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    20 morts à bord d'un sous-marin nucléaire russe (SYNTHÈSE)

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    20 personnes ont été tuées et 22 autres blessées dans un accident survenu samedi à bord d'un nouveau sous-marin nucléaire russe testé en mer du Japon, selon un bilan actualisé dimanche par le Parquet général.

    MOSCOU, 9 novembre - RIA Novosti. 20 personnes ont été tuées et 22 autres blessées dans un accident survenu samedi à bord d'un nouveau sous-marin nucléaire russe testé en mer du Japon, selon un bilan actualisé dimanche par le Parquet général.

    "Selon des informations préalables, l'accident a fait 20 morts, dont 6 militaires et 14 civils, et 22 autres personnes ont reçu des blessures de différente gravité", a fait savoir à RIA Novosti le porte-parole du Comité d'enquête auprès du Parquet général, Vladimir Markine.

    Interrogé par RIA Novosti, le porte-parole de la Marine, le capitaine de vaisseau Igor Dygalo, a pour sa part fait état de 20 morts, dont 3 militaires et 17 civils, et de 21 blessés. Selon lui, les civils appartenaient à une entreprise de constructions navales chargée de tester le submersible.

    UN GAZ TOXIQUE À L'ORIGINE DU DRAME

    L'accident s'est produit samedi à 20h30 heure locale (05h30 GMT) lorsque le sous-marin subissait un test en mer du Japon. Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait été provoqué par une activation défaillante du système anti-incendie utilisant le fréon, un gaz frigorifique extrêmement toxique, qui a empoisonné le personnel. L'enquête doit encore établir pourquoi l'équipage ne s'est pas servi opportunément des masques à gaz.

    Des experts interrogés par RIA Novosti privilégient la piste du facteur humain, évoquant le trop d'automatisation à bord, le faible niveau de préparation et d'organisation de l'équipage ou encore la surprésence de civils.

    LE PROPULSEUR NUCLÉAIRE INTACT

    Les autorités militaires russes ont multiplié les assurances, démentant tout risque d'endommagement du propulseur nucléaire et affirmant que les niveaux de radiation correspondaient à la norme.

    "L'activation défaillante du système anti-incendie enregistrée au cours des essais n'a pas affecté les systèmes de bord et les dispositifs techniques", a déclaré le commandant en chef de la Marine russe, l'amiral Vladimir Vyssotski, cité par son service de presse.

    Selon une source compétente au sein de la flotte russe du Pacifique, l'accident s'est produit dans la partie avant du submersible, et n'a pas pu toucher le propulseur situé, lui, dans la partie arrière.

    LES BLESSÉS HORS DE DANGER

    Le sous-marin a regagné dimanche sa base de stationnement à Bolchoï Kamen, à 150 km de Vladivostok dans le territoire du Primorié (Extrême-Orient), accompagné du navire de sauvetage Saïany.

    Selon le capitaine de vaisseau Igor Dygalo, les 21 blessés, eux, ont été évacués par le navire anti-sous-marin Admiral Tribouts, qui se trouvait à proximité de la zone de l'accident, avant d'être hospitalisés. 20 d'entre eux ont reçu des intoxications légères, et une personne une intoxication moyenne, leur vie étant hors de danger.

    Une enquête judiciaire a été ouverte pour "violation des règles de navigation et d'exploitation d'un navire de guerre ayant provoqué par imprudence la mort d'une ou de plusieurs personnes et d'autres conséquences graves" (art. 352 du Code pénal russe). La commission d'enquête avec à sa tête le premier adjoint au procureur militaire principal, Alexandre Mokritski, est déjà à pied d'oeuvre.

    LE DRAME DU KOURSK DANS TOUS LES ESPRITS

    Au total 208 personnes se trouvaient à bord du sous-marin au moment de l'accident, dont 81 militaires. Aucune précision n'a été fournie sur la classe du submersible et l'éventuelle présence à bord d'armements.

    Le président russe Dmitri Medvedev, qui a été immédiatement informé de l'accident, a chargé le ministre de la Défense Anatoli Serdioukov de le renseigner en continu sur la situation à bord du sous-marin, d'élucider l'accident et d'accorder l'aide nécessaire aux familles des victimes. Le premier vice-ministre de la Défense Alexandre Kolmakov et le commandant en chef de la Marine Vladimir Vyssotski se sont immédiatement rendus sur les lieux.

    Selon une source aux chantiers navals de Komsomolsk-sur-Amour (Extrême-Orient) où il a été construit, il s'agit du tout nouveau sous-marin à propulsion nucléaire Nerpa (K-152, projet 971, classe Chtchouka-B, ou Akula dans la classification de l'OTAN). C'est un sous-marin de troisième génération mis en cale en 1991 qui déplace 8.140 tonnes en surface ou 12.770 tonnes en plongée, sa vitesse maximale étant de 30 noeuds. Sa profondeur de plongée est de 600 m, son autonomie est de 100 jours, et son équipage compte 73 personnes. Il est doté de 4 lance-torpilles de 533 mm et de 4 autres de 650 mm.

    La flotte sous-marine russe a connu son accident le plus meurtrier le 12 août 2000, quand le sous-marin nucléaire Koursk a coulé en mer de Barents faisant 118 morts.

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