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    Le sous-marin russe K-456 Tver du projet 949A Anteï

    Massifs, silencieux, rapides… les meilleurs sous-marins du monde

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    Un dicton latin disait «si tu veux la paix, prépare la guerre». Il explique certainement en partie les progrès incessants de l’industrie militaire. Au XXe siècle, de nouveaux matériels et armements ont fait leur apparition, notamment les sous-marins. Sputnik vous présente onze sous-marins qui impressionnent par leurs caractéristiques techniques.

    Imaginés au XVIe siècle, les sous-marins ont longtemps suscité le scepticisme, avant de s’imposer pendant la Première Guerre mondiale. Ces cent dernières années, l’humanité les a transformés en véritable force militaire. Voici une liste de dix appareils qui ont marqué l’histoire de l’industrie des submersibles.

    Projet 705 Lira, le plus révolutionnaire

    Un sous-marin nucléaire soviétique du projet 705 Lira
    Un sous-marin nucléaire soviétique du projet 705 Lira

    Le sous-marin nucléaire d’attaque soviétique du projet 705/705K Lira (code Otan: Alfa), presque invulnérable aux armes de son époque, a révolutionné l’industrie des sous-marins. Le réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb-bismuth était bien en avance sur son temps. Ce submersible compact avec un équipage de seulement 30 personnes pouvait atteindre sa vitesse maximale en plongée (plus de 40 nœuds) en moins d’une minute et faire un demi-tour en 42 secondes sans ralentir. Ses systèmes de bord et même sa cuisine étaient automatisés au maximum. Sa coque était en titane. 

    Le K-123 Lira était bruyant et facilement détectable à pleine vitesse, mais l’effet produit par la détection de ce sous-marin redoutable pouvait être considérée comme une arme psychologique. 

    Toutefois, la maintenance des sous-marins de classe Lira s’est avérée très complexe. Les ingénieurs ont constaté la fissuration des joints soudés de la coque en titane sur le modèle d’essai. Il fallait en outre maintenir en permanence le réacteur du sous-marin en état opérationnel pour que la température du fluide caloporteur ne descende au-dessus des 120°C, ce qui rendait problématique tout arrêt du réacteur pour des opérations de maintenance. Tous les sous-marins de cette classe ont été retirés du service en 1990.

     K-278 Komsomolets, capable de plonger le plus profondément au monde

    Le K-278 Komsomolets
    Le K-278 Komsomolets

    Le K-278 Komsomolets, le seul sous-marin nucléaire du projet 685 Plavnik, a battu le record du monde de profondeur de plongée en atteignant 1.027 mètres le 4 août 1985. Sa double coque était en titane.

    A un kilomètre de profondeur, le Komsomolets était presque invulnérable aux armes anti-sous-marines et invisible aux radars. Ce submersible a servi à mener des expériences de plongée, mais il a également participé à des exercices et des missions de la Flotte du Nord soviétique.

    Mais ce sous-marin a coulé le 7 avril 1989 en mer de Norvège à la suite d’un incendie qui s’est déclaré à son bord pour des raisons restées indéterminées.

    K-162 Antchar, le plus rapide de l’histoire

    Un sous-marin du projet 661 Antchar
    Un sous-marin du projet 661 Antchar

    Le sous-marin nucléaire lanceur de missiles K-162 Antchar (code Otan: Classe Papa), renommé plus tard K-222) reste aujourd’hui encore le submersible le plus rapide du monde. Le 18 décembre 1970, il a réussi à atteindre la vitesse de 44,7 nœuds (82,78 km/h) en plongée. Aucune torpille de l’époque ne pouvait le rattraper. 

    Le K-162 Antchar était le premier sous-marin au monde dont la coque était en titane. Cela a permis de réduire considérablement la masse totale du sous-marin et de réduire de façon significative son champ magnétique. L’Union soviétique a mis en service plus d’une dizaine de ces sous-marins «tueurs de porte-avions».

    Malheureusement, ce sous-marin ultra-rapide long de 120 mètres était trop bruyant. Lorsqu’il avançait à plus de 35 nœuds, le niveau de bruit au poste central s’élevait à 100 décibels, ce qui est équivalent au bruit produit par un klaxon automobile ou par une rame de métro à une distance de 5 à 7 mètres. L’Antchar était facilement détectable de loin. 

