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La primaire de la droite approche et au vu des conditions de participation, la question qui se pose est de savoir si des électeurs de gauche y participeront pour voter contre un candidat précis. Et si les organisateurs voient cette perspective d’un œil sceptique, certains électeurs de gauche n’excluent pas cette possibilité.

Dans deux mois, jour pour jour, les sympathisants de droite seront appelés à voter pour le 1er tour de la primaire de la droite et du centre. Deux conditions principales pour voter : payer 2 euros par scrutin et signer la charte d'adhésion « aux valeurs républicaines de la droite et du centre ». En théorie, il n'est donc pas impossible pour un électeur de gauche de participer au choix du candidat de la droite.

Un risque qui ne semble pas inquiéter les organisateurs. « Je pense que le nombre de gens de gauche qui vont se déplacer pour voter sera infime. Parce qu'il va falloir que les gens signent la charte de la droite et du centre à l'entrée. En province par exemple, vous êtes connus pour vos idées. Vous voyez quelqu'un de gauche venir voter dans une primaire de droite et signer la charte de la droite et du centre et dire — je ne suis plus de gauche, je suis de droite? Ce n'est même pas possible », explique à Sputnik Jean-Jacques Giannesini, élu du 19e arrondissement de Paris et responsable de l'organisation de la primaire à Paris.

D'après M. Giannesini, le phénomène de noyautage de la primaire par des électeurs de gauche de devrait pas plus se faire sentir à Paris, où l'anonymat est plus important. À titre d'exemple, il cite les primaires à gauche organisées en 2012 : « l'électorat de droite avait dit-on influencer au début et puis en réalité, personne n'y est allé parce c'est des contraintes : il faut se déplacer pour voter et signer la charte. Déjà que les Français ont du mal à se rendre aux urnes, alors si en plus la personne de gauche doit signer une charte indiquant son nom, son adresse et son téléphone… Il y en aura surement, mais ça sera vraiment à la marge ».

À la question de savoir si, d'après lui, des électeurs de gauche pouvaient se présenter à la primaire pour voter contre un candidat de droite précis, M. Giannesini s'est montré sceptique : « Je ne pense pas que les gens se déplacent pour voter contre Nicolas Sarkozy ou pour Alain Juppé, ou contre Fillon ».

Mais son avis n'est pas partagé par Sébastien, 38 ans, qui vote à gauche depuis toujours. « Je vais aller voter aux primaires de la droite, car Nicolas Sarkozy a déjà fait deux mandats, un comme ministre de l'Intérieur et un autre comme président. Je ferai tout pour éviter qu'il puisse avoir un autre mandat », a-t-il indiqué à Sputnik.

C'est donc le « tout sauf Sarkozy » qui prévaut à gauche, un phénomène qui existe aussi à droite, où la grande inconnue reste la position des sympathisants non militants. De la même manière, la mobilisation des sympathisants du centre, également convoqués à la primaire. Une chose est sûre, tous les sondages indiquent que ce scrutin sera l'occasion d'une forte mobilisation citoyenne, avec 25% du corps électoral, gauche et droite confondu, déclarant  leur intention de se rendre à leur bureau de vote le 20 novembre prochain.

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centre, candidats, droite, gauche, vote, élections, Nicolas Sarkozy, France
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