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    Le pronostic est « accablant »

    Le pronostic est « accablant »

    Photo : EPA
    Economie
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    L’agence internationale Moody’s a abaissé la note à long terme de l’Union Européenne de « stable » à « négative », en la maintenant toutefois pour le moment à son niveau le plus élevé « triple A ». De l’avis des analystes de l’agence, la note a revue à la baisse, avant tout, à cause des principaux sponsors du budget de l’UE – Allemagne, France et même Grande-Bretagne.

    En juillet a été déjà revue à la baise la note durable de la RFA, ainsi que celle préalable de Fonds européen de stabilité financière. Sans parler de la baisse des notes souveraines de l’Espagne, de l’Italie, et enfin de la Grèce. La décision touchant l’UE dans ce contexte était parfaitement logique.

    « La baisse de la note est, d’un côté, une mesure tardive, et de l’autre – une réaction absolument normale aux événements que nous observons dans la zone euro », dit Nikita Kritchevski, professeur, docteur en économie.

    « Quand Moody’s abaissait la note de l’UE, elle avait l’air de découvrir l’Amérique. Seuls des petits aux écoles maternelles ne sont peut-être pas au courant des énormes problèmes financiers rencontrés par les pays de la zone euro, et en somme de l’UE. Pour tous les autres, c’est une banalité, qui ne constitue aucune nouvelle. Les marchés avaient depuis longtemps réagi aux prévisions négatives touchant l’UE. Et donc, la baisse de la note de l’UE par l’agence Moody’s ne va entraîner aucune conséquence négative d’ampleur ».

    D’autant que les agences n’opèrent pour le moment que de prévisions, ce qui signifie le suivi et une possible révision de la note d’ici à quelques mois, ce qui va se répercuter directement sur le coût des emprunts pour les pays et en général pour le budget de l’UE. Et même s’il n’y a là encore rien de catastrophique, les récentes décisions des agences de notation sont de plus en plus soupçonnées de leur caractère engagé.

    L’économiste allemand connu, le professeur Max Otte va, lui, jusqu’à accuser les agences d’avoir en partie provoqué la crise en Europe. L’analyste en chef de la banque de Brême Folker Hellmeyer y entrevoit également des manigances des agences de notation américaines, qui exagèrent à extrême les proportions de la crise.

    Mikhaïl Déliaguine, directeur de l’Institut des problèmes de la globalisation, est d’accord qu’on ne peut pas exclure un dessein.

    « La situation économique du sud de l’Europe est en effet mauvaise, et cela est l’un des points douloureux du monde contemporain. Mais pas plus. Il est devenu clair depuis longtemps que ces agences étaient un instrument dans la lutte concurrentielle. Un certain élément de partialité existe sûrement ».

    Néanmoins, la réaction aux récentes décisions touchant les structures supranationales – le budget de l’UE et le Fonds de stabilité financière doit montrer le degré de cohésion des pays. Si les leaders, avant tout, de l’Allemagne, ne verront rien de grave pour eux personnellement dans ces signaux, alors la politique de pression sur leurs voisins moins chanceux sera plutôt poursuivie. Or il paraît que le moment est venu de percevoir de tels signaux au regard de l’avenir de l’union des communautés européennes, dans le cas où cet avenir figure encore dans leurs plans. /L

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