    Son autre point faible était son prix exorbitant. L’URSS a fini par renoncer à la fabrication de ce submersible, baptisé «Poisson d’or» par les marins. Le K-162 a été retiré d’exploitation en 1984.

    Projet 636.6 Varchavianka, le plus silencieux

    Le sous-marin Novorossiïsk du projet 636.3 Varchavianka
    © Sputnik . Vasiliy Batanov
    Le sous-marin Novorossiïsk du projet 636.3 Varchavianka

    Le point fort des sous-marins du projet modernisé 636.3 Varchavianka (Improved Kilo, selon le code de l'Otan) est leur discrétion. Les experts de l’Otan ont baptisé ce sous-marin diesel-électrique polyvalent de 3e génération «trou noir».

    Les six sous-marins russes de cette classe ont été construits à des rythmes accélérés – l’ensemble de la série a été prêt et remis à la Marine entre 2010 et 2016.

    Chaque sous-marin de cette série est équipé de 18 torpilles et de huit missiles.

    Le 31 octobre 2017, le sous-marin russe B-268 Veliki Novgorod, du projet 636.3 Varchavianka, a détruit plusieurs cibles terroristes en Syrie avec ses missiles de croisière Kalibr.

    Projet 613, le plus diversifié

    Une maquette d'un sous-marin du projet 613
    © Sputnik . Vladimir Sergeev
    Une maquette d'un sous-marin du projet 613

    L’URSS a construit 215 sous-marins diesel-électriques du projet 613 (code Otan: Whiskey), dont 43 ont plus tard été exportés. Il s’agit de la première classe de sous-marins exporté par l’Union soviétique. En plus, 21 sous-marins de ce type ont été construits en Chine à à partir des plans soviétiques et avec des composants soviétiques.

    Au total, 21 versions de ce sous-marin ont été conçues, dont des appareils dotés de missiles de croisière, équipés de générateurs électrochimiques ou destinés à mener des expériences biologiques.

    Projet 949A Anteï, le plus meurtrier

    Un sous-marin nucléaire du projet 949A Anteï
    © Sputnik . Yuri Kaver
    Un sous-marin nucléaire du projet 949A Anteï

    Mis à l’eau en 1985, le sous-marin soviétique Anteï doté de deux réacteurs nucléaires a un déplacement de 24.000 tonnes et est armé de 24 missiles de croisière du système antinavire Granit. Les sous-marins du projet 949A sont surnommés «tueurs de porte-avions». 

    Un espace de 3,5 mètres sépare les coques intérieure et extérieure de l’Anteï, ce qui augmente sa flottabilité. Les marins russes ont surnommé ce sous-marin «michette» pour sa forme spécifique – sa coque intérieure est divisée en dix compartiments. 

    Au total, l’URSS et la Russie ont mis en service onze sous-marins du projet Anteï dont le sous-marin K-141 Koursk, qui a coulé en mer de Barents le 12 août 2000.

    Ohio, armé jusqu’aux dents

    Un sous-marin américain de la classe Ohio
    CC0 / Public Domain
    Un sous-marin américain de la classe Ohio

    Les sous-marins lanceurs d’engins américains de la classe Ohio sont considérés comme les mieux armés au monde. Le dernier construit, l’USS Louisiana (SSBN-743), est entré en fonction le 6 septembre 1997.

    Chacun des 18 sous-marins est doté de 24 missiles balistiques Trident I et Trident II. Les Trident I peuvent porter jusqu’à huit ogives d’une puissance de 100 kilotonnes chacune, alors que les Trident II sont équipés de 14 ogives de ce type ou de huit ogives d’une puissance de 475 kilotonnes.

    Les sous-marins nucléaires Ohio constituent la base des forces nucléaires des États-Unis. Selon les analystes occidentaux, leurs systèmes de lancement des missiles contiennent la moitié des réserves d’armes nucléaires américaines.

