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    Des migrants font la queue afin de franchir la frontière austro-allemande. Novembre 2015.

    Les réfugiés, un investissement bénéfique pour les pays riches de l’UE?

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    Crise migratoire (printemps 2016) (38)
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    Une étude citée jeudi par le site internet de la Fondation EurActiv révèle que les migrants sont susceptibles de procurer à l'avenir d'importants avantages économiques aux pays riches de l'UE.

    Le document n'analyse cependant pas l'impact de la migration sur le développement économique des pays européens pauvres.

    Le 18 mai, la Fondation Tent et le Open Political Economy Network (OPEN) ont publié un rapport dans lequel ils analysent la contribution que les réfugiés pourraient apporter à l'économie européenne en tant que travailleurs, entrepreneurs, innovateurs, contribuables, consommateurs et investisseurs. Selon l'auteur du rapport, Philippe Legrain, il s'agit de la première étude internationale complète consacrée à ce thème. Elle s'appuie sur les estimations du Fonds monétaire internationale (FMI) concernant l'influence des demandeurs d'asile et des réfugiés sur la situation économique dans l'UE.

    "Les réfugiés sont souvent perçus comme un fardeau que l'on se partage ou que l'on esquive, alors qu'en réalité, ils représentent une véritable opportunité qu'il faudrait accueillir", explique Philippe Legrain, fondateur d'OPEN et chercheur émérite à l'Institut européen de la London School of Economics, cité par EurActiv.

    L'auteur du rapport analyse la situation dans les pays européens les plus riches tels que l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la France, l'Italie, la Suède, et le Royaume-Uni.

    "Accueillir des réfugiés n'est pas seulement une obligation juridique et humanitaire, mais aussi un investissement qui pourrait avoir des retombées économiques importantes", affirme M. Legrain.

    Le FMI estime que les dépenses publiques consenties en Europe pour accueillir et intégrer les réfugiées et les demandeurs d'asile passeront de 0,08% du PIB en 2014 à 0,19% du PIB en 2016. Selon le rapport, l'UE reçoit principalement des demandeurs d'asile et dépense jusqu'à 12.000 euros par individu durant la première année de son séjour en Europe.

    D'après Philippe Legrain, une fois que les réfugiés commencent à travailler, cet investissement peut rapporter des dividendes sept fois plus importants. Certains réfugiés acceptent des emplois difficiles, dangereux ou ennuyeux qui sont généralement refusés par les natifs, tels le nettoyage des bureaux ou les soins aux personnes âgées, "ce qui permet aux citoyens du pays de prétendre à des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés", constate l'auteur du rapport.

    Selon lui, la migration contribue sensiblement à améliorer la situation démographique dans les pays d'accueil.

    A titre d'exemple, l'auteur cite l'Allemagne, où la situation démographique est particulièrement alarmante.

    "Sans migration, la population active de ce pays diminuerait d'un sixième d'ici 2030 (de 8,7 millions de personnes), alors que le nombre de personnes âgées augmenterait de plus d'un quart (de 4,7 millions de personnes). Au total, la population du pays diminuerait de 5 millions d'habitants. L'Allemagne n'aurait donc plus que deux personnes actives pour une personne à la retraite", constate le rapport.

    Cela signifie donc que les décideurs politiques doivent cesser de considérer les réfugiés comme un fardeau et voir en eux un futur moteur de développement économique.

    Pour rendre l'intégration des migrants plus efficace, le rapport recommande de placer les réfugiés dans les régions où il y a du travail et non pas dans celles où les loyers sont les moins chers. Les pays accueillant des migrants doivent en outre appliquer vigoureusement les lois anti-discrimination. Ils doivent enfin ouvrir leur marché du travail aux nouveaux arrivants et leur faciliter la recherche d'emplois.

    "Les pays qui accueillent des réfugiés aujourd'hui y gagneront beaucoup à l'avenir. Les décideurs politiques doivent reconnaître le talent, l'énergie et le dévouement remarquables de ces nombreuses personnes qui fuient la guerre et la violence, et savoir apprécier le travailleur, contribuable, entrepreneur, et innovateur qu'ils deviendront un jour", a déclaré Peter Sutherland, représentant spécial de l'Onu pour la migration et le développement international, cité par EurActiv.

    Dossier:
    Crise migratoire (printemps 2016) (38)

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    Tags:
    migration, investissements, économie, réfugiés, EurActiv, ONU, Fonds monétaire international (FMI), Philippe Legrain, Danemark, Suède, Royaume-Uni, Italie, Autriche, Europe, France, Allemagne
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