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    Yamal LNG

    Le GNL russe bat des records en Europe, moment éphémère ou nouvelle tendance?

    © Sputnik . Mikhail Voskresenskiy
    Economie
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    Maria Tonkova
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    En février, la Russie a livré un volume record de gaz naturel liquéfié en Europe, détrônant ainsi le Qatar en devenant le plus grand importateur de GNL sur le marché européen. Comment expliquer cette tendance et est-elle vouée à durer? Voici ce qu’en pense un expert en gaz du Centre Énergie de Skolkovo interrogé par Sputnik.

    L'entreprise russe Novatek a livré en février dernier 1.41 million de tonnes de gaz naturel liquéfié en Europe, selon les données de Refinitiv Eikon citées par Reuters. La Russie a ainsi dépassé le Qatar en tant que plus grand importateur de GNL sur le marché européen.

    Ce gaz provient de Yamal LNG, un projet lancé en décembre 2017 par Novatek et dont l'un des principaux actionnaires est le français Total avec une participation de 20%.

    Selon Sergueï Kapitonov, expert en gaz au Centre Énergie de Skolkovo et interrogé par Sputnik en marge du Forum national du pétrole et du gaz qui s'est tenu à Moscou les 16 et 17 avril, cette tendance s'explique par la dynamique des prix sur les marchés du gaz européen et asiatique.

    «Tout dépendra de la conjoncture des prix […] Ces derniers temps, le prix en Europe était plus élevé, c'est pourquoi il était plus profitable d'y envoyer le gaz», a-t-il expliqué.

    En effet, les prix du GNL n'ont cessé de baisser depuis fin 2018 sur les deux marchés mais cette chute a été plus importante en Asie à cause d'un hiver assez doux et de la relance des réacteurs nucléaires au Japon. Par conséquent, le marché européen est devenu plus attractif.

    «Si cette situation perdure, le gaz russe restera [en Europe, ndlr] pendant longtemps», estime M. Kapitonov.

    Selon lui, le facteur pouvant détourner le GNL russe vers le marché asiatique sera l'entrée en vigueur début 2020 de tous les contrats à long terme entre Novatek et ses partenaires dans le cadre du projet Yamal LNG. En décembre 2017, le PDG de Novatek, Leonid Mikhelson, avait indiqué que les participants au projet étaient plus intéressés par livrer le GNL à la région Asie-Pacifique, où les prix étaient à l'époque plus élevés.

    En ce qui concerne la compétition sur le marché européen avec, notamment, le GNL américain, M. Kapitonov a indiqué que le GNL russe s'était avéré assez compétitif.

    «Novatek a l'intention d'utiliser les technologies russes dans ses nouveaux projets. L'utilisation des technologies russes pour le quatrième train de Yamal LNG permet de réduire le coût de production de 550 dollars par tonne. C'est un excellent résultat même en comparaison avec le GNL en provenance des États-Unis, où la construction des usines est avantageuse à cause de la transformation des terminaux de réception», a-t-il précisé.

    L'expert s'est également prononcé sur la coopération entre Novatek et Total, qu'il a qualifiée de «stratégique».

    «On peut dire [qu'il s'agit d'une coopération, ndlr] stratégique. Total détient 20% de Yamal LNG et un portefeuille important pour l'achat du GNL produit par Yamal LNG. Il a annoncé l'achat d'une part de 10% dans Arctic LNG 2, un nouveau projet de Novatek, avec la possibilité d'augmenter sa part jusqu'à 15%. Il s'agit d'une sorte de pont vers l'Occident», indique-t-il.

    Le premier projet Yamal LNG au-delà du cercle polaire avait été inauguré en décembre 2017. Un an plus tard, il avait atteint sa pleine capacité avec 12 mois d'avance.

    Suite à son lancement, la Russie est devenue le quatrième fournisseur de GNL en Europe après le Qatar, l'Algérie et le Nigeria, selon les statistiques du Groupe international des importateurs de GNL pour l'année 2018. Elle en a ainsi fourni 4,43 millions de tonnes contre 2,7 pour les États-Unis.

    Yamal LNG appartient au consortium international mené par le groupe russe Novatek (50,1%). Le groupe français Total y est présent à hauteur de 20%, la compagnie pétrolière chinoise CNPC à hauteur de 20% et le fonds souverain chinois Silk Road Fund à hauteur de 9,9%.

    Début mars 2019, Total a annoncé la signature d'accords définitifs avec Novatek sur sa prise de participation directe à hauteur de 10%. Le projet Arctic LNG 2 est estimé à plus de 20 milliards de dollars (17,65 milliards d'euros environ). Comme Total détient 19,4% du capital de Novatek et que ce dernier souhaite conserver 60% du projet, l'intérêt économique global du groupe français s'élèvera donc à environ 21,6%.

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    Tags:
    gaz naturel liquéfié (GNL), gaz, Novatek, Total, Leonid Mikhelson, Europe, France, Russie
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