    Projet 941 Akoula, le plus grand

    Sous-marin russe du projet 941 Akoula
    Sous-marin russe du projet 941 Akoula

    Long de 172,8 mètres, le sous-marin nucléaire lourd Akoula (code Otan: Typhoon) a un déplacement de 49.800 tonnes. La taille de ce sous-marin, grand comme une maison de huit étages, s’explique par les gabarits des missiles dont il est armé: vingt missiles balistiques intercontinentaux à trois étages R-39 Variant (RSM-52) d’une portée de plus de 8.300 km équipés de dix ogives mirvées à guidage individuel d’une puissance de 200 kilotonnes. 

    Les missiles R-39 à combustible solide sont deux fois plus longs et trois fois plus lourds que leurs concurrents américains Trident qui équipent les sous-marins de la classe Ohio. Chaque missile R-39 pèse 90,1 tonnes. 

    Une particularité du sous-marin est la présence de cinq coques solides dans la coque extérieure. Les constructeurs soviétiques ont été les premiers au monde à installer des missiles entre les deux coques intérieures principales du sous-marin situées l’une à côté de l’autre, comme sur un catamaran.

    Un requin grimaçant et s'enroulant autour d'un trident, qui est représenté sous la ligne de flottaison du premier submersible du projet 941, a valu le surnom d’Akoula («requin» en russe) à l’ensemble de la série. 

    A l’heure actuelle, le TK-208 Dmitri Donskoï est le seul sous-marin du projet Akoula toujours en service. Il a été modernisé pour lancer les missiles balistiques Boulava.

    Rubis, le plus compact

    Le titre des sous-marins militaires les plus compacts du monde appartient aux sous-marins d’attaque français Rubis.

    Longs de 73,6 mètres et larges de seulement 8 mètres, les six sous-marins en service en France pourraient aisément être installés sur un terrain de foot!

    Dans le même temps, ces petits submersibles ne sont pas si inoffensifs qu’on pourrait le croire. Chaque Rubis est équipé de 14 torpilles de 550 mm et peut emporter des missiles de croisière Exocet. Son réacteur nucléaire lui permet de rester en mission autonome entre 45 et 60 jours et la structure de ses compartiments rendre la vie à bord relativement confortable pour son équipage de 57 personnes.

    U-Boot de type VII, le plus utilisé

    Un sous-marin allemand de la classe U-Boot de type VII
    Un sous-marin allemand de la classe U-Boot de type VII

    Le premier sous-marin diesel-électrique allemand de la 7e classe — U-Boot Klasse VII – a été mis à l’eau en 1939. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Troisième Reich en a fabriqué 703, un record historique de production en série de sous-marins. 

    Les U-Boot de type VII ont été très performants. Le fameux U-48 a notamment réalisé sept missions d’une durée totale de 325 jours et a coulé 51 bateaux civils et un navire militaire pendant la guerre. Le 3 mai 1945, pour éviter sa capture et pour répondre aux ordres de l'amiral Karl Dönitz de l'opération Regenbogen, il a été sabordé volontairement dans la baie de Kupfermühle au large de Neustadt in Holstein.

    Trafalgar, le meilleur sonar

    HMS Tireless, sous-marin de la classe Trafalgar
    HMS Tireless, sous-marin de la classe Trafalgar

    Le sous-marin nucléaire britannique Trafalgar serait doté du meilleur sonar au monde, d’après la Royal Navy qui compte sept navires de ce type. Le submersible est armé de missiles de croisière Tomahawk et de torpilles. 

    Sous-marin britannique Artful de type Astute
    © AFP 2018 Andy Buchanan
    Son nom renvoie à la bataille de Trafalgar, qui a opposé la flotte britannique commandée par le vice-amiral Nelson à la flotte franco-espagnole sous les ordres du vice-amiral Villeneuve en 1805.

    Mis en service en 1981, les appareils de la classe Trafalgar ont été les submersibles plus rapides et les plus modernes de la Marine britannique jusqu’à l’apparition des sous-marins de la classe Astute qui devraient les remplacer d'ici à 2022.

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    sous-marins, USS Trafalgar, U-Boot de type VII, Rubis (sous-marin), USS Ohio, projet 613 (sous-marins), sous-marin projet 949A Anteï, projet 705 Lira, Projet 941 Akoula, K-278 Komsomolets, projet 636 Varchavianka, K-162 (sous-marin nucléaire), IIIe Reich allemand, URSS, France, Allemagne, États-Unis, Russie
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