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    Emmanuel Macron, presidente electo de Francia

    Emmanuel Macron chute dans les sondages et rien ne semble pouvoir l’arrêter

    © REUTERS / Francois Mori
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    Mike Beuve
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    Dans le récent sondage YouGov réalisé pour le HuffPost et CNEWS, Emmanuel Macron continue inéluctablement sa chute dans les sondages. Après avoir perdu 7 points en août, il perd à nouveau 6 points. Désormais, seuls 30% des Français se disent satisfaits de l’action du Président.

    Pour Emmanuel Macron, les sondages se suivent et se ressemblent. Dans un sondage YouGov France pour Le HuffPost et CNEWS, la cote de confiance du Président de la République baisse inéluctablement. En effet, après avoir déjà perdu 7 points en août (sondage YouGov), le chef de l'exécutif perd à nouveau 6 points en septembre, pour atteindre seulement 30% d'opinions favorables. Les ordonnances pour réformer le code du travail ont-elles fini d'achever la cote de confiance du Président exprimée dans les sondages?

    Selon Frédéric Saint-Clair, politologue, les ordonnances contribuent à accentuer cette tendance négative dans les sondages notamment à cause d'une mauvaise stratégie de communication.

    «Le gouvernement a commencé par ces ordonnances qui sont essentiellement axées sur du dialogue social alors que leur communication parle de diminution du chômage de masse. Cela entraîne une incompréhension de la population. Il y a une mauvaise maîtrise de la communication politique sur cette séquence en particulier.»

    Néanmoins, ces ordonnances suffisent-elles à expliquer le désamour grandissant des Français envers Emmanuel Macron?

    Des attentes déçues

    Le Président de la République est à l'Élysée depuis à peine quelques mois, mais les Français à travers ces sondages expriment leur impatience. Chose compréhensible, comme le déclare Frédéric Saint-Clair: «Bien sûr qu'ils sont impatients, encore une fois Emmanuel Macron s'est nourri de cette impatience, de ce populisme, en promettant un changement, de faire de la politique autrement. Il avait, en homme intelligent qu'il est, un certain nombre de cartes en main. Si son ambition avait été plus mesurée pendant la période d'acquisition du pouvoir, on lui ferait moins le reproche aujourd'hui de ne pas être à la hauteur de ses ambitions.» Emmanuel Macron semble donc décevoir à la hauteur des espoirs qu'il avait suscités chez les Français. De plus, cette chute vertigineuse est accentuée par «son mode d'exercice du pouvoir auquel la majorité de la population n'adhère pas ou plus», comme le souligne le politologue.

    Un désamour prévisible?

    Malgré les promesses de renouvellement de la classe politique, Emmanuel Macron «se retrouve aujourd'hui confronté à la crise de la représentation politique comme tous ses prédécesseurs avant lui. Il se retrouve confronté à un désamour grandissant. Le problème c'est que la critique en règle générale est de plus en plus acerbe au fur et à mesure que le temps passe. Et on passe de moins en moins les écarts au président élu, on devient de plus en plus exigeant à mesure que les résultats se font attendre.» La chute est d'autant plus grande car il n'a pas su «mesurer l'ampleur de la crise et de la fracture démocratique, qui existent entre le peuple et les élites. Il n'a pas pensé qu'il allait en souffrir à l'égal de ses prédécesseurs. Il pensait qu'il arriverait à trouver le biais pour éviter cette crise de la démocratie représentative. Manifestement ce n'est pas le cas.»

    Une désacralisation du monde politique

    Comme Frédéric Saint-Clair l'analyse, Emmanuel Macron «échoue comme tous les autres avant lui. Il n'échoue pas seulement à cause de son incapacité, mais également à cause d'une forme d'intolérance de la population: ce peuple qui ne veut plus être le peuple, qui méprise ses élites, qui pense que lui pourrait être à la place de l'élite et donc être habilité à la critiquer. Ce peuple-là est de plus en plus sévère dans sa critique. On le voit de plus en plus rapide à la porter, à changer d'avis et à devenir négatif dans son appréciation du personnel politique.»
    Le politologue prévient: «plus le temps va passer, plus il va être difficile de maintenir une forme de confiance, même temporaire, entre les élites et la nation et à réussir à implémenter une forme de politique, parce que malgré tout, les problèmes sont là et il faudra les résoudre.»
    Avec les manifestations contre les ordonnances sur le code du travail qui se profilent, Emmanuel Macron peut-il battre le record d'impopularité de François Hollande, qui avait enregistré, en novembre 2016, 11% d'opinions favorables (source TNS-Sofres)? Réponse dans quelques semaines…

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    Tags:
    cote de popularité, popularité, sondage, Emmanuel Macron, France
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