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    Pédophilie: jour de pénitence pour l'Église de France

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    Il fut un temps où François Devaux était catholique. Dans un entretien à Sputnik, il raconte quelle amère expérience l'a poussé à prendre cette décision et à mettre en place l'association La Parole Libérée pour les victimes de prêtres pédophiles.

    Réunis en assemblée plénière à Lourdes, les évêques de France observent aujourd'hui une journée inédite de jeûne et de prière pour les victimes de prêtres pédophiles. Une réunion qui se fera sans les victimes. François Devaux, victime d'un prêtre et fondateur de l'association La Parole Libérée, qui a réuni des témoignages de plusieurs centaines de victimes, nous livre son avis sur cette réunion.

    Selon lui, ce n'est pas une messe qui va régler le problème de pédophilie qui est aujourd'hui mondialement reconnu au sein de l'institution. Il va falloir aller plus loin dans l'action et mettre en place de vraies procédures pour que tout cela change.

    « Aujourd'hui, le prêtre Bernard Preynat est toujours prêtre, toujours soutenu par l'Église. À aucun moment ni le Cardinal Barbarin, ni le Pape, ni le Vatican n'ont réagi face à cet homme qui cherche avec beaucoup de détermination à fuir la justice pour obtenir une prescription des faits », souligne-t-il.

    Mais les témoignages recueillis ne sont pas là pour qu'on s'apitoie sur la souffrance des victimes.

    « Notre souffrance, l'Église et toutes les prières du monde ne pourront rien faire pour ça. Par contre les gens qui parlent le font pour qu'il y ait des actions qui soient mises en place et pour que ceux qui ont laissé faire ça soient mis face à leurs responsabilités. »

    François Devaux dit avoir été catholique, puis avoir changé d'avis, ceci n'étant pourtant pas lié à la croyance.

    « J'étais catholique, mais je ne le suis plus. J'ai demandé mon apostasie il y a 15 jours, que j'ai obtenue parce que je ne veux plus appartenir à cette institution que je considère comme dangereuse. Cela n'a rien à voir avec la croyance, là je parle de communautarisme et d'appartenance à une institution », explique-t-il. « Donc moi je ne veux plus appartenir à ça. »

    Aujourd'hui le dogme est incohérent, on met en place des textes de droit canon qu'on ne respecte pas, on laisse en place de très hauts responsables qui ont avoué leurs manquements et ça ne choque personne.

    « Ce n'est pas moi qui ai dit "Dieu merci les faits sont prescrits", ce n'est pas moi qui ai dit "La pédophilie n'est peut-être pas un péché". Il y a une prise de conscience de la part de ces gens-là qui doit aller beaucoup plus loin. C'est à l'institution de faire son chemin, mais ça, on ne pourra pas le faire pour elle », résume M. Devaux.

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    Tags:
    abus sexuel, pédophilie, prêtre, église, Eglise catholique, France
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