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    Ministre russe de l’Économie: «L’état d’esprit du business français vis-à-vis de la Russie est positif»

    © Sputnik . Alexei Droujinine
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    Le 29 octobre, Maxime Orechkine, ministre russe du Développement économique, a rencontré à Paris son homologue français Bruno Le Maire, ainsi que le secrétaire général de l’OCDE, José Ángel Gurría. Sputnik dresse un état des lieux des perspectives de développement économique franco-russes et à l’international avec Maxime Orechkine.

    Une rencontre «très positive», selon Maxime Orechkine. Le ministre russe du Développement économique a échangé ce 29 octobre à Paris avec José Ángel Gurría, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et son homologue Bruno Le Maire.

    Bien que «nous n’ayons pas repris les négociations au sujet de la participation de la Russie à l’OCDE», gelées depuis le mars 2014, lors de cet «entretien approfondi», le ministre a précisé que «nos collègues de l’OCDE ont transmis à la délégation russe un document avec la liste des directions possibles de collaboration».

    «Nous sommes tombés d’accord avec nos collègues de l’OCDE pour intensifier notre travail sur certaines pistes de collaboration (qui ne se d’ailleurs sont jamais arrêtés depuis 2014), notamment sur l’intelligence artificielle et sur la taxation des services numériques. Nous continuons notre travail dans le cadre des commissions thématiques d’OCDE», informe Maxime Orechkine.

    Un autre volet de la visite du ministre consistait à rencontrer des représentants des milieux économiques français. Un axe stratégique dans la ligne de la 33e réunion du Conseil consultatif sur les investissements étrangers en Russie, le 21 octobre dernier à Moscou, qui a précisé que «le Conseil des ministres axe son attention sur l’amélioration de l’environnement des affaires en Russie et la stimulation de l’afflux d’investissements étrangers dans l’économie du pays.»

    «Des compagnies comme Total investissent des milliards de dollars dans des projets en Russie. L’état d’esprit du business français vis-à-vis de la Russie est positif. Nous avons beaucoup parlé de directions prometteuses, telles que l’économie numérique, l’écologie, le recyclage, l’efficacité énergétique», détaille Maxime Orechkine.

    Selon la dernière publication de l’OCDE, les flux mondiaux d’investissements directs à l’étranger (IDE ou FDI pour Foreign Direct Investment, en anglais) ont diminué de 20% au premier semestre de 2019 par rapport à la même période de l’année dernière, pour atteindre 572 milliards de dollars. Dans le détail, tandis qu’entre janvier et juin 2019, les investissements dans les pays de l’OCDE ont diminué de 43% et de 8% dans les pays du G20. Dans l’Union européenne, les IDE ont chuté de 62%. En revanche, les investissements directs dans les pays du G20 non membres de l’OCDE a augmenté de 21%, un indice boosté par les bonnes performances de la Russie.

    «La situation globale est telle que les compagnies ont peur d’investir dans les pays étrangers, a commenté Maxime Orechkine pour Sputnik, à cause des barrières douanières, qui cassent toutes ventes successives de produits à l’international.
    Mais on voit que la situation est différente en Russie: contrairement au monde entier, les investissements directs augmentent. La raison? La Russie n’a donné aucune occasion de douter que son économie soit ouverte et nous sommes toujours contents d’accueillir des investisseurs étrangers pour créer de la valeur ajoutée. Le gouvernement va créer des conditions pour faire croître ces investissements».

    Moscou
    © Sputnik . Максим Блинов
    Depuis plusieurs années, et à plusieurs reprises, des hommes politiques et des experts dénoncent le «déséquilibre» de 1 à 10 entre les investissements russes en France et français en Russie. Pour analyser cette tendance, le ministre propose de regarder attentivement les facteurs qui la provoquent:

    «Il s’agit d’une plus grande attractivité des projets d’investissement russes, assure Maxime Orechkine. Et si on compare l’indice de facilité à faire des affaires [Ease of doing business index, en anglais, ndlr], la France ne peut pas proposer de projets aussi intéressants que notre plateforme gazière Arctic LNG 2. Nous avons un grand nombre de possibilités d’investissement avec un taux de rendement élevé, ce qui justifie ce déséquilibre.»

    ​Lors de la rencontre avec son homologue français, Bruno Le Maire, les membres du gouvernement ont beaucoup parlé de la mise en place de la taxe sur les services numériques, dite «taxe GAFA» et de la mise en place de l’agenda du Conseil économique, financier, industriel et commercial franco-russe (CEFIC), prévu le 10 décembre à Moscou.

    «Les Français souhaitent que les rencontres dans le cadre du CEFIC soient un témoignage de leur volonté d’approfondir la coopération économique franco-russe», souligne Maxime Orechkine.

    L’une des questions à faire apparaître à l’ordre du jour du CEFIC est une «certaine réticence des banques françaises présentes sur le marché russe à changer leur opinion sur le financement des clients russes», notamment, dans le cadre de la plateforme Arctic LNG 2, un projet-phare de la compagnie russe Novatek de production de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié (GNL) dans la péninsule de Gydan (à l’est de la péninsule de Yamal). Tout en notant qu’«une telle attitude est compréhensible vis-à-vis des sanctions américaines de caractère extraterritorial», le ministre russe du Développement économique précise que

    «Bruno Le Maire a annoncé qu’il était prêt à discuter de toutes les questions, y compris dans la sphère de la finance. Forts de possibilité objective et de la bonne volonté du gouvernement français, nous sommes d’accord monter en puissance dans ces domaines.»
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