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    L’Age d’argent ou l’époque de la Renaissance de l’art russe

    L’Age d’argent ou l’époque de la Renaissance de l’art russe

    © Photo: RIA Novosti/S. Ozersky
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    Le début du 20e siècle a été baptisé en Russie Age d’argent. Ce terme est contenu dans l’un des poèmes d’Anna Akhmatova. On l’appelle aussi Renaissance russe. C’est le philosophe Nicolaï Berdiaev qui a donné ce nom à cette période. « Ce fut un véritable enthousiasme créatif. La Russie a reçu une véritable pléiade d’artistes au cours de ces années… », écrivait-il.

    L’Age d’argent prend ses origines du symbolisme. Ce mouvement s’est créé à la fin du 19e siècle sous l’influence française, mais ensuite, il est devenu un phénomène purement russe. Et tous les poètes, avec lesquels on a tendance à associer l’Age d’argent, sont entrés dans la littérature russe en tant que poètes-symbolistes. Il s’agit de Valéri Brioussov, Constantin Balmont, Andreï Biély, Alexandre Block, Marina Tsvetaieva et Maximilian Volochine.

    C’est ainsi qu’est né l’acméisme – une aspiration d’un nouveau classicisme. Les principaux participants de ce mouvement étaient Lev Goumiliov, Ossip Mandelstam et Anna Akhmatova, qui a donné le nom à ce mouvement. Ensuite s’est développé le mouvement futuriste, qui est entré en contradiction avec l’Age d’argent, en rejetant son raffinement et l’avant-goût de la décadence. Ce mouvement a été soutenu par les poètes Velimir Khlebnikov, Vladimir Maïakovski, et Boris Pasternak, qui ont conduit la culture artistique russe vers des ouvertures d’avant-garde.

    « Si l’Age d’argent n’existait pas, le mouvement d’avant-garde russe n’existerait pas », est persuadé l’expert de la culture russe Andreï Pelipenko. « Car les idées qui auraient existé à l’Age d’argent, sont d’actualité aussi de nos jours. Elles sont en opposition aux courants littéraires de l’époque. A l’époque, ces idées étaient dirigées contre la vulgarité bourgeoise, et aujourd’hui elles luttent encore contre la platitude des idées et leur primitivité ».

    L’Age d’argent a un autre point de référence - l'émergence de l’association artistique « Le Monde de l'art ». Contrairement à beaucoup d'autres, ce mouvement a survécu pendant une très longue période : de 1898 à 1924, en réunissant des peintres tout à fait différents, comme Valentin Serov et Constantin Korovine, Constantin Somov, Alexandre Benois, Mikhaïl Vroubel et Nicolas Roerich, Zinaïda Serebriakova et Boris Koustodiev. Sergueï Diagilev (Serge de Diaghilev), l’un des fondateurs de ce mouvement a déclaré : « En soi, une œuvre d'art n’est pas importante. Elle est importante seulement comme l’expression de la personnalité de l’artiste ». Ce fut aussi le postulat principal de l’Age d’argent, qui a également attiré les « fossoyeurs » de l’époque, notamment les avant-gardistes Malevitch et Kandinsky, ainsi que les cubistes et les abstractionnistes russes, proches de leurs idées.

    « À sa manière, c’est un phénomène unique dans la culture russe. A l’époque de l’Age d’argent, la personnalité de l’artiste a pour la première fois commencé à dominer en se débarrassant du complexe de solitude », explique Andreï Pelipenko. « Tout un milieu libre et non lié avec l’autoréalisation indépendant s’est alors formé ».

    Le théâtre russe a apporté pendant cette époque une véritable pléiade de noms célèbres, comme le danseur Vaclav Nijinksi, le chanteur Fedor Chaliapine, ainsi que l’acteur et le metteur en scène Konstantin Stanislavski. L’Age d’argent fut la conséquence de la période de réformes, lancée en Russie au cours de l'époque de l'empereur Alexandre II, visant à changer le climat social et le paysage culturel du pays. C’est la raison pour laquelle cette époque a apporté un nombre aussi important de réformateurs de l’art, sans lesquels il était impossible d’imaginer l’histoire culturelle du 20e siècle, autant pour la Russie que pour le monde entier.

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