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    Moscou, Kiev et la question gazière

    Moscou, Kiev et la question gazière

    Photo: RIA Novosti
    Economie
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    La Russie et l’Ukraine signeront de nouveaux accords. La réunion du Comité de la collaboration économique présidé par les Premiers ministres Vladimir Poutine et Nikolaï Azarov, aura lieu mercredi à Kiev.

    La Russie et l’Ukraine signeront de nouveaux accords. La réunion du Comité de la collaboration économique présidé par les Premiers ministres Vladimir Poutine et Nikolaï Azarov, aura lieu mercredi à Kiev.

    Les analystes interrogés par la « Voix de la Russie » s’accordent à dire que cette réunion sera principalement consacrée à la création d’une entreprise commune entre « Gazprom » et « Naftogaz », ainsi qu’aux perspectives du réseau gazier ukrainien et aux prix du gaz.

    En été le Premier ministre Poutine a déjà fait comprendre que la Russie avait fait toutes les concessions possibles et que le prix du gaz vendu à l’Ukraine était sensiblement inférieur à celui européen. Kiev espère pourtant avoir de nouvelles remises.

    La question de la création d’une entreprise commune entre « Gazprom » et « Naftogaz » est discutée pendant les six derniers mois, les parties n’arrivant pas à trouver un compromis. C’est le réseau gazier ukrainien qui est en jeu : son absorption par « Gazprom » est très redoutée par Kiev. Les années du gouvernement orange ont forgé chez les Ukrainiens un regard particulier sur leur réseau gazier, a souligné dans l’interview à la « Voix de la Russie » le directeur du Centre de la conjoncture politique Konstantin Simonov :

    « D’une part, les Ukrainiens se croient vivre dans un grand pays, et d’autre part, ils estiment que s’ils lâchent leur réseau, tout le pays s’effondra. Il en découle que le grand pays se tienne exclusivement à un seul tuyau gazier ? Qu’il suffit d’enlever ce tuyau pour que la grande Ukraine cesse d’exister ? Ce paradoxe très profond est dans les têtes ukrainiennes ».

    La modernisation du réseau gazier ukrainien est en relation directe avec la construction du « South Stream ». Moscou avait répété à maintes reprises que parallèlement au « North Stream » ce projet permettrait de garantir les livraisons régulières du gaz aux consommateurs européens. Quant à Kiev, il propose de façon de plus en plus insistante d’utiliser la branche sud de son réseau gazier en assurant que cette option reviendra beaucoup moins chère. La modernisation de cette partie du réseau gazier coûtera 1,5 milliards d’euros alors que le « South Stream » coûte 25 milliards. Kiev devra plutôt prendre conscience de ce que l’Ukraine perdra lorsque le « South Stream » sera mis en service, estime Konstantin Simonov :

    « Si le « South Stream » est achevé, la puissance totale du « North Stream » et du « South Stream » permettra de ne plus faire recours à l’Ukraine en tant que pays de transit. Cela signifie que l’Ukraine perdra à peu près 3 milliards de dollars par an de paiements de transits, n’aura pas d’argent pour les travaux sur son réseau gazier, son tuyau se transformera un tas de ferraille et la population consommera le gaz dont le prix se rapprochera de celui européen ».

    Afin d’éviter tous ces problèmes et sauver son réseau gazier Kiev se décidera probablement à collaborer plus activement avec « Gazprom ». Voici ce que dit le politologue Evgueny Minchenko :

    « Il y a plusieurs moments importants pour l’Ukraine. L’un d’eux c’est garantir le travail du réseau gazier ukrainien. Je crois qu’il n’y a pas de solutions rapides. Mais cette entreprise commune pourrait voir le jour d’ici un ou deux ans ».

    D’autre part, les analystes font remarquer que la question gazière n’est le seul sujet de discussion de cette rencontre. Des accords concernant la création des entreprises communes dans l’aéronautique et le nucléaire, seront probablement signés. Nikolaï Azarov et Vladimir Poutine se sont auparavant mis d’accord sur la collaboration entre la « Compagnie aéronautique unifiée » russe et Antonov, bureau d'études et de construction aéronautique ukrainien. Début septembre, on a su que les deux pays travaillaient sur la création d’une entreprise commune dans le domaine de l’enrichissement de l’uranium.   

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