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Le secteur industriel en zone euro a enregistré son 11e mois de contraction consécutif en décembre, d’après l’enquête mensuelle d’IHS Markit. L’Allemagne, habituée à jouer les bons élèves en la matière, se trouve toujours en difficulté. En France, les industriels font également la moue. Et la situation ne devrait pas s’arranger de sitôt.

«Le secteur manufacturier de la zone euro a terminé l’année 2019 sur une note très décevante, l’enquête de décembre mettant en évidence le plus fort repli de l’activité manufacturière depuis 2012.»

Au moment d’analyser les derniers chiffres du secteur industriel de la zone euro, Chris Williamson, chef économiste de Markit, n’a pu que constater la morosité ambiante. L’indice PMI, chiffre qui mesure l’activité manufacturière, a de nouveau chuté en décembre, pour atteindre 46,3 contre 46,9 le mois précédent. Nous sommes donc loin d’atteindre les 50 nécessaires à la progression de l’activité. Tout ceci est d’autant plus grave que la chute de décembre a été violente et qu’elle constituait une 11e baisse consécutive.

«Les dernières données PMI préfigurent ainsi une baisse de la production industrielle de l’ordre de 1,5% au quatrième trimestre. Ces mauvaises performances risquant de peser fortement sur la croissance économique globale de la région», a précisé Chris Williamson.

Les mauvaises performances de l’Allemagne, pourtant réputée comme une machine industrielle à haute capacité, jouent un rôle essentiel dans la chute de l’indice PMI depuis plusieurs mois. Le sien est d’ailleurs descendu jusqu’à 43,7, «plus bas niveau des pays étudiés» comme le font remarquer nos confrères de La Tribune. «La première puissance économique de la zone euro reste plongée dans de profondes difficultés liées à une industrie exposée aux soubresauts de l’économie mondiale et aux exigences environnementales. Si le taux de chômage et l’emploi résistent au niveau global, les destructions de postes signalés par les industriels allemands pourraient avoir des répercussions sur l’économie outre-Rhin», analysent-ils.

Et ailleurs, la situation n’est pas meilleure. L’industrie italienne s’est retrouvée face à son plus fort recul depuis presque sept ans. Les chiffres sont également mauvais aux Pays-Bas... ou en France. L’hexagone fait pourtant office de bon élève en 2019 avec une croissance estimée à 1,3%, contre 1,1% en zone euro, selon les derniers chiffres de l’INSEE. Mais comme le relève La Tribune, Markit souligne que «le secteur manufacturier français a enregistré sa plus faible croissance depuis trois mois en décembre, tendance reflétant notamment un ralentissement de la hausse de la production et un retour à la baisse des nouvelles commandes.»

Du côté des motifs d’espoir, il faut noter la prochaine signature de la «phase 1» de l’accord entre Washington et Pékin, qui devrait calmer un peu la guerre commerciale que se livrent les deux premières puissances économiques du monde et qui impacte de nombreuses économies dans le globe, notamment au sein de la zone euro.

D’après Chris Williamson, le challenge sera de taille en 2020 pour la zone euro:

«Seul le sous-secteur des biens de consommation a enregistré une hausse de la demande en décembre, continuant ainsi de soutenir l’économie de la région, au bord de la récession depuis plusieurs mois. Maintenir une croissance économique malgré la sévérité de la contraction dans le secteur manufacturier représente par conséquent un défi majeur pour la zone euro à l’aube de la nouvelle année.»

Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’INSEE, estimait récemment que «sur le plan économique, la crainte d’un retournement conjoncturel global semble s’atténuer». Avant de poursuivre:

«En même temps, on peine à discerner les facteurs qui seraient susceptibles de redonner du souffle à l’économie mondiale. Il faut se contenter d’un tableau en clair-obscur, avec des facteurs de soutien monétaire et budgétaire»

 

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Tags:
zone euro, industrie, Allemagne, France
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