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    Achkhabad n'admettra plus d'intermédiaires pour l'achat de son gaz (médias)

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    Le Turkménistan a sorti un nouveau joker dans les négociations avec Gazprom. Suite à l'Ukraine, il a décidé de rayer les intermédiaires de ses nouveaux contrats gaziers, lit-on lundi dans les quotidiens Gazeta et Vedomosti.

    MOSCOU, 19 octobre - RIA Novosti. Le Turkménistan a sorti un nouveau joker dans les négociations avec Gazprom. Suite à l'Ukraine, il a décidé de rayer les intermédiaires de ses nouveaux contrats gaziers, lit-on lundi dans les quotidiens Gazeta et Vedomosti.

    "Nous avons l'intention de prévoir les conditions où l'acheteur de gaz n'a pas le droit de le réexporter", a déclaré vendredi le vice-premier ministre Baïmourad Khodjamoukhamedov. Ces innovations concerneront avant tout la Chine et l'Iran, fait remarquer le fonctionnaire turkmène. Selon lui, avant la fin de cette année, deux nouveaux gazoducs fonctionneront sur ces itinéraires.

    En ce moment, Gazprom est un acheteur exclusif de gaz turkmène (son contrat prévoit l'achat d'environ 50 milliards de m3 par an avec la possibilité de porter ce chiffre à 70-80 milliards de m3).

    "L'interdiction de la réexportation annoncée par le Turkménistan pourrait affecter, semble-t-il, les contrats conclus entre Gazprom et l'Ukraine", indique l'analyste de la société d'investissement Solid Denis Borissov. En effet, de jure, l'Ukraine est considérée comme le consommateur final de la majeure partie du combustible acheté au Turkménistan. 42 milliards de m3 de gaz sont revendus à Kiev, les autres volumes (8 à 10 milliards de m3) sont exportés vers les pays d'Europe de l'Est. Cependant, tout le gaz centrasiatique est utilisé, en fait, dans le Sud de la Russie, il est consommé pour assurer le fonctionnement des stations de compression, fait remarquer Denis Borissov. Le combustible provenant de la région de la Caspienne se distingue par une haute teneur en additions sulfureuses, c'est pourquoi son transport par les tubes à haute pression à destination de l'Europe n'est pas pratiqué. "Par conséquent, l'introduction par Achkhabad (capitale du Turkménistan) de l'interdiction de la réexportation de gaz n'influera nullement sur l'état réel de choses", estime Denis Borissov.

    Mais l'initiative du Turkménistan peut se répercuter négativement sur la comptabilité de Gazprom, estime Dmitri Lioutiaguine de la société d'investissement Veles Kapital. Juridiquement, ce combustible passe par le territoire du pays en tant que transit international et il est exempté de taxe douanière. Mais, en exportant le gaz russe, Gazprom doit verser au budget 30% du coût du combustible, explique l'expert.

    Pour le Turkménistan, c'est une excellente position aux négociations, estime le directeur d'East Eropean Gas Analysis Mikhaïl Kortchemkine. Ce pays veut obtenir, au maximum, le droit au transit par le territoire de la Russie directement vers l'Europe et, au minimum, vendre du gaz à un prix élevé à Gazprom. Il est peu probable que ce transit soit autorisé par la Russie, par contre, Gazprom peut accepter la deuxième variante, fait-il observer.

    Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

     

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