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    20 ans de monnaie unique dans l’UE: «L’euro, tel qu’il est aujourd’hui, n’est pas stable»

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    Cette année 2019 marque le 20e anniversaire de la naissance de l’euro, la monnaie unique de 19 pays de l’Union européenne. L’un d’eux, le Portugal, a fait partie dès le début de ce projet. Trois analystes portugais dressent un bilan de l’adhésion de leur pays à la zone euro dans un entretien accordé à Sputnik.

    Au moment de son passage à l'euro en 1999, le Portugal avait une croissance économique stable, a rappelé à Sputnik l'économiste portugais Alexandre Abreu.

    «Pendant cette période, le chômage au Portugal a baissé jusqu'à 4%. C'était une période de grand optimisme et de croissance économique du pays», a-t-il poursuivi.

    Et d'expliquer que le passage à l'euro aurait dû faire du Portugal un pays plus moderne, 25 ans après le rétablissement de la démocratie.

    Au début, ces attentes ont été remplies, intervient Bruno Bobone, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Portugal (CCIP).

    «Dans les années 1990, surtout pendant les premières années de cette décennie, il y avait certaines fluctuations de la croissance moyenne du PIB au Portugal, mais le pays a tiré profit de l'afflux de financement, ce qui lui a permis de maintenir la stabilité et la croissance relatives de son économie», a indiqué M.Bobone à Sputnik.

    L'introduction d'une monnaie unique dans la zone euro a permis de garantir le cours stable de cette devise, qui a débouché à son tour sur une baisse du taux d'intérêt, ce qui a facilité l'accès aux prêts, se souvient José Adelino Maltez, professeur de politologie à l'Université de Lisbonne.

    «L'économie portugaise a été l'une de celles qui ont le plus bénéficié de cet accès à des prêts», a-t-il déclaré à Sputnik.

    Et d'ajouter que le passage à l'euro était même une question de survie pour le Portugal.

    «Toujours est-il que nous n'étions pas un grand pays pour faire cavalier seul dans le contexte de la mondialisation en cours», a expliqué l'universitaire.

    Quoi qu'il en soit, ces trois experts reconnaissent qu'il se peut que le Portugal se soit hâté d'entrer dans la zone euro.

    «La faible préparation du pays à la mise en circulation d'une monnaie unique a exercé un impact négatif sur la compétitivité des prix, s'est soldée par la hausse de la dette extérieure et une stagnation de la croissance économique», a précisé M.Bobone.

    Selon M.Abreu, «l'optimisme à l'adhésion à ce projet européen ne tenait pas dûment compte des risques éventuels».

    «À part une croissance économique plus faible qu'auparavant, la dette extérieure du Portugal a augmenté à une vitesse vertigineuse depuis les deux dernières décennies. Et cela se produit alors que l'économie allemande accumule de plus en plus de fonds extérieurs. L'euro, tel qu'il est aujourd'hui, n'est pas stable parce qu'il menace les perspectives de développement des pays périphériques et, dans son état actuel, risque de s'autodétruire si rien n'est fait», a prévenu l'économiste.

    M.Maltez a retenu pour sa part que, sur le plan économique, le Portugal dépendait aujourd'hui complètement de l'état financier de l'Europe. Et M.Bobone a relevé de son côté que, selon certaines études, la croissance du PIB du Portugal aurait pu être plus importante au 21e siècle sans le passage du pays à la monnaie unique européenne.

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    prêt, financement, dette, croissance économique, chômage, PIB, monnaie unique, euro, Union européenne (UE), Sputnik, Chambre de commerce et d'industrie du Portugal (CCIP), Université de Lisbonne, José Adelino Maltez, Bruno Bobone, Alexandre Abreu, Portugal
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