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Des experts militaires et politiques ont expliqué dans un entretien accordé au journal Türkiye pourquoi les États-Unis cherchaient à empêcher la conclusion d'un accord entre la Russie et la Turquie concernant la fourniture de systèmes de défense antiaérienne S-400. Selon eux, un rapprochement éventuel entre la Russie et la Turquie dans le cadre du dossier syrien est en cause.

La livraison des systèmes de défense antiaérienne russes S-400 à la Turquie est largement critiquée par Washington puisqu’il désapprouve catégoriquement tout rapprochement entre la Russie et la Turquie dans le cadre du dossier syrien, indique dans une interview accordée au journal Türkiye un expert en matière de relations internationales, Toğrul İsmayıl. D’autre part, poursuit-il, la Maison-Blanche refuse de vendre son système Patriot à Ankara, son allié au sein de l’Otan.

D’après M. İsmayıl, le refus éventuel de la Turquie d’importer les systèmes de défense antiaérienne russes porterait non seulement un coup dur à la défense du pays, mais causerait également de graves dommages à son image car cette décision serait alors considérée comme une conséquence directe de la pression américaine.

L'expert en sécurité Mithat Ysyk a de son côté indiqué que le S-400 était l'un des meilleurs systèmes de défense antiaérienne au monde et que la Turquie en avait donc besoin. Il a ajouté que les positions d'Ankara et de Washington au Proche-Orient et dans l'est de la Méditerranée ne coïncidaient pas. Par conséquent, les alliés des États-Unis ne sont pas en faveur d’un renforcement aussi important de la capacité de défense turque.

Le professeur Bilal Sambur a également souligné que les États-Unis n'étaient pas satisfaits par le renforcement des liens entre la Russie et la Turquie. De l’autre côté de l’Atlantique, le contrat S-400 est considéré comme une question de survie, car l’acquisition de cette technologie par la Turquie saperait le monopole américain sur la fourniture d’armes aux membres de l’Otan. Dans ce cas, d'autres pays de l'Alliance de l'Atlantique Nord pourraient essayer de remplacer les contrats américains par d’autres conclus avec la Chine, l’Inde ou la Russie.

Fin 2017, Ankara a signé avec Moscou un contrat estimé à plus de 2,1 milliards d'euros pour la livraison de S-400, prévue en juillet 2019. Selon le ministre turc de la Défense nationale, Hulusi Akar, Ankara commencera à déployer les S-400 sur son territoire en octobre prochain.

Washington a prévenu la Turquie que le contrat conclu avec Moscou pourrait remettre en cause l'achat d'avions de chasse furtifs F-35 à Lockheed Martin. Pourtant, Recep Tayyip Erdogan a promis que son pays ne reviendrait pas sur sa décision d'acheter des S-400.

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Tags:
États-Unis, Turquie, Russie, S-400
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