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Attaque au camion à Nice (120)
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Le dispositif de sécurité déployé sur la promenade des Anglais à Nice le soir de l'attentat du 14 Juillet "n'était pas sous-dimensionné", a affirmé mercredi la responsable de la "police des polices" Marie-France Moneger-Guyomarc'h, malgré toutes les questions, critiques et doutes des témoins.

Confronté à de nombreuses polémiques, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait demandé le 21 juillet un rapport à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) sur ce dispositif de sécurité qui n'avait pu empêcher Mohamed Lahouaiej Bouhlel de foncer avec un camion dans la foule, tuant 84 personnes.

Ces polémiques "sont le fruit d'une mauvaise compréhension ou une interprétation des informations peut-être pas complétement stabilisées qui ont été rapidement fournies dans un souci de transparence", affirme Mme Moneger-Guyomarc'h.

Les témoins, se trompent-ils? Questions et critiques ont abondé après l'attentat.

L'une des critiques concerne le nombre prétendument insuffisant de policiers nationaux. C’est Christian Estrosi, le président (Les Républicains) de la région Paca qui avait contesté ce fait, dénonçant un "mensonge d'Etat" dès le lendemain de l’attaque.

Cependant,  Mme Moneger-Guyomarc'h a confirmé le nombre de policiers nationaux (64) et municipaux (42) déployés pour l'occasion annoncé par la préfecture des Alpes-Maritimes, alors que des représentants de l'opposition de droite affirmaient que les autorités n'avaient pas su sécuriser les lieux. 

"Traditionnellement, la police municipale participe au défilé dans l'après-midi et les défilants sont invités à la garden party du maire. Ce sont les policiers nationaux qui assurent pendant ce temps-là les points de circulation sur le périmètre des festivités et ils sont relevés à partir de 20H30 par les policiers municipaux qui reprennent leur mission de circulation", a expliqué la patronne de la "police des polices". 

"Il était donc normal de trouver à 21H00 à l'angle de la rue Gambetta et de la Promenade des Anglais, deux policiers municipaux devant un barrage qui déviait la circulation", a-t-elle relevé, rapporte l'AFP.

La "police des polices" s'est entretenue avec des "interlocuteurs très marqués par les événements" et qui "vivent très mal les polémiques" qu'ils qualifient de " mise en cause injustifiée".

Une autre question est restée sans réponse: comment le camion du terroriste a-t-il pu circuler et rester garé le long de la promenade des Anglais, alors qu'elle était en théorie fermée à la circulation le 14 juillet. De plus, si on oublie qu'il s'agissait d'un jour férié, un arrêté municipal datant de septembre 2014 interdit également la circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes dans la ville.

La mairie s'est défendue en expliquant que dans certains cas, des camions peuvent avoir des dérogations, et qu’il est impossible d’avoir un agent qui visionne les images de chaque caméra de la ville en temps réel".

La sécurisation de l’accès à la promenade des Anglais suscite le plus grand nombre de polémiques: il n’y avait pas de barrages policiers à même de sécuriser le dispositif, et c’était la police municipale qui tenait le point de contrôle principal. 

Sur la vidéo, on voit le camion passer devant les voitures de police et accélérer. Les six policiers placés à cet endroit ont cependant participé à la neutralisation du terroriste quelques centaines de mètres plus loin.

D'après le rapport officiel qui affirme néanmoins que le dispositif de sécurité était suffisant, deux  " points" étaient prévus. Le premier au croisement du boulevard Gambetta et de la Promenades des Anglais comportait des barrières métalliques et des plots plastiques, destinés à couper l’accès aux véhicules et à dévier la circulation.

A partir de 21 heures, il était tenu par la police municipale. Un second "point de sécurisation" était situé plus haut sur la promenade des Anglais, à l’angle de la rue Meyerbeer. Il gardait l’accès de "Prom’Party", lieu des festivités.

Dimanche, la chef du service pilotant la vidéosurveillance de la police municipale de Nice, Sandra Bertin, a également affirmé avoir subi des pressions de la place Beauvau pour modifier son rapport sur ce dispositif de sécurité. Deux enquêtes préliminaires ont été ouvertes par la justice après ces accusations: l'une à Nice pour "abus d'autorité", l'autre à Paris pour "diffamation".


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barrages, camion, maire, attentat, sécurité, police, Sandra Bertin, Marie-France Monéger-Guyomarc'h, Christian Estrosi, Bernard Cazeneuve, Nice, France
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