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    Dégradations des universités: une facture salée à venir pour le contribuable

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    Mike Beuve
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    Plus d’un million d’euros. C’est le coût estimé par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, des dégradations causées par l’occupation des universités par les étudiants. Si la lumière n’est pas encore faîte sur l’identité des casseurs, on sait, d’ores et déjà, qui va devoir s’acquitter de la facture.

    L'heure des comptes a sonné pour les présidents d'universités. Après des semaines de contestation contre le projet de loi sur l'orientation et la réussite des étudiants (ORE), certaines facs débloquées par les forces de l'ordre ont laissé entrevoir l'ampleur des dégâts causés par les occupations estudiantines. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, invitée dans l'émission L'épreuve de vérité diffusée sur Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, Radio Classique et Les Échos, a détaillé les estimations du coût de ces dégradations. Selon la ministre, «les dégâts constatés dans les universités françaises bloquées devraient se monter à plus d'un million d'euros.»

    ​En effet, si les estimations sont toujours en cours pour l'université de Toulouse, «le président de l'université de Montpellier 3 annonce à peu près 300.000 euros dégâts sur les salles de serveurs de l'université. Concernant, l'université de Tolbiac les devis sont en cours mais on parle aussi de 200.000 à 300.000 euros.» Quelle bonne âme pour régler la douloureuse? Pour réussir à le déterminer, «certains présidents d'université font faire des constations par la police afin de porter plainte. L'identification des casseurs sera toutefois difficile car ces derniers sont souvent encagoulés au moment des faits» a précisé la ministre.

    Une enquête pour dégradations en réunion a d'ailleurs été ouverte, vendredi 20 avril après l'évacuation de l'université de Tolbiac, suite à la plainte déposée par son président Georges Haddad.

    Des étudiants casseurs? Une accusation dont se défend la présidente du syndicat étudiant UNEF, Lilâ Le Bas sur le plateau de BFM TV. Selon Lilâ Le Bas, ce sont les CRS qui seraient, en partie, responsables. «Il y a eu des dégradations qui sont dues notamment à l'intervention des forces de l'ordre. Des témoignages démontrent bien que des tables et des chaises ont été balancées pendant cette intervention […] Mais on parle de quelques tags qui ont été faits sur des murs, je ne pense pas que l'on puisse parler de dégradations massives des universités».

    Une thèse défendue par la Commune Libre de Tolbiac. Selon eux, la majeure partie des dégradations ont été causés par l'assaut de 200 CRS armés de tronçonneuses, haches et de béliers.

    ​Par ailleurs, elle expliquait, au micro d'Europe 1, que «c'est intéressant que la ministre de l'Enseignement supérieur parle enfin du budget des universités et aussi des dégradations des locaux des universités.» Pour Lilâ Le Bas, «cela fait des années que les étudiants réclament des moyens pour obtenir des rénovations des locaux qui ont des fenêtres qui ne s'ouvrent pas, des chauffages qui ne marchent pas et de l'eau qui tombent dans les amphis.» Un état de vétusté également dénoncé par un professeur d'histoire de l'université de Tolbiac.

    ​Pourtant, si les responsables des vandalisations n'ont pas encore été formellement identifiés, il est fort à parier que ce soit aux Français de s'acquitter de la facture. «C'est important de savoir qui a commis ces dégâts parce qu'effectivement, c'est le contribuable qui va payer. L'argent des universités, c'est de l'argent public» déplorait Frédérique Vidal.

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    Tags:
    euro, université, France
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