté de l’avant-garde. Les adeptes de ce courant ont laissé après eux une chronique détaillée de la vie du pays et de ses héros. On y trouve les portraits des poètes connus et des plongeurs courageux, les parades sportives sur la Place Rouge à Moscou et les jeux des enfants dans les parcs de la capitale. « Des voyages photo multiples à travers les républiques soviétiques reflétaient la construction du socialisme », raconte M. Stigneev.  

    « La collection de Georgi Zelma produit une impression inoubliable. Il faisait de vrais œuvres d’art à l’aide d’un appareil antédiluvien. Vous pouvez apprendre l’histoire de l’Ouzbékistan ou de la Seconde Guerre mondiale d’après ses photos. La bataille de Stalingrad est un des plus grands projets de cette période », estime l’expert.

    Quant aux auteurs des années 1960, époque du dégel idéologique, ils ont réussie à réaliser pleinement leur aspiration à la diversité de sujets et leurs capacités artistiques.

    L’exposition « Chantier national de l’URSS » comprend près de 200 photographies. « L’intérêt des gens est énorme. L’exposition de Moscou n’est que la première étape de sa conquète des autres pays du monde », a conclu la porte-parole de Sepherot Foundation.

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