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    LES ETATS-UNIS ATTRIBUENT LEURS ECHECS AUX VIEILLES ARMES RUSSES

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    MOSCOU, 24 mars (de notre commentateur militaire Viktor Litovkine). Les échecs essuyés par l'armée américaine dans la "guerre éclair" suscitent le mécontentement à Washington. La Maison Blanche cherche les causes de ses revers stratégiques et tactiques non pas dans les erreurs commises lors de la préparation de l'opération "de choc et d'effroi", non pas dans la sous-estimation politique et militaire des possibilités de Bagdad, mais dans des circonstances de deuxième et de troisième ordre qui deviennent soudain, sur le plan propagandiste, les plus importantes et s'avancent presqu'au premier plan.

    Les armes russes dont sont équipées les unités irakiennes sont devenues l'une de ces circonstances. A la fin de la semaine dernière, l'ambassadeur de Russie à Washington Youri Ouchakov a été convoqué au Département d'Etat américain où on lui a remis une note de protestation. Comme l'affirme ce document, l'année dernière les compagnies privées russes auraient vendu à l'Irak des fusées et des obus antichars, des appareils de vision nocturne et du matériel électronique employé pour produire des brouillages capables de dévier les avions américains de leur cap, des missiles de croisière et des missiles autoguidés. Toutes ces transactions auraient été conclues en violation des sanctions de l'ONU, selon la note.

    "Ce matériel peut représenter une menace directe pour les forces armées de la coalition, lit-on dans la note de protestation. La Russie a la dernière chance de cesser ces fournitures". Sinon, Washington sera contraint de prendre des mesures adéquates.

    Bien que, comme l'affirment les agences d'information, la note ne cite pas directement les entreprises d'armement russes qui violent les sanctions de l'ONU, leurs noms sont évoqués par le "Washington Post" américain et le "Financial Times" britannique: ce sont le "Bureau d'études de la construction d'appareils" de Toula et la compagnie "Aviakonversia".

    "Aviakonversia" met au point et fabrique des stations de brouillage destinées à neutraliser les récepteurs des systèmes de navigation par satellite que les Américains emploient pour guider les missiles de croisière et d'autres armes de précision. Le directeur de la compagnie Oleg Antonov a déclaré, dans une interview à RIA-Novosti, que "Aviakonversia" n'avait pas fourni des équipements à l'Irak", que "les Irakiens pouvaient créer eux-mêmes ces appareils ou les acheter à des pays tiers".

    La capacité des Irakiens d'assembler eux-mêmes les équipements de ce genre a été confirmée au commentateur de RIA-Novosti par l'Agence aérospatiale russe et par l'Agence russe des systèmes de direction, à laquelle se rapportent les entreprises produisant les systèmes de lutte radioélectronique.

    En ce qui concerne le Bureau d'études de la construction d'appareils à Toula, effectivement, il fournit sur les marchés mondiaux des armements les engins guidés antichars (PTOURS) ou, comme on les appelle ces derniers temps, les fusées téléguidées antichars (PTOUR), dont les plus connus sont "Chmel", "Fagot", "Konkours", "Metis", "Kornet" et leurs modifications, l'engin guidé antichar supersonique "Vikhr" pour hélicoptères. Ces engins sont guidés par un faisceau radioélectrique, un laser ou par un rayon infra-rouge. Ils sont capables de perforer le blindage d'une épaisseur d'un mètre muni de la protection dynamique à la distance d'environ 4 km (le jour) et de 3,5 km (la nuit).

    Le Bureau d'études fabrique également des pièces d'artillerie à roquettes de DCA "Pantsyr-C1", des canons à tir rapide installés à bord des navires et capables de couper en deux en quelques minutes, par exemple, une vedette porte-fusées. Il produit également des tourelles pour le véhicule blindé de transport BMP-3, des obus d'artillerie pointés au laser "Krasnopol" du calibre otanien de 155 mm et de magnifiques armes d'infanterie: des pistolets, des pistolets-mitrailleurs, des mitraillettes, des mitrailleuses, des mitraillettes à lunette avec silencieux et des fusils à lunette de grand calibre.

    Les constructeurs de Toula vendent leurs armes aux Emirats Arabes Unis, à la Jordanie, à la Syrie, à l'Inde et à d'autres pays. Le Bureau d'études figure parmi les entreprises russes autorisées à exporter leurs produits sans intermédiaires, y compris "Rosoboronexport".

    L'académicien Vassili Griazev, Constructeur général adjoint du Bureau d'études, a fait remarquer, dans une interview à RIA-Novosti, que "les reproches adressées par les Etats-Unis à notre entreprise d'avoir violé les sanctions de l'ONU étaient, pour le moins, malhonnêtes. Il s'agit d'une tentative malveillante, pour ne pas dire plus, d'évincer des marchés mondiaux des armements un concurrent prestigieux, dont les armes sont, à bien des égards, bien plus efficaces que celles proposées par des entreprises américaines".

    Qui plus est, a déclaré Vassili Griazev, "le Bureau d'études est une entreprise d'Etat, et non pas privée. Tous nos contrats conclus avec l'étranger passent une expertise minutieuse dans diverses instances, aucune pièce de matériel de guerre, aucune arme ne sont envoyées à l'étranger sans autorisation du gouvernement, du Comité pour la coopération technico-militaire avec les pays étrangers auprès du ministère de la Défense et d'autres organisations. Nous n'avons pas violé et nous ne violons pas les sanctions de l'ONU. Même si nous le voulions, nous ne pourrions pas les violer, car cela ne serait pas avantageux pour nous".

    Les prétentions américaines adressées au Bureau d'études et à d'autres sociétés russes d'armement traduisent le désir des Américains de justifier leurs lourdes pertes inattendues en hommes et en matériel de guerre en disant qu'ils ont affaire aux armes russes, a fait remarquer le Constructeur général adjoint. Pour nous c'est de la publicité, surtout en tenant compte du fait que l'Irak emploie des armes assez vieilles, datant de l'époque soviétique, car il n'y a pas eu de fournitures d'armes depuis dix ans.

    D'après les données du recueil prestigieux "The Military Balance" de 2002-2003 édité par l'Institut d'études stratégiques de Londres, l'armée irakienne est dotée, effectivement, du matériel de guerre assez vieux de fabrication soviétique: les chars T-55, T-62 et T-72 (en ce qui concerne ces derniers, il y en a environ 700), 1200 véhicules blindés de transport BMP-1, 122 obusiers D-30, les canons automoteurs "Gvozdika" et "Akatsia" (environ 200), quelques centaines d'engins guidés antichars, parmi lesquels il y a des échantillons non seulement russes, mais aussi occidentaux, notamment l'engin guidé antichar "Milan". Si les troupes américaines essuient des pertes ayant affaire à ces armes, cela ne témoigne, selon les experts militaires, que de la préparation insuffisante de leur offensive contre Bagdad. Elles ont sous-estimé leur adversaire et sa capacité d'opposer la résistance.

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