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L'affaire Mila (34)
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Bien qu’Instagram évoque une erreur, le compte de l’adolescente Mila a été suspendu après des «signalements de masse», comme l’explique elle-même celle qui est victime de harcèlement et de menaces de mort depuis ses propos sur l’islam. Les signalements seraient liés au procès de ses harceleurs qui s’est ouvert jeudi dernier.

La nouvelle apparition de Mila devant les objectifs des caméras lui aurait fait perdre l’accès à ses réseaux sociaux. Victime régulière d’agressions verbales et de menaces de mort sur les réseaux sociaux en raison de ses critiques de l'islam, elle a vu son compte Instagram suspendu ce 7 juin.

«Mon Instagram vient de se faire supprimer d'une seconde à l'autre sans aucune raison, sûrement suite à des signalements de masse. Je suis dépitée, ma communauté Instagram était tout ce qui pouvait m’égayer un peu en ces temps compliqués», a-t-elle dénoncé sur Twitter.

Explications d’Instagram

Sollicité par Le Figaro, Instagram a parlé d’une erreur.

«Le compte a été désactivé par erreur. Nous l'avons rétabli aussitôt que nous en avons eu connaissance», a déclaré le réseau social, sans mentionner de signalements de masse.

L’histoire semble se répéter. Twitter avait en effet déjà suspendu le compte de Mila mi-mars.

La Licra avait alors posté un message de soutien: «Mila poste un dessin d’enfant, se fait immédiatement conspuer et harceler. Twitter, n’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, bloque le compte de la victime sous les applaudissements fanatiques des sycophantes haineux.» L’adolescente avait été également soutenue par deux membres du gouvernement, Cédric O et Marlène Schiappa.

Mi-novembre 2020, elle avait été victime d'un «raid» numérique après avoir publié sur TikTok une vidéo dans laquelle elle s’en prenait vertement à ses détracteurs: «Et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s'il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j'les ai toujours pas sortis.»

Procès des cyberharceleurs de Mila

Des torrents de haine sous forme de messages insultants et d’appels au lynchage, c’est ce à quoi la lycéenne iséroise Mila, maintenant âgée de 18 ans, doit faire face depuis le 19 janvier 2020, jour où elle a fait un live sur Instagram. Après avoir été insultée par plusieurs internautes se réclamant de l'islam, elle a déclaré rejeter toutes les religions et qualifié cette dernière de «religion de merde», tout en ajoutant que «le coran est rempli de haine et d’incitation à la violence».

Le procès de 13 personnes, jugées à Paris pour avoir menacé de mort Mila, a été renvoyé jeudi au 21 juin, après l’examen de questions de procédure. Âgés de 18 à 30 ans et originaires de toute la France, les prévenus, pour la plupart sans antécédents judiciaires, comparaissent tous pour harcèlement en ligne. Certains sont également renvoyés pour menaces de mort et l'un d'eux pour menace de crime.

Certains avocats de prévenus ont notamment demandé l’annulation des gardes à vue de leurs clients, et in fine leur convocation devant le tribunal, les jugeant irrégulières.

La jeune femme, qui défend son droit au blasphème, vit sous protection policière. Selon son avocat Richard Malka, elle «a reçu plus de 100.000 messages haineux et de menaces de mort lui promettant de se faire ligoter, découper, écarteler, lapider, décapiter avec des images de cercueil, des photomontages de décapitation, de sa tête sanguinolente.»

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L'affaire Mila (34)

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