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Fondée en 2019, la start-up lyonnaise Carester envisage de créer une usine de recyclage des aimants permanents pour en récupérer les terres rares, métaux indispensables à la mobilité électrique. L’entreprise diminuerai ainsi la dépendance de la France vis-à-vis des importateurs asiatiques dans ce domaine stratégique.

Récupérer «un oxyde de terres rares aussi vierge qu'en sortie de mine», mais «à un prix compétitif avec le marché». C’est ainsi que Frédéric Carencotte, fondateur de Carester, décrit aux Échos l’objectif de son projet dans le cadre duquel il veut construire en France une usine de recyclage des aimants permanents.

Ces métaux, dont les gisements sont très rares en France et en Europe, sont pourtant largement utilisés dans l’industrie des voitures électriques. L’État français finance aussi ce projet afin de réduire le monopole de la Chine d’où provient la grande partie de ces métaux.

Soutenu par l'État à hauteur de 15 millions, ce projet à 58 millions euros d’investissement prévoit l’ouverture d’une usine en 2024 pour produire vers 2027 environ 320 tonnes de terres rares par an à partir de 1.000 tonnes d'aimants.

Il s’agit également d’un projet écologique car, se basant sur une grande expérience des spécialistes français et prenant en compte des technologies pratiquées en Chine, Carester veut mettre en place un procédé avec 30% de réduction de CO2 et 80% d'économies d'eau.

L’importance des terres rares

Comme l’indique le dernier rapport de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) consacré à la répartition des ressources minérales entre 2016 et 2019, la Chine avait été la source de 80% de terres rares exportées dans le monde. Les chiffres de l’USGS indiquent qu’en 2020, l’empire du Milieu a extrait 140.000 tonnes de terres rares quand ses gisements sont évalués à 44.000.000 tonnes. À titre de comparaison, le volume total de terres rares extraites dans le monde en 2020 s’élève à 240.000 tonnes.

À son tour, le rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publié en 2017 considère le recyclage de terres rares comme un des leviers pour atténuer le monopole chinois et l’impact environnemental des procédés de traitement. Le BRGM propose notamment d’extraire les terres rares des disques durs d’ordinateurs. Par exemple, sur les 500 grammes que pèse un disque dur d’ordinateur, l’aimant permanent représente 15 grammes, qui est lui-même constitué d’environ 4,5 grammes de terres rares.

Le même rapport rappelle que les aimants permanents jouent un rôle central dans l’industrie automobile où ils sont utilisés dans les systèmes de direction et de freinage. Ils sont aussi utilisés dans les batteries et moteurs des véhicules hybrides et électriques dans une fourchette allant de 1,2 à 3,5 kilos en fonction des technologies.

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Tags:
voiture électrique, métaux, Chine, France, terres rares
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