Ecoutez Radio Sputnik
    Bitcoin

    Et si le bitcoin entraînait une nouvelle Grande dépression?

    © AP Photo/ Eric Gay
    Economie
    URL courte
    Irina Tarassova
    10143

    Et si j'achetais du bitcoin? De plus en plus souvent on se pose cette question en examinant la hausse spectaculaire des monnaies virtuelles. Pourtant, cet excès d'optimisme et de confiance en l’avenir côtoie le manque de transparence et d'informations à ce sujet, le bitcoin menaçant de se transformer en bulle. Alors, à quoi faudrait-il s’attendre?

    Ces derniers jours le bitcoin, la plus célèbre monnaie virtuelle, poursuit sa folle ascension en battant un record historique sur l'autre. Le monde connaît déjà ses premiers milliardaires en bitcoins: les frères Winklevoss, Tyler et Cameron, qui ont fait fortune grâce à cette monnaie. Pourtant, cette monnaie cryptographique n'est régie ni par une banque centrale ni par un gouvernement mais par une vaste communauté d'internautes et est acceptée dans un nombre grandissant de transactions (restaurants, immobilier, etc.).

    Provoquant de nombreuses critiques, notamment de la part des institutions financières telles que les banques ou des gouvernements qui ne peuvent la contrôler, les crypto-monnaies suscitent de plus en plus d'intérêt parmi ceux qui veulent obtenir par tous les moyens la prospérité économique et sociale.

    Alors, qu'est-ce que la monnaie virtuelle et à quoi faut-il s'attendre en essayant de s'enrichir de cette manière?

    Et s'il s'agit d'une bulle?

    Une bulle financière peut se définir comme une hausse artificielle des cours due à la spéculation. Selon le site Infinance, on parle de «bulle» lorsque la hausse des prix se nourrit d'elle-même: la hausse initiale d'un cours attire de nouveaux investisseurs qui anticipent de hausses futures. Une bulle financière est une hausse «irraisonnée» et déconnectée de l'état de l'économie réelle. C'est pourquoi elle est généralement suivie d'un retournement des anticipations et d'une chute brutale des prix.

    Selon plusieurs experts, le bitcoin qui est passé de 1.000 à 12.000 dollars entre janvier et décembre, aura le même parcours.

    Selon Mick McCarthy, chef de la stratégie marchés chez CMC Markets, «nous sommes dans une bulle et l'une des caractéristiques d'une bulle est qu'il n'y a aucun moyen de savoir quand elle va éclater».

    Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase, a aussi estimé que le bitcoin «va imploser» parce qu'il est une «escroquerie».

    Le banquier le plus influent de Wall Street est allé jusqu'à avertir ses traders que ceux qui spéculeraient sur le bitcoin seraient licenciés.

    «Je les licencierais à la seconde. Pour deux raisons: c'est contre les règles et ils sont stupides, et les deux sont dangereux», a prévenu Jamie Dimon, soutenu par Ray Dalio, le fondateur du puissant fonds Bridgewater associates pour qui le bitcoin est une «bulle».

    Il a toutefois reconnu que la blockchain, «chaîne de blocs», une technologie derrière le bitcoin, était, elle, utile mais que ses usages dans le quotidien allaient prendre du temps. «Ça ne se fera pas du jour au lendemain», a-t-il affirmé.

    Les échos d'une nouvelle Grande dépression

    Le prix Nobel en sciences économiques Robert Shiller estime également que le bitcoin attire ceux qui voudraient tromper le système, indique le CCN. Pourtant le professeur d'économie de l'Université Yale compare la situation actuelle avec le marché boursier dans les années 1920, qui avait déclenché la plus importante crise économique du 20e siècle.

    Le lauréat du prix Nobel a noté qu'il ne savait pas où les cotations de bitcoin s'arrêteraient, mais selon lui, «on atteindra finalement l'année 1929», début de la Grande Dépression.

    Néanmoins, selon Robert Shiller, quand bien même la monnaie cryptographique s'effondrerait, «elle ne disparaîtra pas, elle baissera tout simplement».

    Un actif financier comme les autres

    Alors que le magazine The Economist est certain depuis l'an 2011 que le bitcoin est une bulle sur le point d'éclater, pour ses défenseurs, le bitcoin offre une alternative sécurisée aux devises traditionnelles: le blockchain rend les transactions infalsifiables car, afin de modifier une information, il faudrait la changer simultanément chez tous les utilisateurs.

    Cette caractéristique intéresse fortement le secteur bancaire, où le blockchain pourrait ouvrir de nouveaux horizons, simplifier les transactions dématérialisées et générer des économies.

    À Wall Street, la banque d'affaires Goldman Sachs envisage également de spéculer dessus pour le compte de ses clients, avait indiqué à l'AFP début octobre une source proche du dossier.

    Pour Jeff Currie, responsable à Goldman Sachs de la recherche sur les matières premières, le bitcoin est aussi à ranger dans la même catégorie que l'or.

    «Si vous donnez au bitcoin quelques décennies pour grandir et qu'il devient aussi important que l'or, alors sa volatilité va s'amoindrir», a-t-il noté sur la chaîne Bloomberg Television.

    La monnaie virtuelle comme salut de l'économie

    La peur de se confronter à une bulle n'empêche pas à certains états de créer sa propre monnaie virtuelle. Ainsi, le Président vénézuélien Nicolas Maduro annoncé la création du «Petro», une monnaie virtuelle soutenue par les réserves naturelles de gaz, d'or, de diamants, mais surtout de pétrole du pays pour lutter contre le blocus financier des États-Unis.

    «Cela nous permettra d'avancer vers de nouvelles formes de financement international pour le développement économique et social du pays», a déclaré M. Maduro lors de son émission télévisée hebdomadaire.

    Le gouvernement a également annoncé la création d'un «observatoire de la blockchain, une plateforme d'échanges de cryptomonnaie.

    Lire aussi:

    Record après record: le bitcoin dépasse la barre des 10.000 dollars
    Le Bitcoin, un «don de Dieu» pour aider l’humanité à corriger ses erreurs?
    Le patron de JPMorgan qualifie le bitcoin d'«escroquerie»
    Tags:
    blockchain, crypto-monnaie, Bitcoin, Wall Street, Goldman Sachs Group Inc, frères Winklevoss, Nicolas Maduro, Venezuela, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik