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    La Grèce, est-elle de facto le protectorat de Bruxelles et du FMI ?

    La Grèce, est-elle de facto le protectorat de Bruxelles et du FMI ?

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    Le parlement grec a adopté l'ultimatum de « la troïka »– La Banque Centrale Européenne, le FMI, la Commission européenne. Les conditions de la nouvelle convention de crédit ne sont pas simplement draconiennes, mais aussi un peu humiliantes pour un pays souverain. Les calculs pragmatiques ont montré : le défaut de paiement grec coûtera à la zone euro plus cher que les crédits de plusieurs milliards. Notre commentateur Sergei Gouk poursuit ce sujet.

    L'hebdomadaire allemand Zeit constatait avec regret : Athènes devient, de facto,  le protectorat  de Bruxelles et  du  FMI. « La troïka » justifie les conditions dictatoriales de l’octroi du crédit par le mauvais état  financier du pays et l'activité insuffisante de ses dirigeants  dans la tenue des réformes. Seulement,  la chute de la Grèce renforcée après  le début de la crise de 2009, se passait sous les yeux perspicaces  des observateurs de cette même Commission  européenne, de la Banque centrale Européenne  et  du  FMI...

    Ils connaissaient parfaitement  les tours du gouvernement avec  les  « corrections » des données budgétaires.  Ils ne pouvaient pas ignorer qu’Athènes continuait à prendre  toujours  plus  de crédits bon marché de la Banque centrale Européenne, sans se soucier de leur  retour. Ils  l’ont enfin remarqué  quand, en 2010,  la Grèce a été incapable de servir ses reconnaissances de dette extérieures. Vers ce moment-là,  « la tumeur » de dette a gonflé jusqu'à  plus de cent pour-cent du PIB,  et  deux ans après,   les obligations  dépassaient  déjà 160 pour-cent du PIB.

    Aujourd'hui, on  prescrit  au pays de faire marche arrière.   La recette  de l'assainissement de l'économie est vieille, comme le monde :  des mesures  draconiennes d’austérité, économiser sur tout.  Le gouvernement est content, mais  il faut chercher  les investisseurs, prêts  à  placer   leur argent  dans  une économie instable. La dette a été corrigée  jusqu'à 19 milliards. C’est  une stratégie fausse, trouvent plusieurs experts, dont le milliardaire George Soros.   L’économie toute seule ne ranimera  pas la conjoncture,   des injections monétaires  sont nécessaires. D’autres, comme notre expert Iakov Mirkine, le directeur de l'Institut des marchés financiers de l'Académie des Finances, trouvent  que les mesures prescrites ressemblent  plutôt  à un  traitement obligatoire  infligé au malade.

    On demande beaucoup à  la Grèce. Et tout cela   devrait conduire à la réduction de l'activité économique. (Mais) il y a toutes les conditions pour un nouveau départ. La Grèce,  dans le cadre du marché commun,   est un objectif attrayant pour les  investissements   et la réalisation  des divers projets de l’UE. D'une part, les mesures rigoureuses de l'économie   à court terme réduisent l'activité d'affaires.  Mais d'autre part, puisque la Grèce possède  un  potentiel immense du développement, des conditions naturelles exclusives, cela donne la possibilité de quitter l’économie  parallèle  pour  l'économie officielle. On peut  recevoir plus d’impôts.   Et  c’est aussi valable pour cette pluie dorée  des investissements – non en forme de l’effacement  des dettes,  mais  bien  en forme d’investissements – qui pourraient se répandre sur elle.

    Pour toute cela, il faudra   un  temps considérable,  de  la patience,  et pour plusieurs  personnes   –  aussi  la  résistance aux privations.  Déjà,   la pression dans « la chaudière grecque » est proche du niveau  critique.  Presque 70 années après la guerre, constate Zeit, l'Allemagne est perçue de nouveau comme  une  puissance hostile. Se font entendre des appels  à en  finir avec le cours étranger dicté par Bruxelles et Berlin. Un incendie risque  de  survenir…

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